«Alors rien n'existait, dit un de ces hymnes, ni le néant, ni l'être,
ni monde, ni espace, ni éther; il n'y avait point de mort, il n'y
avait point d'immortalité, il n'y avait ni lumière ni ténèbres. Mais
la création future reposait sur le vide. Glorifier Dieu fut le _désir_
de naître pour le premier germe de la création...
«Cependant il y avait _Lui_, dit le livre, il y avait Dieu; lui seul
existait sans respirer, il existait absorbé en lui-même dans la
solitude de sa propre pensée, de sa pensée tournée en dedans de lui
pour jouir de la contemplation de lui-même. Il n'y avait rien en
dehors de lui, rien autour de lui; il n'y avait que lui avec lui!»
Quelle métaphysique déjà profondément spiritualiste, que cette
création par le _désir_ occulte qui presse toute chose, non encore
née, de naître pour s'unir à Celui de qui tout sort et à qui tout
retourne, afin de l'aimer et de le glorifier?
«C'est ainsi, poursuit l'hymne sacré, que les sages, méditant dans
leur coeur et dans leur entendement, ont expliqué le passage du néant
à l'être; mais _Lui_, Dieu, quelle autre source put-il avoir que
lui-même? Lui seul peut savoir si cela est ainsi, ou si cela est
autrement.»