Paris, 18 février 1842.
«Je ne veux pas laisser partir ce courrier, monsieur, sans vous dire
combien les détails que vous m'avez mandés m'ont satisfait. Une bonne
conduite dans une bonne attitude, il n'y a rien à désirer au delà.
Persistez tant que la société russe persistera. Son entêtement commence
à faire un peu sourire, comme toutes les situations qu'on prolonge
plutôt par embarras d'en sortir que par envie d'y rester. Vous qui
n'avez point d'embarras, attendez tranquillement, vous n'avez qu'à y
gagner. Le temps, quand on l'a pour soi, est le meilleur des alliés.
«Répondez toujours que vous ne savez rien, absolument rien, sur le
retour de M. de Barante. Il ne quittera certainement point Paris tant
que M. de Pahlen ou un autre ambassadeur n'y reviendra pas... Y a-t-il
quelque conjecture à ce sujet dans le corps diplomatique que vous voyez?
«Vous avez très-bien fait de ne prendre avec M. de Nesselrode
l'initiative d'aucune explication.»