XXII.

«Alors rien n'existait, dit un de ces hymnes, ni le néant, ni l'être,

ni monde, ni espace, ni éther; il n'y avait point de mort, il n'y

avait point d'immortalité, il n'y avait ni lumière ni ténèbres. Mais

la création future reposait sur le vide. Glorifier Dieu fut le _désir_

de naître pour le premier germe de la création...

«Cependant il y avait _Lui_, dit le livre, il y avait Dieu; lui seul

existait sans respirer, il existait absorbé en lui-même dans la

solitude de sa propre pensée, de sa pensée tournée en dedans de lui

pour jouir de la contemplation de lui-même. Il n'y avait rien en

dehors de lui, rien autour de lui; il n'y avait que lui avec lui!»

Quelle métaphysique déjà profondément spiritualiste, que cette

création par le _désir_ occulte qui presse toute chose, non encore

née, de naître pour s'unir à Celui de qui tout sort et à qui tout

retourne, afin de l'aimer et de le glorifier?

«C'est ainsi, poursuit l'hymne sacré, que les sages, méditant dans

leur coeur et dans leur entendement, ont expliqué le passage du néant

à l'être; mais _Lui_, Dieu, quelle autre source put-il avoir que

lui-même? Lui seul peut savoir si cela est ainsi, ou si cela est

autrement.»

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 114 / 339 题