«chérie de son ami[265]». Les pièces d'argent sculptées portent
chacune une croix avec une inscription qui est celle de la monnaie du
temps.
17. B. «Ainsi serais-je aussi pour toi.» (III, 3.)
Il passe un anneau à son doigt.
18. _Joël_[266].
18. A. Le soleil et la lune sans lumière. (II, 10.)
Le soleil et la lune comme deux petites boules plates dans le haut de la
moulure extérieure.
18. B. Le figuier écorcé, et la vigne dénudée. (I, 7.)
Remarquez l'insistance continuelle sur le dépérissement de la
végétation comme signe de la punition divine. (19, D.)
19. _Amos._
19. A. Le Seigneur criera de Sion. (I, 2.)
Le Christ apparaît avec un nimbe traversé d'une petite croix.
19. B. «Les habitations des bergers se lamenteront.» (I, 2.)
Amos avec le bâton crochu ou le crochet des bergers, et une bouteille
en osier, devant sa tente (L'architecture de la feuille droite est
restaurée).
_À l'Intérieur du Porche._
19. C. Le Seigneur avec le cordeau du maçon. (VII, 8.)
Le Christ cette fois encore, et désormais toujours, avec une petite
croix dans son nimbe, a dans sa main une grande truelle qu'il pose sur
le haut d'un mur à demi bâti. Il paraît y avoir un cordeau enroulé
autour du manche.
19. D. La place où il ne pleuvait pas. (IV, 7.)
Amos est en train de cueillir les feuilles de la vigne sans fruits pour
nourrir ses brebis qui ne trouvent pas d'herbe. C'est un des plus beaux
morceaux de sculpture.
20. _Abdias_[267] (_à l'intérieur du porche_).
20. A. «Je les cachai dans une caverne (I Les Rois, XVIII, 13).
Trois prophètes à l'ouverture d'un puits auxquels Abdias apporte des
pains.
20. B. «Il tomba sur la face.» (XVIII, 7.)
Il s'agenouille devant Elie qui porte un manteau à longs poils[268].
_En façade_
20. C. Le capitaine des cinquante[269].
Elie? parlant à un homme armé sous un arbre.
20. D. _Le messager._ Un messager à genoux devant un roi. Je ne puis
expliquer ces deux scènes. 20. C et 20. D.
Celle qui est le plus haut peut signifier le dialogue d'Elie avec les
capitaines (II les Rois, I, 9,) et celle d'au-dessus le retour des
messagers[270] (II les Rois, I, 5).
21. _Jonas_[271].
21. A. Échappé de la mer.
21. B. Sous le calebassier. Une petite bête ressemblant à une
sauterelle rongeant le tronc d'un calebassier. J'aimerais savoir quels
insectes attaquent les calebassiers d'Amiens[272]. Ceci peut être une
étude entomologique pour qui voudra.
_Michée._
_En façade._
22. A. _La tour du troupeau._ (IV, 8.)
La tour est entourée de nuages, Dieu apparaît au-dessus.
22. B. Chacun se reposera, et «nul ne les effraiera.» (VI, 4.)
Un mari et sa femme «sous sa vigne et son figuier».
_À l'intérieur du porche_:
_Les épées en socs de charrue._ (IV, 3.)--Néanmoins, deux cents ans
après que ces médaillons furent taillés, la fabrication des épées
était devenue une des principales industries d'Amiens! Pas à son
avantage.
22. D. «_Les lances en serpes_[273].» (IV, 3.)
23. _Nahum_:
_À l'intérieur du porche._
23. A: «Nul ne regardera en arrière. (I, 8.)
23. B. «La malédiction de Ninive[274].» (I, 1.)
_En façade._
23. C. _Les princes et les grands._ (III, 17.)
23. A, B et C ne sont aucun susceptibles d'une interprétation certaine.
Le prophète A montre du doigt, vers le bas du quatre-feuilles, une
colline que le P. Rozé dit être couverte de sauterelles? Je ne puis
que copier ce qu'il en dit.
23. D. _Les figuiers précoces._ (III, 12.)
Trois personnes sous un figuier attrapent dans leur bouche son fruit qui
tombe.
24. _Habakuk._
24. A. «Je veillerai afin de voir ce qu'il me dira.» (II, 1.)
Le prophète écrit sur sa tablette sous la dictée du Christ.
24. B. _Le ministère auprès de Daniel._
La visite traditionnelle à Daniel. Un ange emporte Habakuk par les
cheveux, le prophète a un pain dans chaque main. Ils enfoncent le toit
de la caverne. Daniel caresse le dos d'un jeune lion; la tête d'un
autre est passée nonchalamment sous son bras. Un autre ronge des os au
fond de la caverne[275].
25. _Sophonie_[276].
_En façade._
25. A. _Le Seigneur frappe l'Éthiopie._ (II, 12.)
Le Christ frappant une cité avec une épée. Remarquez que dans ces
bas-reliefs toutes les actions violentes sont rendues d'une manière
faible ou ridicule; les actions calmes toujours bien rendues.
25. B. _Les bêtes dans Ninive._ (II, 15.)
Très beau. Toutes sortes de bêtes rampant parmi les murs chancelants,
et sortant de leurs fentes et de leurs crevasses. Un singe accroupi
devenant un démon présente la théorie darwinienne retournée.
_À l'intérieur du porche._
25. C. Le Seigneur visite Jérusalem.
Le Christ traversant les rues de Jérusalem avec une lanterne dans
chaque main.
25. D. Le hérisson et le butor[277] (III, 14).
Avec un oiseau chantant dans une cage à la fenêtre.
26. _Aggée._
_À l'intérieur du porche._
26. A. _Les maisons des princes ornées de lambris_[278]. (I, 4.)
Une maison parfaitement bâtie de pierres carrées tristement solides;
la grille (d'une prison?) sur la façade du soubassement.
26. _Le ciel retient sa rosée._ (I, 4.)
Les cieux comme une masse en saillie, avec des étoiles, le soleil, et
la lune à la surface. Au-dessous, deux arbres flétris.
_En façade._
26. C. _Le temple du Seigneur désolé._ (I, 4.)
La chute du temple, «pas une pierre laissée sur l'autre»,
majestueusement vide. Encore des pierres carrées. Examinez le texte,
(I, 6.)
26. D. _Ainsi dit le Seigneur des Armées._ (I, 7.)
Le Christ montrant du doigt son temple détruit.
27. _Zacharie._
27. A. _L'iniquité s'envolant._ (V, 6 à 9.)
La méchanceté dans l'Epha[279].
27. B. _L'ange qui me parlait._ (IV, 1.)
Le prophète presque couché, un glorieux ange ailé sort du nuage en
volant.
28. _Malachie._
28. A. _Vous avez blessé le Seigneur._ (II, 17.)
Les prêtres percent le Christ de part en part avec une lance barbelée
dont la pointe ressort par le dos.
28. B. _Ce commandement est pour vous._ (II, 1.)
Dans ces panneaux celui qui est placé le plus bas est souvent une
introduction à celui d'au-dessus, son explication. C'est peut-être au
chapitre I verset 6 aux titres indiqués que peut faire allusion ici
l'image du Christ.
44. Avec ce bas-relief se termine la suite de sculptures destinées à
illustrer l'enseignement apostolique et prophétique qui constitue ce
que j'entends par la «Bible» d'Amiens. Mais les deux porches latéraux
contiennent des sujets supplémentaires qui sont nécessaires à
l'achèvement de l'enseignement pastoral et traditionnel adressé à son
peuple en ces jours.
Le porche septentrional consacré à saint Firmin, qui le premier
évangélisa Amiens, a sur son trumeau central la statue du saint;
au-dessus, sur le tympan, l'histoire de la découverte de son corps; sur
les côtés du porche les saints et les anges ses compagnons dans
l'ordre suivant:
Statue centrale: Saint Firmin.
Côté sud (gauche):
41. Saint Firmin le confesseur.
42. Saint Domice.
43. Saint Honoré.
44. Saint Salve.
45. Saint Quentin.
46. Saint Gentian.
Côté nord (droit):
47. Saint Geoffroy.
48. Un ange.
49. Saint Fuscien, martyr.
50. Saint Victoric, martyr.
51. Un ange.
52. Sainte Ulpha.
De ces saints, en exceptant saint Firmin et saint Honoré, desquels j'ai
déjà parlé[280], saint Geoffroy[281] est plus réel pour nous que les
autres; il était né l'année de la bataille d'Hastings, à Molincourt
dans le Soissonnais et fut évêque d'Amiens de 1104 à 1150. Un homme
d'une vie entièrement simple, pure et juste: un des plus sévères
entre les ascètes, mais sans rien de sombre--toujours doux et
pitoyable. On rapporte de lui un grand nombre de miracles, mais tous
indiquant une vie qui était surtout miraculeuse par sa justice et sa
paix.
Consacré à Reims et accompagné à son diocèse d'un cortège d'autres
évêques et de nobles, il descend de son cheval à Saint-Acheul, le
lieu de la première tombe de saint Firmin, et marche nu-pieds d'Amiens
à Picquigny pour demander au vidame d'Amiens la liberté du châtelain
Adam, il défendit les privilèges des habitants de la ville, avec
l'aide de Louis le Gros contre le comte d'Amiens, le battit, et rasa son
château; néanmoins, les gens ne lui obéissant pas assez dans la
discipline de la vie, il blâma sa propre faiblesse plutôt que la leur
et se retira à la Grande-Chartreuse, ne se trouvant pas capable d'être
leur évêque. Le supérieur chartreux le questionnant sur les raisons
de sa retraite, et lui demandant s'il avait trafiqué des charges de
l'Église, l'évêque répondit: «Mon Père, mes mains sont pures de
simonie, mais mille fois je me suis laissé séduire par la louange».
46. Saint Firmin le Confesseur était le fils du sénateur romain qui
reçut le corps de saint Firmin lui-même. Il garda pieusement la tombe
du martyr dans le jardin de son père et à la fin bâtit sur elle une
église consacrée à Notre-Dame-des-Martyrs, qui fut le premier siège
épiscopal d'Amiens, à Saint-Acheul, et dont nous avons parlé plus
haut.
Sainte Ulpha était une jeune Amiénoise qui vivait dans une grotte
calcaire au-dessus des marais de la Somme; si jamais M. Murray vous
munit d'un guide comique pour aller à Amiens, nul doute que cet auteur
éclairé pourra compter beaucoup sur le plaisir que vous causera
l'histoire de cette sainte troublée dans ses dévotions par les
grenouilles, et les faisant taire à force de prières. Vous êtes, bien
entendu, maintenant, absolument au-dessus de telles extravagances et
vous êtes assuré que Dieu ne peut pas ou ne veut pas faire tant pour
vous que fermer la bouche d'une grenouille. Souvenez-vous, en
conséquence, que comme Il laisse aussi maintenant ouverte la bouche du
menteur, du blasphémateur et du traître, vous devez fermer vos propres
oreilles à leurs voix, autant que vous le pourrez.
De son nom vient saint Wolf--ou Guelf.--Voyez de nouveau les noms
chrétiens de Miss Yonge. Notre tour de pierre de Wolf, Ulverstone, et
l'église d'Ulpha ignorent, je crois, leurs parents picards.
47. Les autres saints, dans ce porche, sont tous pareillement
provinciaux, pour ainsi dire des amis personnels des Amiénois[282]; et
au-dessous d'eux les quatre-feuilles représentent l'ordre charmant de
l'année qu'ils protègent et sanctifient, avec les signes du zodiaque
au dessus, et les travaux des mois au-dessous; différant peu de la
manière dont ils sont toujours représentés--excepté pour mai: voyez
la page suivante. La libra aussi est assez rare dans la femme qui tient
les balances; le lion particulièrement de bonne humeur, et la moisson,
un des plus beaux morceaux dans toute la série de sculptures; plusieurs
des autres particulièrement fines et fouillées[283].
41. _Décembre._--Tuant et échaudant le cochon[284]. Au-dessus, le
Capricorne avec une queue qui s'effile brusquement; je ne puis
déchiffrer les accessoires.
42. _Janvier._--À deux têtes[285], d'une exécution triste. Le Verseau
plus faible que la plupart des bas-reliefs de cette série.
43. _Février._--Très beau, chauffant ses pieds et mettant des charbons
sur le feu. Le poisson au-dessus, travaillé, mais inintéressant.
44. _Mars._--Au travail dans les sillons de vigne[286].
Le Bélier soigné mais assez lourd.
45. _Avril._--Donnant à manger à son faucon; très joli.
Au-dessus, le Taureau avec de charmantes feuilles pour la pâture.
46. _Mai._--Très singulier, un homme d'âge moyen est assis sous les
arbres à écouter les oiseaux chanter et les Gémeaux au dessus, un
fiancé et une fiancée.
Ce quatre-feuilles rejoint ceux de l'angle intérieur à Sophonie.
52. _Juin._--En face rejoignant ceux de l'angle intérieur où est
Aggée. Fauchant. Remarquez les charmantes fleurs sculptées tout en
travers de l'herbe. Au-dessus, le Cancer avec ses écailles superbement
modelées.
51. _Juillet._--La moisson. Très beau. Le Lion souriant complète la
démonstration que toutes les saisons et tous les signes sont regardés
comme une égale bénédiction et providentiellement bienfaisants.
50. _Août._--Battant le blé[287]. La Vierge au-dessus, tenant une
fleur, sa draperie très moderne, et confuse pour un travail du XIIIe
siècle.
49. _Septembre._--Je ne suis pas sûr de son action soit qu'il émonde
ou que d'une manière quelconque il cueille le fruit de l'arbre plein de
feuilles[288]. La Balance au dessus; charmant.
48. _Octobre._--Foulant la vendange[289]. Le Scorpion une figure très
traditionnelle et douce avec une queue fourchue, il est vrai, mais sans
aiguillon.
47. _Novembre._--Semant, avec le Sagittaire; à moitié caché quand
cette photographie fut prise grâce au bel arrangement qui règne
maintenant sans interruption, que ce soit pour un travail ou pour un
autre, dans les cathédrales françaises; ils ne peuvent jamais les
laisser tranquilles dix minutes.
48. Et maintenant, pour finir, si vous vous souciez de le voir, nous
entrerons dans le porche de la Madone--seulement, si vous venez, bonne
protestante ma lectrice, venez civilement; et veuillez vous souvenir--si
vous avez dans l'histoire connue, matière à souvenirs--si vous ne
pouvez pas vous souvenir, recevez du moins l'assurance solennelle:--que
le culte de la Madone, ni le culte d'aucune Dame, morte ou vivante, n'a
jamais nui à une créature humaine--mais que le culte de l'argent, le
culte de la perruque, du chapeau tricorne et à plumes, le culte des
plats, le culte du pichet et le culte de la pipe, ont fait, et font
beaucoup de mal et que tous offensent des millions de fois plus le Dieu
du Ciel de la Terre et des Étoiles, que toutes les plus absurdes et les
plus charmantes erreurs, commises par les générations de Ses simples
enfants, sur ce que la Vierge-mère pourrait, ou voudrait, ou ferait, ou
éprouverait pour eux.
49. Et ensuite, veuillez observer ce simple fait historique sur les
trois sortes de Madones.
Il y a d'abord la Madone douloureuse--le type byzantin, et de Cimabue.
Il est le plus noble de tous, et le plus ancien qui ait eu une influence
populaire reconnaissable[290].
2° La Madone Reine qui est essentiellement la Madone franque et
normande, couronnée, calme, pleine de puissance et de douceur. C'est
celle qui est représentée dans le porche.
3° La Madone Nourrice qui est la Raphaëlesque[291] et généralement
plus récente et de décadence, on en voit ici un bon modèle français
dans le porche du sud, comme nous l'avons déjà remarqué.
Vous trouverez dans M. Viollet-le-Duc (l'article _Vierge_ dans son
_Dictionnaire_, mérite tout entier l'étude la plus attentive) une
admirable comparaison entre cette statue de la Madone Reine du porche
sud et la Madone Nourrice du transept. Je pourrai peut-être obtenir une
photographie de ces deux dessins, mis en regard, mais si je le puis, le
lecteur voudra bien observer qu'il a un peu flatté la Reine et un peu
vulgarisé la Nourrice, ce qui n'est pas juste. La statue de ce porche,
dans le style du XIIIe siècle, est très belle, mais il n'y a pas de
raison pour lui donner autrement d'importance, les types byzantins plus
anciens avaient beaucoup plus de grandeur.
L'histoire de la Madone, en ses événements principaux, est racontée
dans les séries des statues qui sont autour du porche et dans les
quatre-feuilles placés au-dessous d'elles. Plusieurs d'entre eux se
rapportent toutefois à une légende relative aux Mages que je n'ai pas
pu pénétrer et je ne suis pas sûr de leur interprétation.
Les grandes statues à gauche, en lisant vers le dehors comme
d'habitude, sont:
29. L'Ange Gabriel.
30. La Vierge Annonciade.
31. La Vierge Visitante.
32. Sainte Élisabeth.
33. La Présentation de la Vierge.
34. Saint Siméon.
À droite, en lisant vers le dehors:
35. 36, 37. Les trois Rois.
38. Hérode.
39. Salomon.
40. La Reine de Saba.
51. Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que viennent faire ici ces
deux dernières statues; mais je crois que l'idée de l'auteur[292] a
été que virtuellement la reine Marie rendait visite à Hérode en lui
envoyant ou en lui faisant envoyer les Mages pour lui annoncer sa
présence à Bethléem; et le contraste entre la réception de la reine
de Saba par Salomon, et celle d'Hérode chassant la Madone en Égypte
est décrit avec insistance tout le long de ce côté du Porche avec les
conséquences diverses pour les deux Rois et pour le monde.
Les quatre-feuilles sous les grandes statues se déroulent dans l'ordre
suivant:
29. Sous Gabriel.
A. Daniel voyant la pierre détachée sans mains[293].
B. Moïse et le buisson ardent[294].
30. Sous la Vierge Annonciade.
A. Gédéon et la rosée sur la toison[295].
B. Moïse se retirant avec les tables de la loi.
Aaron dominant, montre du doigt sa verge bourgeonnante[296].
31. Sous la Vierge Visitante.
A. Le message à Zacharie: «Ne crains pas, car ta prière est
entendue[297].»
B. Le songe de Joseph: «Ne crains pas de prendre Marie pour
femme[298].»
32. Sous sainte Élisabeth:
A. Le silence de Zacharie: «Ils s'aperçurent qu'il avait eu une vision
dans le temple[299].»
B. Il n'y a pas un de tes parents qui soit appelé de ce nom[300] «Il
écrivit en disant: son nom est Jean[301].»
33. Sous la présentation de la Vierge.
A. Fuite en Égypte.
B. Le Christ avec les Docteurs.
34. Sous saint Siméon.
A. Chute des Idoles en Égypte[302].
B. Le retour à Nazareth.
Ces deux derniers quatre-feuilles rejoignent ceux si beaux d'Amos (C. et
D.).
Puis sur le côté opposé, sous la reine de Saba et rejoignant les A et
B d'Abdias.
40. A. Salomon traite la reine de Saba. La coupe de Grâce.
B. Salomon enseigne la reine de Saba: «Dieu est au-dessus».
39. Sous Salomon:
A. Salomon sur son trône de Juge.
B. Salomon priant devant la porte de son temple.
38. Sous Hérode[303]:
A. Massacre des Innocents.
B. Hérode ordonne que le vaisseau des Rois soit brûlé[304].
37. Sous le troisième Roi:
A. Hérode faisant rechercher les Rois.
B. Incendie du vaisseau.
36. Sous le second Roi:
A. Adoration à Bethléem? Pas certain.
B. Le voyage des Rois.
33. Sous le premier Roi:
A. L'Étoile à l'Orient.
B. «Étant avertis dans un songe qu'ils ne devaient pas retourner vers
Hérode[305].»
Je ne doute pas de trouver un jour l'enchaînement véritable de ces
sujets, mais cela importe peu, ce groupe de quatre-feuilles étant de
moindre intérêt que le reste, et celui du massacre des Innocents
curieusement illustratif de l'incapacité du sculpteur à exprimer toute
action ou passion violentes.
Mais je ne veux pas essayer d'entrer ici dans les questions relatives à
l'art de ces bas-reliefs. Ils n'ont jamais eu d'autre objet que d'être
des symboles, ou des guides pour la pensée. Et, si le lecteur veut se
laisser doucement conduire par eux, il peut créer lui-même dans son
cœur de plus beaux tableaux; et en tout cas, il peut reconnaître comme
leur message à tous, les vérités générales qui suivent:
52. D'abord, que dans tout le Sermon sur cette Montagne d'Amiens, le
Christ n'apparaît jamais comme le Crucifié, comme le Christ mort ni
n'en éveille un instant la pensée; mais comme le Verbe Incarné, comme
l'Ami présent--comme le Prince de la Paix sur la terre[306]--et comme
le roi éternel dans le Ciel. Ce que Sa vie _est_, ce que Ses
commandements _sont_, et ce que Son jugement sera sont les choses ici
enseignées; non ce qu'il fit un jour, ce qu'il souffrit un jour, mais
ce qu'il fait à présent, ce qu'il nous ordonne de faire. Ceci est la
pure, joyeuse, belle leçon du Christianisme; et les causes de
décadence de cette foi et toutes les corruptions de ses pratiques
stériles peuvent se résumer brièvement ainsi: l'habitude d'avoir sous
nos yeux la mort du Christ, au lieu de sa vie, la méditation de ses
souffrances passées substituée à celles de notre devoir
présent[307].»
Puis en second lieu, quoique le Christ; ne porte pas sa croix, les
prophètes affligés, les apôtres persécutés, les disciples martyrs,
portent la leur. Car s'il vous est salutaire de vous rappeler ce que
votre Créateur immortel a fait pour vous, il ne l'est pas moins de vous
rappeler ce que des hommes mortels nos semblables, ont fait aussi. Vous
pouvez à votre gré nier le Christ ou le renier, mais le martyre, vous
pouvez seulement l'oublier; le nier, vous ne le pouvez. Chaque pierre de
cet édifice a été cimentée de son sang et il n'y a pas de sillon de
ses piliers qui n'ait été labouré par sa souffrance.
Gardant donc ces choses dans votre cœur, retournez-vous maintenant vers
la statue centrale du Christ, écoutez son message et comprenez-le. Il
tient le Livre de la Loi Éternelle dans Sa main gauche; avec la droite
Il bénit, mais bénit sous condition: «Fais ceci et tu vivras[308]»,
ou plutôt dans un sens plus strict et plus rigoureux: «Sois ceci, et
tu vivras», montrer de la pitié n'est rien, être pur en action n'est
rien, tu dois être pur aussi dans ton cœur.
Et avec cette parole de la loi inabolie. «Ceci, si tu ne le fais pas,
ceci, si tu ne l'es pas, tu mourras».
55. Mourir--quelque idée que vous vous fassiez de la mort--totalement
et irrévocablement. Il n'est pas parlé dans la théologie du XIIIe
siècle du pardon (dans notre sens moderne) des péchés, et il n'est
pas parlé non plus du Purgatoire. Au-dessus de cette image du Christ
avec nous, du Christ notre Ami, est placée l'image du Christ au-dessus
de nous, du Christ notre Juge. Pour cette présente vie--voici Sa
présence secourable. Après cette vie--voici Sa venue pour prendre
connaissance de nos actes et des intentions de nos actes; et séparer
l'obéissant du désobéissant, l'aimant du méchant, sans espoir donné
à ce dernier d'aucun recours, d'aucune réconciliation. Je ne sais pas
quels commentaires adoucissants furent ajoutés ensuite et tracés en
minuscules effrayées par la main des Pères, ou chuchotés en murmures
hésitants par les prélats de l'Église moderne. Mais je sais que le
langage de chaque pierre sculptée, de chaque brillant vitrail, de ces
choses qui étaient journellement vues et universellement comprises par
le peuple, était absolument et uniquement l'enseignement de Moïse au
Sinaï aussi bien que de saint Jean à Patmos, du commencement comme à
la fin de la Révélation du Seigneur à Israël.
Il en fut ainsi, simplement--sévèrement--et sans interruption pendant
les trois grands siècles du christianisme dans sa force (XIe, XIIe,
XIIIe siècles), et dans toute l'étendue de son empire, d'Iona à
Cyrène et de Calpe à Jérusalem. À quelle époque la doctrine du
Purgatoire a-t-elle été ouvertement acceptée par les docteurs
catholiques, je ne sais, ni ne me soucie de le savoir. Elle a été
formulée pour la première fois par Dante, mais n'a jamais été
acceptée un instant par les maîtres de l'art sacré de son temps ou
par ceux d'aucune grande école, à quelque époque que ce soit[309].
56. Je ne sais pas non plus ni ne tiens à savoir--à quelle époque la
notion de la Justification par la Foi dans le sens moderne se trouva
fixée nettement dans l'esprit des sectes et des écoles hérétiques du
Nord. En réalité, sa force fut scellée par ses premiers auteurs sur
un ascétisme qui différait de la règle monastique en ce qu'il était
apte seulement à détruire, jamais à construire, qui s'efforçait
d'imposer à tous la sévérité qu'il jugeait bon de s'imposer à
lui-même, et luttait ainsi pour faire du monde un monastère sans art,
sans lettres et sans pitié[310].
Son effort violent éclata au milieu des furies d'une réaction de
dissolution et d'incrédulité et reste maintenant la plus méprisable
des reprises populaires et des emplâtres pour chaque accroc à la loi
et déchirure de la conscience que l'intérêt peut provoquer ou
l'hypocrisie déguiser.
57. À partir des querelles qui suivirent entre les deux grandes sectes
de l'église corrompue au sujet des prières pour les morts et des
indulgences pour les vivants, de la suprématie papale ou des libertés
populaires, aucun homme, femme ou enfant n'a plus besoin de prendre la
peine d'étudier l'histoire du Christianisme. Ce ne sont rien que les
querelles des hommes, et le rire des démons parmi ses ruines. Sa vie,
son évangile et sa puissance sont entièrement écrites dans les
grandes œuvres de ses vrais croyants: en Normandie et en Sicile, sur
les îlots des rivières de France et aux pentes gazonnées riveraines
des fleuves anglais, sur les rochers d'Orvieto et près des sables de
l'Arno.
Mais de toutes ces œuvres, celle dont les leçons parlent de la façon
la plus simple, la plus complète et la plus imposante à l'esprit actif
de l'Europe du Nord est encore celle qui s'élève sur les premières
pierres d'Amiens[311].