22º _M. Casimir Périer à M. Guizot._

Saint-Pétersbourg, 23 juillet 1842.

«Monsieur,

«La dépêche que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 14 de ce mois

a porté ici la confirmation officielle de l'affreuse catastrophe dont

nous avions déjà la triste certitude.

«Il n'y a pas de paroles qui puissent rendre le sentiment d'un tel

malheur. Il faut courber la tête, se taire et se soumettre.

«L'Europe saura, non moins que la France, quelle perte elle a faite.

Cela sera compris partout, et j'en ai déjà trouvé la preuve dans le

langage plein de conviction des membres du corps diplomatique.

«P.S., 24 juillet.

«M. le comte de Nesselrode sort de chez moi.

«Il est venu, de la part de l'empereur, m'exprimer en son nom toute la

part que Sa Majesté Impériale avait prise au malheur qui a frappé la

famille royale et la France.

«L'empereur, m'a dit M. de Nesselrode, a été vivement affecté de

cette terrible nouvelle; il a pris immédiatement le deuil et a fait

contremander un bal qui devait avoir lieu à l'occasion de la fête de Son

Altesse Impériale madame la grande-duchesse Olga.»

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 6) · 第 76 / 120 题