C'est avant la révolution que j'ai vu le plus d'exemples de ce genre de
folie, très-nuisible dans les affaires; mais, du reste, assez gai. Ces
gens-là donnent fort bien à dîner; et j'aimais fort à me trouver chez
eux à la veille de quelque grand danger[288].
Grimm, en parlant de l'abbé de Voisenon (1763, 300), «C'est un fait,
dit-il, qu'un jour à la campagne, se trouvant à l'article de la mort,
ses domestiques l'abandonnèrent pour aller chercher les sacrements à
la paroisse. Dans l'intervalle, le mourant se trouve mieux, se lève,
prend une redingote et son fusil, et sort par une porte du parc. Chemin
faisant, il rencontre le prêtre qui lui porte le viatique, avec la
procession; il se met à genoux comme les autres passants, et poursuit
son chemin. Le bon Dieu arrive chez lui avec les prêtres et ses
domestiques. On cherche partout le mourant, qu'on aperçoit enfin sur un
coteau voisin tirant des perdrix.»