IV.

Les philosophes de l'Inde sont spiritualistes par excellence. Ils ne

ressemblent en rien aux philosophes matérialistes du douzième siècle,

ni aux philosophes terrestres de la perfectibilité indéfinie de

l'homme sur ce globe. Leur Éden, comme celui des chrétiens, est dans

le passé.

Il s'est formé depuis quelque temps, dans notre Europe, en Allemagne

et surtout en France, une école de philosophie bien intentionnée,

mais un peu trop superbe. On l'appelle la philosophie de la

perfectibilité indéfinie et continue de l'humanité ici-bas. Nous

sommes bien éloigné de nier la tendance organique et sainte du progrès

en toute chose, cette force centrifuge de l'esprit humain. Cette force

centrifuge lui imprime tout mouvement, comme la force centrifuge des

planètes imprime leur rotation aux astres; mais les astres eux-mêmes

ne progressent pas indéfiniment, ils tournent sur leur axe immobile et

dans des orbites prescrits. Le mouvement et le progrès sont donc deux

choses dans le ciel: n'en serait-il pas de même dans l'esprit humain?

Disons un mot de cette théorie à propos de la philosophie de l'Inde.

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 96 / 339 题