Et si l'on ajoute à ce spectacle de la cascade de Terni ce grand jour,
cette sérénité d'un ciel d'Italie, ces teintes marbrées du rocher,
cette atmosphère cristalline, cette douce tiédeur de l'air tournoyant,
qui vous baigne voluptueusement de l'haleine des eaux, choses qui
manquent toujours aux cascades des Alpes et même du Niagara; si l'on
considère qu'au lieu de se passer dans les gouffres ténébreux de
précipices qui bornent la vue et qui l'attristent, la scène se passe
en plein espace, en pleine lumière, en face d'un horizon sans bornes,
d'un firmament limpide d'où le Créateur semble assister, derrière le
cristal infini du ciel, à ce jeu des éléments en fureur, on n'aura
plus seulement la sensation d'une catastrophe des eaux, mais celle
d'une fête de la nature, à laquelle Dieu permet à l'homme d'assister
en l'adorant.