Voici une lettre de F. Melzi aux frères de Léonard:
«Monsieur Julien et ses frères, très-honorables, je vous crois
informés de la mort de maître Léonard, votre frère, et mon
excellent père: il me serait impossible d'exprimer la douleur que
j'ai sentie. Tant que mes membres se soutiendront ensemble, j'en
garderai le triste souvenir. C'est un devoir, car il avait pour
moi l'amitié la plus tendre, et il m'en donnait journellement
des preuves. Tout le monde ici a été affligé de la mort d'un tel
homme....... ..... Il sortit de la présente vie le 2 de mai,
avec tous les sacrements de l'Église; et, parce qu'il avait une
lettre du roi très-chrétien, qui l'autorisait à tester, il a
fait un testament que je vous enverrai par une occasion sûre,
celle de mon oncle, qui viendra me voir ici, et qui ensuite
retournera à Milan.... Léonard a dans les mains du camerlingue de
Santa-Maria-Nuova..... quatre cents écus au soleil, lesquels ont
été placés au cinq pour cent, il y aura six ans le 16 octobre
prochain. Il possède aussi une ferme à Fiesole. Ces choses
doivent être partagées entre vous,» etc., etc., etc.
La lettre est terminée par ces mots latins: «Dato in Ambrosia, die
primo junii 1519. Faites-moi réponse par les Pondi tanquam fratri
vestro.
«FRANCISCUS MENTIUS.»
Lorsque Melzi se rendit à Saint-Germain en Laye pour annoncer la mort
de Léonard à François Ier, ce roi donna des larmes à la mémoire de ce
grand peintre. Un roi pleurer!