SCÈNE III.--HENRI, CADIO.

CADIO. Cet homme est lâche!

HENRI. Non, il est fou; mais il a dit quelque chose qui me frappe. S'il

y a une émeute royaliste, si on force les prisons... Marie Hoche est

républicaine; elle aura peut-être l'imprudence de se nommer et de dire

ce qu'elle pense. Il faut l'avertir, et tout de suite! Mais comment

faire pour ne pas attirer l'attention sur elle? Ce grenier au-dessus de

nous, y es-tu monté quelquefois?

CADIO. Non; il y a si peu de jours que je peux me porter sur mes jambes!

Vas-y, monte sur la table! je t'aiderai.

HENRI, dans le grenier. Ah! le toit est au niveau de la plate-forme; il

y touche,... non, il y a un espace... Avec une planche, on le

franchirait.

CADIO. Attends-moi, nous trouverons ce qu'il faut! (Il monte aussi dans

le grenier avec peine.)

HENRI. Reste tranquille, j'ai trouvé!

CADIO. Elle ne chante plus; pourvu qu'elle soit encore là!

HENRI. Je vais le savoir, (Il dresse la planche.) Tiens-moi seulement un

peu ce pont du diable.

CADIO. Il est solide; mais, toi, tu n'auras pas le vertige?

HENRI, sur la planche. Jamais. Eh bien, que fais-tu?

CADIO. Je te suis.

HENRI. Tu ne peux pas, je ne veux pas!

CADIO. Je veux!

Cadio · 第 56 / 85 题