Les premiers de ces livres sacrés se retrouvent dans l'Inde; on ne
peut assigner de date à ces livres, tant la date en est reculée. Ce
sont les _Védas_.
Les _Védas_ sont un recueil d'hymnes consacrés aux divinités
symboliques de ce temps primitif; ces hymnes célèbrent les attributs
personnifiés du Dieu unique et créateur que les sages adoraient
derrière ces incarnations, et que le peuple adorait dans ces
incarnations.
«Les _Védas_, dit M. Barthélemy Saint-Hilaire, sont, chez le peuple
indien lui-même, le fondement, le point de départ d'une littérature
qui est plus riche, plus étendue, si ce n'est aussi belle que la
littérature grecque.»
Quant à nous, nous la trouvons mille fois plus belle; car cette
littérature est plus morale, plus sainte et pour ainsi dire plus
divinisée par la charité qu'elle respire: c'est la littérature de la
sainteté; celle des Grecs n'est que la littérature des passions.
«Poëmes épiques, continue le savant traducteur, systèmes de
philosophes, théâtres, mathématiques, grammaire, droit, le génie
indien a tenté toutes les grandes directions de l'intelligence. De son
propre aveu, ce sont les _Védas_ qui ont inspiré cette littérature.»
Les _Védas_ sont des chants pareils à ceux des prophètes et de David
dans la Bible; avec cette différence que les chants bibliques ne sont
que des cris lyriques d'enthousiasme, d'adoration, de crainte ou
d'amour à Jéhovah, tandis que les hymnes des _Védas_ indiens sont en
même temps des dogmes religieux. La poésie lyrique des prophètes
hébreux est mille fois plus sublime d'expression, les hymnes des
_Védas_ ont plus d'enseignement de morale et de vertu dans leurs
strophes. Il y a cependant de magnifiques percées d'imagination sur la
création, et sur le chaos qui couvait le monde avant sa naissance.