Alexandrie.
Entrée périlleuse.--Tristes réjouissances.--La visite du bord et
les messagers ailés.--Sala-ed-din et Malek-el-Adel.--Le consul
génois Pierre de Persi.--Les anges et la tortue.--Aspect extérieur
de la ville.--Ravages du roi de Chypre.--Citernes.--Aiguilles
dites de Cléopâtre.--Colonne de Dioclétien.--Les trois
turbans.--Caravane de 20,000 chameaux.--La pomme du paradis
terrestre--Disette.--Audience de l'émir.--Les Flamands rongés
jusqu'à la moelle.
Enfin le jour paraît et vient éclairer la côte d'Égypte, mais la
tempête ne s'apaisait point. On délibéra s'il fallait gagner le large
ou tenter d'entrer dans le port d'Alexandrie; ce qui, par le gros
temps et à défaut d'un pilote expérimenté, ne présentait pas peu de
danger. «La fortune seconde le courage!» remarque notre auteur, et ce
fut, selon toute apparence, la réflexion du chevalier brugeois; elle
remporta sur de plus timides conseils.
Vers midi, le navire arrivait devant l'entrée du port: ce n'était
qu'une passe étroite et peu profonde, semée d'écueils et de débris.
Ceux-ci provenaient, disait on, d'antiques tours d'où jadis l'on
tendait une chaîne pour la défense du port; ils étaient si
considérables qu'ils formaient une petite île, et ce qui s'en laissait
voir à la surface n'était pas le plus dangereux. Deux fois le navire
heurta aux rochers ou à ces ruines: la secousse fut telle que nos
Flamands en furent renversés, et il n'y avait personne à bord qui ne
crût le vaisseau brisé.
Ce fut avec une joie bien vive qu'on vit paraître et s'approcher, à
force de rames, des chaloupes portant quelques matelots des caraques
génoises qui se trouvaient dans le port. Ils montèrent sur celle de
Côme de Negri pour aider à la diriger, à carguer les voiles, à tirer
les cordages, à jeter l'ancre. Après Dieu, ce fut à ces braves gens
que le sire de Corthuy et ses compagnons durent leur salut.
Le jour même de son arrivée, il apprit une triste nouvelle. Il y avait
à Alexandrie quelques vaisseaux turcs assez considérables; vers le
soir, on vit les infidèles qui les montaient se livrer à de grandes
réjouissances: ils mêlaient des cris de joie au son des trompettes et
au bruit de leur artillerie, et circulaient en triomphe, dans des
barques, pour narguer les chrétiens. Ces démonstrations d'allégresse
avaient pour motif la prise de Négrepont, dont les Turcs venaient
d'être informés par un bâtiment très-léger, poussé par un vent
favorable. L'événement était si récent, qu'on fut tenté de croire que
les puissances de l'enfer avaient aidé à la célérité du message.
Le navire de Côme de Negri ne tarda pas à recevoir la visite de
quelques officiers de l'émir, gouverneur d'Alexandrie. Ils se firent
donner, par écrit, le nom du capitaine et d'autres renseignements de
cette nature; ils attachèrent ensuite des billets contenant ces
détails sous les ailes de colombes qu'ils avaient apportées, et
donnèrent la volée à ces messagers aériens. Aussitôt on les voyait
s'élever et se diriger vers la maison de l'émir. Après avoir pris
connaissance du message, cet officier le faisait passer, de la même
manière, au Soudan qui résidait au Caire.
C'était le souverain de l'Égypte, ou plutôt le chef des Mamelucks
auxquels obéissait la contrée. Les Fatimites, dont nous avons raconté
l'établissement, ayant été renversés par le fameux Sela-eddin
(Saladin), l'Égypte avait été gouvernée, après lui, par la postérité
de son frère Malek-el-Adel. Cette dynastie avait pour force principale
des esclaves achetés pour le service militaire, qui finirent par
égorger leur maître et mirent l'un d'entre eux à sa place, l'an 1248.
Telle fut l'origine du singulier gouvernement auquel la terre des
Pharaons était soumise quand Anselme y aborda.
Le chevalier, le lendemain de son arrivée, envoya à terre les lettres
de recommandation que le sénat de Gênes lui avait fait remettre pour
les négociants génois d'Alexandrie, et principalement pour le consul
Don Pierre de Persi. C'était un vieillard circonspect et instruit, par
une longue expérience, à se ménager auprès des habitants du pays. Il
envoya un messager au baron de Corthuy pour l'inviter à venir loger au
fondaco des Génois, en s'excusant sur sa position vis-à-vis du Soudan,
de ce qu'il ne pouvait se rendre à bord lui-même; mais il offrait à
nos Flamands la plus gracieuse hospitalité.
Dans ces entrefaites, ceux-ci s'amusaient à voir les matelots génois
jeter leurs filets près du port; outre des poissons volants qu'on
appelait des anges, ils prirent une belle tortue dont l'écaille
fournit un bouclier assez grand pour tout homme d'armes.
Du navire, la ville, entourée de magnifiques murailles, avec de belles
portes, et renfermant quantité de mosquées dont les minarets
s'élevaient dans les airs, présentait un admirable aspect; mais au
dedans elle portait la trace des ravages qu'elle avait éprouvés,
notamment encore peu d'années auparavant, lorsqu'elle avait été
saccagée par Pierre de Lusignan, roi de Chypre. Quelques quartiers
avaient été épargnés, et l'on y voyait de belles maisons, entre autres
celle de l'émir. En général, pourtant, on était peu difficile, en
Égypte, en fait d'habitations. Il n'y avait guère que les mosquées et
les palais des grands qui fussent construits en pierre; le reste
l'était, d'ordinaire, en bois. Bien des gens même se passaient de
demeure et couchaient devant la porte des maisons.
La ville d'Alexandrie a été presque entièrement bâtie sur des citernes
destinées à recevoir l'eau du Nil, dans les crues de ce fleuve, et à
la conserver. Nos voyageurs en admirèrent surtout trois ou quatre
d'une grande profondeur et ornées de colonnes de marbre qui
supportaient de doubles voûtes. Près de la maison de l'émir, on leur
montra une pierre fort élevée, chargée de caractères antiques qu'ils
ne pouvaient déchiffrer et semblable à l'aiguille qu'ils avaient vue à
Rome, près de l'église Saint-Pierre. C'était, on le comprend, l'un des
obélisques connus sous le nom d'aiguilles de Cléopâtre, quoique bien
antérieurs à cette reine.
L'attention d'Anselme et de ses compagnons fut aussi appelée par une
colonne colossale qu'ils allèrent contempler hors des murs; on leur
dit qu'à son sommet avaient été déposés les restes d'Alexandre. C'est
le monument que l'on désigne sous le nom de _colonne de Pompée_, mais
qui en réalité fut élevé par Posidonius, préfet d'Alexandrie, en
l'honneur de Dioclétien.
Il y avait à Alexandrie des chrétiens schismatiques qui ne se
distinguaient des Maures que par la couleur de leur turban. Elle était
bleue pour les premiers et jaune pour les juifs. Les Maures en
portaient de blancs; mais ils ne pouvaient paraître à cheval dans la
ville: c'était un privilége réservé aux Mamelucks. Les Maures de
distinction montaient des mulets ou des ânes, les plus grands, suivant
l'_Itinéraire_, qui soient au monde. Le père de Géramb ne vante pas
seulement leur taille, mais encore leur allure et leur intelligence.
Malgré sa décadence et la tyrannie des Mamelucks, Alexandrie
continuait à être, grâce à sa position, l'un des principaux entrepôts
du commerce d'Orient. Le baron de Corthuy y vit arriver une caravane
qui ne comptait pas moins de 20,000 chameaux. Un navire indien,
portant des épiceries pour une valeur de 100,000 ducats, venait, à la
même époque, d'entrer dans le port de Suez.
Nos voyageurs trouvèrent à Alexandrie beaucoup d'autruches, d'oeufs de
ces oiseaux et de gazelles, ainsi que des fruits excellents, surtout
une sorte de banane d'une saveur chaude et d'un goût délicat, qui, en
quelque sens qu'on la coupe, présente l'image d'une croix.
Quelques-uns en faisaient la pomme du paradis terrestre.
Les fruits, du reste, n'étaient pas abondants: il régnait en ce temps
à Alexandrie une grande disette de blé et de vivres de toute espèce.
On était réduit souvent à se nourrir de viande de chameau; nos
Flamands eux-mêmes en mangèrent à leur insu.
A cela près, tout alla bien d'abord pour Anselme et ses compagnons.
Confondus avec les Génois, ils n'étaient pas plus inquiétés que
ceux-ci. Peu à peu cependant la nature et le but du voyage du
chevalier s'ébruitent. L'émir en est informé et mande Anselme et son
fils devant lui.
Ils obéissent à cet ordre. Le musulman alors leur signifie qu'ils ont
à se pourvoir d'un sauf-conduit, et en fixe le prix à une somme
exorbitante.
Le chevalier brugeois n'aimait pas à être pressuré, c'est un sentiment
naturel; mais, de plus, il fallait qu'il ménageât des ressources sur
lesquelles il avait comptées pour mener à bien son entreprise.
«Seigneur,» dit-il à l'émir, «daignez considérer que si l'on nous
dépouille de la sorte, les moyens d'accomplir notre dessein nous
feront défaut: que pourrions nous mieux faire alors que d'y renoncer
et de revenir sur nos pas?»
«--Ils parlent de fuir!» s'écrie le mécréant craignant qu'ils ne se
dérobassent à ses rapines. «Que les gardiens des portes veillent sur
eux et les empêchent de sortir.» Il fallut bien le satisfaire: encore,
si c'eût été tout! Mais les officiers de l'émir, à l'exemple de leur
chef, rongeaient, dit l'_Itinéraire_, nos Brugeois jusqu'à la moelle.
A chaque instant c'était quelque nouveau fonctionnaire demandant de
l'argent sous quelque nouveau prétexte, et quand ils avaient eu chacun
leur tour, arrivaient d'autres musulmans, sans aucun caractère public,
qui se donnaient pour des officiers de l'émir, afin d'avoir part au
butin. Tous regardaient les chrétiens comme des ennemis qu'il y aurait
eu conscience à ne point dépouiller.
«Maudite ville! ou plutôt maudite engeance!» s'écrie le jeune
Brugeois. «Nous n'avions plus d'autre désir que d'en être bien loin,
et nous hâtâmes de toutes nos forces le moment de notre départ.»
V
Le Nil.
L'escorte.--Les jardins du Soudan.--Rosette.--Fouah.--Combat de
bateliers.--Aventure de nuit.--Rencontre.--Piété filiale de Jean
Adorne.--Excellence de l'eau du Nil.--Les Mamelucks préfèrent le
vin.--Beautés des rives du fleuve.--Navigation pénible.--Attaque
des Arabes.--Les guides officieux.--Cani-Bey.--Les poissons gras.
Le sire de Corthuy quitta enfin Alexandrie le 2 août, trois heures
avant le coucher du soleil. Lui, son fils, Van de Walle, Rephinc et
Gausin, étaient montés, les uns sur des mules, les autres sur des
ânes. Deux chameaux portaient les bagages et quelques provisions. Un
juif, nommé Isaac, suivait comme interprète, et un Mameluck devait
servir de guide jusqu'au Caire. Quatre autres Mamelucks, à cheval,
armés d'arcs et de flèches, formaient l'escorte.
A la sortie de la ville, Anselme traversa les jardins du Soudan et y
prit, avec sa suite, quelque nourriture. Pour échapper aux Bédouins
qui infestaient les environs, on chevaucha ensuite, sans s'arrêter,
toute la nuit et jusqu'au lendemain vers l'heure de midi, en suivant
presque toujours la côte formée d'une belle plage sablonneuse. Les
Mamelucks portaient souvent avec inquiétude leurs regards vers la mer,
car les pirates étaient autant à redouter que les Arabes.
On arriva néanmoins sans accident à Rosette, où le chevalier loua une
petite barque pour le transport de sept personnes seulement, son
escorte ne devant pas aller plus loin. Il remonta ainsi le Nil jusqu'à
Fua ou Foga (Fouah), admirant la beauté du fleuve dont les rives,
ornées de bosquets dune verdure fraîche et brillante, et semées de
nombreux villages, offraient l'image de la richesse et de la
fertilité.
Lorsque, après avoir visité Fouah, il rentre dans sa barque, une scène
étrange frappe ses regards. Des matelots inconnus viennent assaillir
les siens; les uns et les autres élèvent d'assourdissantes clameurs;
ils luttent, ils s'agitent, ils s'efforcent de se précipiter
mutuellement dans le fleuve. Enfin, au grand déplaisir du Chevalier,
la victoire demeure aux nouveaux venus. Poussant la barque loin de la
rive, ils se mettent aussitôt à ramer. La nuit régnait; l'interprète
gardait le silence; Anselme et ses compagnons ne savaient où on les
conduisait, ni ce qu'ils allaient devenir.
La lune se lève enfin, et, à sa clarté, ils distinguent un gros
vaisseau vers lequel leur embarcation se dirigeait. Elle l'atteint;
les matelots s'emparent de leurs effets, qu'ils transportent sur ce
bâtiment et contraignent nos voyageurs à y monter. Pour cette fois,
ils se croyaient vendus et livrés. Quelle fut leur surprise, en
arrivant à bord, d'y retrouver les négociants africains avec lesquels
ils avaient fait route sur la caraque de Côme de Negri! Ceux-ci
vinrent aussitôt au-devant du chevalier, et lisant sur le visage des
Flamands l'inquiétude qui les agitait: «Ne craignez rien,» leur
dirent-ils. «Ces mariniers n'en veulent ni à votre liberté, ni à vos
richesses. Ils prétendent seulement vous conduire au Caire, au même
prix qu'auraient reçu vos matelots; c'est un privilège qu'ils tiennent
du Soudan.
Malheureusement, le vaisseau était déjà tellement chargé que c'est à
peine si nos voyageurs y trouvèrent place. Il fallait d'ailleurs se
déranger pour le dernier d'entre les mécréants. Les deux Adorne se
trouvèrent relégués, avec Lambert Van de Walle, dans un espace à peine
suffisant pour une seule personne, et après avoir chevauché toute la
nuit précédente et ensuite, sous les rayons d'un soleil brûlant, la
moitié de la journée, le chevalier brugeois ne pouvait encore goûter
aucun repos. Jean souffrait plus de le voir dans cette situation que
de la gêne de la sienne. Il avait aperçu une chaloupe amarrée au
vaisseau; résolu de s'y retirer, quoiqu'elle fût, comme on va le voir,
en bien mauvais état, il fait un signe à Van de Walle. Tous deux se
lèvent doucement, abandonnent la place à Anselme et descendent dans la
chaloupe, où ils eurent de l'eau jusqu'à la ceinture.
Ils n'en éprouvèrent pourtant aucun mauvais effet, non plus que de la
quantité d'eau du Nil dont ils étanchèrent leur soif: l'_Itinéraire_
en fait honneur aux vertus merveilleuses de cette eau. «Un peu
trouble,» y est-il dit, «comme celle du Tibre, dès qu'on la laisse
reposer, elle devient claire comme du cristal... elle est nutritive,
digestive, si salubre qu'elle détruit tout vice intérieur.» Jean
Adorne termine cet éloge par déclarer qu'il n'est pas de breuvage
qu'il préfère.
Ce n'était point l'avis de quelques Mamelucks qui se trouvaient sur le
navire: durant la nuit, ils s'emparèrent du vin de Malvoisie dont le
chevalier s'était muni pour en faire usage lorsqu'il traverserait le
désert. Nos voyageurs voulurent réclamer: «Quelle audace,» s'écrient
en les menaçant ces larrons hypocrites, «d'oser transporter devant
nous du vin, pour en boire!»
Ces contrariétés étaient adoucies par les égards que témoignaient au
sire de Corthuy les Maures de distinction en compagnie desquels il
naviguait: les femmes surtout, avec la délicatesse de sentiments et la
bonté compatissante propres à leur sexe, cherchaient à encourager et à
consoler nos Flamands. Ils éprouvaient, du reste, un plaisir toujours
nouveau à contempler les rives du fleuve, qui, à mesure qu'ils
avançaient, se couvraient de bourgades de plus en plus nombreuses et
plus considérables. Chacune avait un moulin servant à puiser l'eau du
Nil pour l'irrigation des terres voisines, et mû par des boeufs dont
la beauté égalait la grosseur.
Le troisième jour, le vaisseau faillit sombrer avec tout ce qu'il
portait, tant il était chargé et délabré. Pour l'alléger, on fit, à
plusieurs reprises, descendre les passagers à terre. Il leur fallut
même suivre quelque temps le navire, marchant nu-pieds, à la manière
des Maures, sur une terre durcie par l'ardeur du soleil et pleine de
plantes épineuses, et sous un ciel brûlant. Plusieurs, pour échapper à
ce supplice, entraient dans l'eau jusqu'aux aisselles.
Plus loin, le bâtiment fut attaqué par un parti d'Arabes: l'engagement
fut vif, et ce ne fut pas sans efforts qu'on parvint à les repousser.
Qu'aurait-ce donc été si le chevalier les avait rencontrés, dans sa
petite barque? Il admira comment la Providence lui faisait trouver son
salut dans un incident qu'il avait d'abord envisagé sous un jour bien
différent.
Enfin le soir de cette journée aventureuse, qui était le 7 août, il
arriva au Caire, appelé, dans son _Itinéraire_, la nouvelle Babylone.
Il loua immédiatement des ânes pour se rendre chez Cani-Bey, trucheman
du Soudan, chez qui il devait loger, car les Francs n'avaient point en
cette ville de fondaco. Chemin faisant, il rencontra trois Maures qui
l'abordèrent poliment et lui firent comprendre qu'ils avaient charge
d'escorter les Francs ou Latins à leur arrivée dans la ville, afin de
les mettre à l'abri des insultes du peuple. Cette attention délicate,
dont il prévoyait le résultat le plus certain, lui parut un peu
suspecte. En effet, «ils mentaient, les drôles!» écrit avec une
amusante vivacité l'étudiant de Pavie: c'était encore là une
ingénieuse invention pour alléger l'escarcelle des voyageurs.
Tel était le mot d'ordre général; le Mameluck qui les avait
accompagnés depuis Alexandrie et le juif Isaac en étaient si pleins,
qu'ils coururent annoncer en ces termes au trucheman l'arrivée de ses
hôtes: «Voici! nous t'apportons des poissons bien gras; mange-les!»
Ce message rendit le bon Cani-Bey tout joyeux; il accueillit les
Flamands avec une tendresse qui témoignait du plaisir qu'il prendrait
à les dévorer. Ceux-ci se promirent cependant d'y mettre ordre, et il
dut se borner à les traiter en brebis qu'il avait à tondre de près.