--OCTOBRE-DÉCEMBRE 1661--
Lettres apocryphes attribuées à des dames de la cour.--Indignation
que cause la lecture des papiers de Fouquet.--Lettre de Chapelain à
ce sujet.--Plaintes de madame de Sévigné.--Autres causes de
l'irritation contre Fouquet: misère des provinces attestée par les
lettres de Gui-Patin, les discours du président de Lamoignon et les
correspondances des intendants des provinces.--Famine et mortalité
dans l'Orléanais et le Blésois.--Prix excessif des denrées en
Basse-Normandie.--Augmentation du nombre des mendiants et des
malades.--Lettre de l'intendant de Rouen sur l'état misérable de
cette ville et des environs.--Doléances des échevins et députés de
Marseille.--Pétition adressée au roi par les pauvres de
Paris.--Fouquet et Pellisson sont transférés d'Angers à Amboise
(1-4 décembre).--Pellisson est conduit à la Bastille (6-12
décembre).--Fouquet séjourne à Amboise jusqu'au 25 décembre.--Il
est transféré à Vincennes.--Imprécations du peuple contre lui.--Il
est enfermé au donjon de Vincennes.--D'Artagnan est chargé de la
garde de ce château et de la personne de Fouquet.
Il faut s'arrêter un instant à cette fausse cassette de Fouquet et se
mettre à la place des contemporains qui assistaient à tant de honteuses
révélations, sans pouvoir toujours distinguer la vérité de la calomnie.
Les femmes du plus haut rang n'étaient pas épargnées. Madame de
Valentinois, fille du maréchal de Gramont et femme d'un Grimaldi
héritier de la principauté de Monaco, fut des plus maltraitées. Elle
avait à la cour une réputation de légèreté et d'impétuosité aveugle
dans ses passions. On lui attribua les avances les plus hardies avec
Fouquet. Elle lui aurait écrit: «Je ne sais plus de quel prétexte me
servir pour vous voir; j'ai passé encore aujourd'hui deux fois
inutilement au-dessous de votre fenêtre. Donnez-moi un rendez-vous; je
saurai me défaire de tout le monde pour m'y rendre. J'ai parlé à Madame
de la bonne sorte, et je vous puis répondre d'elle. Je vous ai ménagé
une entrevue pour après-demain; mais je souhaite qu'elle ne soit pas
comme elle est aujourd'hui; jamais elle n'a paru si aimable; assurément
mes affaires iraient fort mal.»
Le frère de madame de Choisy, l'abbé Hurault de Betesbat, était, comme
sa sÅ“ur, fort mêlé aux intrigues de cour; mais c'était un homme
d'esprit, incapable d'écrire au surintendant un billet grossier comme
celui qu'on lui prêta: «J'ai trouvé votre fait aujourd'hui; je sais une
fille belle et jolie et de bon lieu; j'espère que vous l'aurez pour
trois cents pistoles.»
J'ai déjà cité la lettre apocryphe qu'on imputait à madame Scarron. On
faisait dire à une autre dame, dont le nom n'était pas indiqué et
restait livré à tous les commentaires des courtisans: «Jusqu'ici j'étais
si bien persuadée de mes forces que j'aurais défié toute la terre; mais
j'avoue que la dernière conversation que j'ai eue avec vous m'a charmée.
J'ai trouvé dans votre entretien mille douceurs, à quoi je ne m'étais
point attendue. Enfin, si je vous rencontre jamais seul, je ne sais pas
ce qui en arrivera.»
Mademoiselle de Menneville fut la plus compromise. On écrivait de
Fontainebleau[1174]: «Vous savez sans doute que le surintendant a eu des
conversations avec mademoiselle de Menneville pour cinquante mille écus;
mais vous ne savez peut-être pas ce qui l'a convaincue: c'est une lettre
que l'on a trouvée dans les papiers dudit surintendant, contenant les
termes ci-dessous: «Je compatis à la douleur que vous me témoignez
d'être allé au voyage de Bretagne sans que nous ayons pu nous voir en
particulier; mais je m'en console aisément, lorsque je pense qu'une
semblable visite eût pu nuire à votre santé. Je crains même que, pour
vous être trop emporté la dernière fois que je vous vis à la
Mivoie[1175], cela n'ait contribué à votre maladie[1176].»
On a cité plus haut la lettre relative à mademoiselle de la Vallière, et
que l'on prétendait écrite par madame du Plessis-Bellière[1177]. On lui
en prêtait une autre d'une grossièreté révoltante[1178]. Vraies ou
fausses, ces pièces furent colportées par les curieux et lues
avidement; il en résulta un scandale effroyable. Mademoiselle de
Menneville fut obligée de quitter la cour et de s'enfermer dans un
couvent, où elle mourut quelques années plus tard. Les honnêtes gens
poursuivirent de leur indignation le surintendant, qui, ne se contentant
pas de voler l'argent de l'État, avait compromis tant de femmes qui
appartenaient à de nobles familles. Nulle part ce sentiment n'est
exprimé avec plus de force que dans une lettre de Chapelain. Il écrivait
à madame de Sévigné, qui se plaignait que Fouquet eût mis ses lettres
dans sa cassette aux poulets[1179]: «Qu'est-ce donc que cela, ma
très-chère? N'était-ce pas assez de ruiner l'État et de rendre le roi
odieux à ses peuples par les charges énormes dont ils étaient accablés,
et de tourner toutes ses finances en dépenses impudentes et en
acquisitions insolentes qui ne regardaient ni son honneur ni son
service, et au contraire qui allaient à se fortifier contre lui et à lui
débaucher ses sujets et ses domestiques? Fallait-il encore, pour
surcroît de dérèglements et de crimes, s'ériger un trophée des faveurs,
ou véritables ou apparentes, de la pudeur de tant de femmes de qualité,
et tenir un registre honteux de la communication qu'il avait avec elles,
afin que le naufrage de sa fortune emportât avec lui leur réputation?
Est-ce, je ne dis pas être honnête homme, comme ses flatteurs, les
Scarron, les Pellisson, les Sapho, et toute la canaille intéressée l'ont
tant prôné, mais homme seulement de ceux qui ont la moindre lumière et
qui ne font pas profession de brutalité? Je ne me remets point de cette
lâcheté si scandaleuse, et je n'en serais guère moins irrité contre ce
misérable, quand vous ne vous trouveriez pas dans ses papiers.»
Tous les bruits que l'on répandait, toutes les révélations que l'on
prétendait tirées des papiers du surintendant, étaient propres à
augmenter les sentiments d'indignation et d'irritation qui se
manifestaient alors contre lui. Des lettres de cette époque, transcrites
par Vallant[1180], faisaient connaître les mesures prises par Fouquet
pour accroître sa puissance, et quelques-unes des pensions qu'il
distribuait aux courtisans: «On a trouvé parmi ses papiers, écrivait-on
de Fontainebleau, trois déclarations: l'une du marquis de Créqui, qui
tient la charge de général des galères pour un des enfants de M. le
surintendant, quand il sera en âge; la seconde, de M. de Breteuil, par
laquelle il paraît que la charge de contrôleur général des finances est
pour un autre de ses enfants; la troisième, du commandeur de Neuchèse,
par laquelle il reconnaît que la vice-amirauté est pour un des enfants
dudit surintendant.
«Outre cela, on a trouvé une liste des pensionnaires: M. de Beaufort a
quarante mille livres; Gramont, Clérembault et un autre maréchal de
France, chacun dix mille écus; deux ducs et pairs, la Rochefoucauld et
un autre, dix mille écus.
«Au marquis de Gesvres et à un autre capitaine des gardes, vingt-cinq
mille livres; à plusieurs capitaines aux gardes, présidents et
conseillers du parlement, [des sommes] que quelques-uns font monter à
quatre-vingts [mille livres], et presque à toutes les personnes
considérables de chaque ordre et condition, à plusieurs dames et filles
de la reine, même jusqu'à plusieurs valets de chambre.
«La duché de Penthièvre, de vingt mille écus de rente, que le sieur
Boislève avait achetée, a paru appartenir au surintendant.
«Le mémoire de la dépense de Vaux a été trouvé monter déjà jusqu'à huit
millions. On a trouvé dans cette maison cinq cents douzaines
d'assiettes, trente-six douzaines et un service d'or massif, et le roi
n'en a point.»
Ce fut probablement dans ce moment d'irritation générale contre Fouquet
que l'on composa une assez mauvaise pièce de vers intitulée: _Le
Confiteor de Fouquet_, où le surintendant fait lui-même l'aveu de toutes
ses fautes[1181].
Ce n'était pas seulement la cour qui s'indignait des dilapidations de
Fouquet; il s'élevait de toutes les provinces, en proie à une effroyable
misère, des plaintes qui étaient la plus terrible accusation contre une
administration fastueuse et prodigue. Les critiques de Gui-Patin
pourraient être regardées comme des boutades d'un frondeur désappointé,
mais elles sont confirmées par les documents les plus authentiques. Il
écrivait, le 5 septembre 1661: «Il semble que les gens de bien n'ont que
faire d'attendre du soulagement pour le pauvre peuple; on minute de
nouveaux impôts:
.....Omnia fatis
In pejus ruere, et retro sublapsa referri[1182].
«Enfin les pauvres gens meurent par toute la France, de maladie, de
misère, d'oppressions, de pauvreté et de désespoir: _Eheu_! _nos
miseros! o miseram Gallium_!
«Je pense que les Topinamboux sont plus heureux en leur barbarie que ne
sont les paysans de France aujourd'hui: la moisson n'a pas été bonne; le
blé sera encore fort cher toute l'année.»
Le premier président Guillaume de Lamoignon s'exprimait avec non moins
d'énergie sur le triste état de la France en 1661: «Les peuples
gémissaient, disait-il, dans toutes les provinces, sous la main de
l'exacteur, et il semblait que toute leur substance et leur propre sang
même ne pouvaient suffire à la soif ardente des partisans. La misère de
ces pauvres gens est presque dans la dernière extrémité, tant par la
continuation des maux qu'ils ont soufferts depuis si longtemps que par
la cherté et la disette presque inouïes des deux dernières
années[1183].»
Les calamités dont parle Guillaume de Lamoignon, et qu'il impute à la
rapacité des financiers, n'étaient ni inventées, ni même amplifiées par
l'exagération habituelle aux orateurs, et, comme on dit, par les besoins
de la cause. Des documents nombreux et authentiques attestent la misère
profonde de cette époque et en accusent l'énormité des impôts autant que
l'influence funeste de l'atmosphère. Les calamités du centre de la
France sont vivement retracées dans une lettre adressée par un médecin
de Blois, M. Bellay, au marquis de Sourdis[1184]: «Monseigneur, lui
écrit-il, il est vrai que, depuis trente-deux ans que je fais la
médecine en cette province et en cette ville, je n'ai rien vu qui
approche de la désolation qui y est, non-seulement à Blois, où il y a
quatre mille pauvres par le reflux des paroisses voisines et par la
propre misère du lieu, mais dans toute la campagne. La disette y est si
grande, que les paysans manquant de pain se jettent sur les charognes,
et aussitôt qu'il meurt un cheval ou quelque autre animal, ils le
mangent; et il est sûr que dans la paroisse de Cheverny, on a trouvé un
homme, sa femme et son enfant morts sans être malades, et ce ne peut
être que de faim. Les fièvres malignes commencent à s'allumer, et
lorsque le chaleur donnera sur tant d'humidité et de pourriture, ces
misérables, qui manquent déjà de force, mourront bien vite, et si Dieu
ne nous assiste extraordinairement, on doit attendre une grande
mortalité. La pauvreté est si grande, qu'il y a eu même un peu d'orge en
un bateau que l'on n'a pas acheté, manque d'argent. Nos artisans
meurent de faim, et le bourgeois est incommodé à un point, qu'encore
qu'il soit rempli de bonne volonté pour assister ces misérables, le
nombre et leur impuissance les empêchent de satisfaire à la charité
chrétienne. Je viens d'apprendre qu'on a trouvé un enfant à Cheverny qui
s'était déjà mangé une main. Ce sont là des choses horribles et qui font
dresser les cheveux.
«Ce qui nous donnait en ce pays le moyen de subsister était le vin; mais
on n'en vend point, et chacun est incommodé. On ne le vend point, et on
manque de chevaux pour l'enlever, _à cause des grandes impositions_.
Enfin, monseigneur, il n'est jour que je ne voie de nouveaux malades qui
me donnent une juste crainte de pis, et, si cela continue, je serai
contraint de quitter.
«On demande décharge de la moitié des tailles, et surséance pour l'autre
moitié jusqu'après la récolte, pour les élections[1185] de Blois,
Beaugency, pour la Sologne, Romorantin et Amboise. Le roi a promis à la
reine, sa mère, décharge pour lesdites élections.»
Une lettre datée de Caen donne des détails aussi tristes sur la
situation de la basse Normandie: «L'intempérance de l'air, le
dérèglement des saisons et la stérilité des trois dernières années vous
persuaderont facilement que la misère est extrême, puisque les blés et
les pommes, qui sont la richesse du pays, ayant manqué dans toute la
province, les moins incommodés des villages ne boivent que de l'eau et
ne mangent plus qu'un peu de pain pétri avec un peu de lie de cidre.
Les autres ne soutiennent leur vie qu'avec de la bouillie d'avoine et de
sarrasin. Le pot de cidre, qui ne coûtait que trois sous, en vaut neuf,
et le boisseau de froment, que l'on avait pour trente sous, se vend
quatre et cinq livres, et celui d'orge soixante sous. L'on peut même
appréhender avec raison que ces prix n'augmentent de beaucoup, à cause
que l'abondance des pluies a rendu les meilleures terres inutiles, aussi
bien que le défaut des neiges, qui ne les ont point engraissées, et des
façons et des semailles qu'elles n'ont pu recevoir. Les débordements des
rivières qui couvrent encore les campagnes passent ici pour des présages
infaillibles et pour les funestes avant-coureurs d'une très-fâcheuse
année; et, par une ancienne tradition, les habitants ferment leurs
greniers et leurs celliers lorsque le Bidual, petit ruisseau de mauvais
augure, enfle ses eaux et, méprisant les bornes que la nature lui a
données, fait des courses sur ses voisins et leur porte les nouvelles et
les menaces d'une très-grande stérilité. La nécessité est si pressante
et si générale, qu'elle s'étend jusqu'aux portes et pénètre bien avant
dans les villes. Il y a des paysans, à trois ou quatre lieues de Caen,
qui ne se nourrissent plus que de racines de choux et de légumes; ce qui
les fait tomber dans une certaine langueur qui ne les quitte qu'à la
mort. Et je vous peux assurer qu'il y a des personnes qui ont passé
quatre jours entiers dans cette ville sans avoir eu aucune chose à
manger.
«La grande quantité des pauvres a épuisé la charité et la puissance de
ceux qui avaient accoutumé de les soulager. La ville a été contrainte
d'ouvrir les portes du grand hôpital, n'ayant plus de quoi fournir à la
subsistance de ceux qui y étaient enfermés. Les fièvres et les flux de
sang ont laissé dans la plupart des villes de cette généralité des
marques si cruelles de leur pouvoir et de leur violence, qu'elles ont
dépeuplé des paroisses tout entières.»
La généralité de Rouen n'était pas mieux traitée que celle de Caen;
témoin la lettre suivante de l'intendant de Rouen: «Il y a une si grande
quantité de pauvres dans la campagne et dans les villes, que le
parlement a donné arrêt par lequel il est ordonné aux curés, seigneurs
et principaux habitants des paroisses de s'assembler pour faire mettre
des taxes sur les acres de terre pour la nourriture des pauvres, et, à
l'égard des villes, on fera des taxes sur les bourgeois, afin que chaque
ville et paroisse nourrisse ses pauvres.»
Les doléances des échevins et députés du commerce de Marseille prouvent
que la situation du Midi n'était pas moins triste[1186]. Elles
constatent que «le commerce est surchargé de très-grandes dettes et n'a
ni les fonds ni les moyens pour les acquitter, se trouvant si ruiné, si
abattu, qu'il semble tirer à sa fin.» Paris était aussi en proie à une
misère profonde. Les pauvres adressèrent au roi une pétition[1187], où
ils lui représentaient que «les charités des paroisses ne pouvaient plus
les assister, étant surchargées de malades, d'invalides et
d'orphelins.» Les hôpitaux étaient si pleins qu'ils n'admettaient plus
de pauvres; «la campagne, qui devrait fournir du pain aux villes, crie
de toutes parts miséricorde, afin qu'on lui en porte.» Ce peuple,
mourant de faim et s'adressant au roi dans l'angoisse de la dernière
misère, mérite la sympathie de la postérité à plus juste titre que des
financiers auxquels on faisait expier leurs exactions, et on ne peut
qu'applaudir à l'acte de justice et de rigueur par lequel Louis XIV
inaugura son gouvernement personnel, en ordonnant l'arrestation et le
procès du surintendant.
Après avoir été pendant plusieurs mois emprisonné à Angers, Fouquet fut
transféré à Saumur. Ce fut le 1er décembre 1661 que, sur un ordre du
roi, d'Artagnan conduisit à Saumur Fouquet et Pellisson[1188]. Le second
avait été amené, dès le 22 novembre, de Nantes à Angers. Le 2 décembre,
d'Artagnan conduisit ses prisonniers au lieu appelé la Chapelle-Blanche.
Le 3, ils logèrent dans un faubourg de Tours, et, le 4, ils furent
enfermés au château d'Amboise.
Fouquet y resta jusqu'au 25 décembre, sous une surveillance sévère et
dans une prison dont La Fontaine donne une triste idée. Ce poëte, qui
accompagnait son oncle Jannart exilé en Limousin, s'arrêta au château
d'Amboise, peu de temps après l'époque où Fouquet y avait été détenu.
Dans une lettre adressée à sa femme il oppose la tristesse de cette
prison au riant aspect des contrées arrosées par la Loire: «De tout
cela le pauvre M. Fouquet ne put jamais, pendant son séjour, jouir un
petit moment: on avait bouché toutes les fenêtres de sa chambre, et on
n'y avait laissé qu'un trou par le haut. Je demandai de la voir: triste
plaisir, je vous le confesse, mais enfin je le demandai. Le soldat qui
nous conduisait n'avait pas la clef; au défaut, je fus longtemps à
considérer la porte et me fis conter la manière dont le prisonnier était
gardé. Je vous en ferais volontiers la description, mais ce souvenir est
trop affligeant.
Qu'est-il besoin que je retrace
Une garde au soin non pareil,
Chambre murée, étroite place,
Quelque peu d'air pour toute grâce;
Jours sans soleil,
Nuits sans sommeil;
Trois portes en six pieds d'espace?
Vous peindre un tel appartement,
Ce serait attirer vos larmes;
Je l'ai fait insensiblement:
Cette plainte a pour moi des charmes.