PORTRAIT D'ANNE D'AUTRICHE PAR LE CARDINAL DE RETZ. (Mémoires sur
Fouquet, t. II, p. 123-124.)
Voltaire, dans la Préface de son _Histoire de Russie_ (paragr. VII),
après avoir cité le portrait d'Anne d'Autriche par le cardinal de Retz,
pour montrer que la _passion et le goût de la singularité égaraient son
pinceau_, ajoute:
«Il faut avouer que les obscurités de ces expressions, cette foule
d'antithèses et de comparatifs, et le burlesque de cette peinture si
indigne de l'histoire, ne doivent pas plaire aux esprits bien faits.
Ceux qui aiment la vérité doutent de celle du portrait, en lui comparant
la conduite de la reine; et les cÅ“urs vertueux sont aussi révoltés de
l'aigreur et du mépris que l'historien déploie en parlant d'une
princesse qui le combla de bienfaits qu'ils sont indignés de voir un
archevêque faire la guerre civile, comme il l'avoue, uniquement pour le
plaisir de la faire.»