CHAPITRE VI

Le retour de Castelnaux me rendit à moi-même; en ce moment ma mère

allait mieux; notre voiture, grâce à Castelnaux, était à la

porte.--Partez, nous dit-il, il est temps; à présent, s'il y a un

Dieu dans le ciel, la reine est sauvée, et la révolution a perdu sa

proie... Et demain le faubourg Saint-Antoine n'aura plus de lit

royal à fouiller avec ses baïonnettes, plus de têtes royales à

souiller de son bonnet rouge; demain les mégères des faubourgs ne

souilleront plus les chastes oreilles des enfants de

Marie-Antoinette avec leurs propos de mauvais lieux et leurs

blasphèmes de carrefour; à présent la royauté est sauvée! Allons,

partez, vous ne courez plus le danger de mettre l'ennemi sur ses

traces; partez, le peuple va se réveiller dans une heure... et je

veux assister à son réveil.

Oui je tirerai ma vengeance! et de ce pas je vais m'asseoir aux

Tuileries, à l'angle du pont, vis-à-vis la fenêtre de la reine,

fermée encore, et gardée, et surveillée. Ah! ma sentinelle bien

veillée! Ah! mon peuple... eh bien! hurle et calomnie... Ah! ah!

l'entendez-vous! il crie, il vocifère, il maudit la reine.--_À bas

la reine! À bas la reine!_ et cependant la fenêtre est toujours

fermée. _À bas la reine! mort à la reine!_ Et quand il verra, malgré

ses cris, que la reine enfin ne vient pas le saluer humblement, lui

le souverain déguenillé, quand il ne verra pas la reine en larmes,

son dauphin dans les bras, lui rendre un sourire pour un blasphème,

un _bonjour_ pour ses cris de mort; le peuple, à lui-même, il se

dira:--(il sait que sa victime est matinale... il a tué son

sommeil!) il dira:--pardieu, l'_Autrichienne_ a diablement prié ce

matin! Et quand ce peuple hideux la sait à genoux, en prières, pour

son époux, pour ses enfants, pour la France, il redouble, ô

blasphémateur, de rage et de fureur:

--_La Reine à mort!... à la lanterne!.._ Elle est le fragile jouet

du peuple. Il s'est donné rendez-vous autour de sa tête, et la fait

pleurer à volonté. Il la fait sourire, il la menace, il la pousse,

il l'emprisonne, il la chasse, et le tigre tenant sa proie, il se la

renvoie comme un jouet; la mordant jusqu'au sang, en attendant qu'il

la dévore... À Versailles même, et dans le palais des rois, ce

peuple impie est entré chez elle, une nuit, comme un époux jaloux,

après un long pèlerinage, en brisant les portes, en se précipitant

au lit nuptial...--Ah! foule insolente!... à la fin, ta proie, elle

échappe à tes appétits! et maintenant qu'elle est partie... et

qu'elle est sauvée... allons, va le chercher ton jouet: _la reine!

eh! la reine!_ Plus de reine et plus de jouet, plus de femme et plus

de mère, et plus d'épouse et plus de prisonnière, et plus de

victime, et plus d'injures... Or çà, citoyens, vous n'avez plus que

le ciel à blasphémer!»

Ainsi parlant, Castelnaux se frottait les mains de joie, il

bondissait autour du salon, il crachait dans le baquet de Mesmer, il

était triomphant, il était fou tout à fait... fou de triomphe et de

bonheur.

--Dans une heure ou deux, disait-il, on frappe au palais; on frappe

à la porte du roi. On entre en même temps chez le roi. Personne! On

se trouble, on court, on cherche, on appelle... Il est perdu. Plus

de roi! Croyez-vous qu'il y ait de la pâleur, à cette heure, dans

l'histoire de France, à cette nouvelle impitoyable: Il n'y a plus de

roi, et le roi n'est pas mort! Il y aura un jour, dans la création,

où la voix venue de l'Orient dira aussi à la terre... Il n'y a plus

de soleil! Eh bien! ce mot sans forme et sans nom: plus de roi! plus

de roi à immoler! plus de reine à charger d'outrages! plus de

royauté qu'on insulte, et plus rien dans ce royaume!... Il faut que

je sois le premier à l'entendre, à m'en réjouir! Cette effrayante

pâleur d'un peuple sans pitié, Castelnaux veut la voir, pour se

venger; ces palais déserts, ces temples déserts, parce que les

palais sont déserts, Castelnaux les veut parcourir, pour savoir ce

que c'est qu'un trône inoccupé... un sanctuaire inerte et vide. Il

veut savoir ce que dit l'écho de pareilles solitudes, et si cela

fait peur aux nations, quand le trône et l'autel rendent un son

funèbre, privé de son roi dégradé, de son Dieu! Victoire à

Castelnaux, cette nuit est une nuit de triomphe. Il est l'Achille et

l'Ajax Télamon de cette nuit troyenne. À moi l'honneur, chassant les

sans-culottes, les sans roi et les sans Dieu, d'éventrer, le

premier, la muraille de la ville assiégée. Aussitôt vous voyez

entrer, de toutes parts et par la brèche, la mort, la peur, la

famine et la vengeance du ciel et le châtiment des hommes, les

meurtres sans fin, le pillage, les réactions sanguinaires, les

longues terreurs, l'anarchie et la guerre civile avec la banqueroute

et les misères accomplies des bourreaux, enfantant des massacres et

des échafauds sanglants! Entrez, tout cela, entrez! Le roi et la

reine, il n'y en a plus; entrez, tout cela, c'est Castelnaux qui

vous ouvre la porte! Entrez, dissensions intestines, bavardages sans

fin; entrez, brigands armés; entrez, populace; entrez, femmes sans

honte et sans robe nuptiale; entrez, faubourgs; entrez, armées

étrangères: Anglais, Prussiens, hordes sauvages, vagabonds,

Cosaques, Russiens, gorgez-vous d'or et de sang, pillez les églises,

renversez les châteaux, incendiez les chaumières, dévalisez les

sacristies, ouvrez les tombeaux, brûlez les livres, déchirez les

chartes, violez les vierges, chassez les saintes filles des saints

monastères, ruez-vous dans le désordre, à la proie, au meurtre, à

l'incendie; allons! çà! brisez les statues et les images, démolissez

les maisons royales pour en vendre le plomb et la pierre; saccagez,

brûlez, dévorez tout sur votre passage... à vous la France! Elle est

à vous, à vous seuls; elle n'est plus ni à Dieu, ni au Roi; elle est

à vous; venez, venez tous, Castelnaux vous appelle, entrez, et si en

passant vous avez un chapeau ou un bonnet, tirez votre chapeau ou

votre bonnet devant Castelnaux!»

Et nous le vîmes ainsi bondir tout un quart d'heure, et jamais dans

tout Paris logis plus sombre et plus caché n'avait entendu un si

grand bruit; la cuve, à ces cris, retentissait comme un tonnerre, et

l'écho troublé balbutiait à peine ces paroles pressées et

haletantes. Or ma mère, hébétée, était là, contemplant toutes ces

choses sans y rien comprendre, Hélène, à mes côtés, se pressait

effrayée et muette. Castelnaux brisait tout ce qui tombait dans ses

mains.--O la belle nuit! disait-il; la belle nuit! Paris a perdu un

roi, il a crucifié un Dieu, il a chassé Mesmer: royauté, religion,

charlatanisme, et psit... tout est parti; tout a quitté Paris, cette

nuit; il n'y a plus rien à Paris. Paris n'est plus! _De profundis...

Alleluia!_

Quand il eut repris son sang-froid, il nous conduisit jusqu'à notre

voiture, et il nous dit adieu en pleurant!

C'est ainsi que je le quittai, ce fameux Paris que je ne devais plus

revoir. Je le laissai vide; il était si rempli quand j'y entrai,

pour la première fois! J'étais si jeune alors, j'étais devenu si

vieux en peu de temps! Tout ce que j'admirais était tombé! Je

laissais dans ces ruines mes illusions, mes espérances, et

maintenant je ne pensais plus qu'à suivre, à mes risques et périls,

les traces de cette royauté perdue au milieu des grands chemins.

Triste retour! tristes sentiers battus par des rois tremblants! Ma

mère était retombée en ce triste état d'anéantissement, voisin du

rêve... ma cousine Hélène, abattue et pensive, semblait dévorer

l'espace qui s'étendait devant nous. Elle oubliait ses dangers, à

force de terreur.

Qui l'eût vue ainsi penchée à mon côté, et nous deux, au matin,

courant la grande route où le soleil courait après nous, celui-là

nous eût pris pour deux amants heureux qui se sont rencontrés dans

l'ombre, et qui s'enfuient loin de leur vieux tuteur.

Qui m'eût vu l'entourant d'une tendresse ineffable eût juré ses

grands dieux que nous accomplissions un de ces drames enchantés de

la jeunesse heureuse, quand l'amour jouait un si grand rôle en ce

royaume, éclairant les palais, illuminant les chaumières, animant le

grand chemin, jetant partout la vie et les sourires dans ce beau

pays, sous ces épais ombrages, dans ces vieux châteaux aux gothiques

souvenirs.

Je dis à Mlle de *** en lui prenant les mains, en signe de

témoignage et de serment:--Voulez-vous, Hélène, en ce péril, unir

votre destinée à la mienne, et ne plus nous quitter jamais?

Voulez-vous que je réveille en ce moment, qui peut être un moment

solennel, ma mère endormie, et que je lui demande sa bénédiction

pour nous deux? À cette brusque demande, elle ne parut pas étonnée,

et comme je lui avais parlé simplement, elle me répondit simplement:

--Écoutez, Frédéric, nous n'avons pas de temps à perdre en vaines

espérances; il ne faut pas espérer que nos destinées soient unies;

notre séparation est proche, et, je le sens, deux devoirs différents

nous appellent. J'appartiens à la reine, et vous appartenez à votre

mère. Ainsi nous irons, vous et moi, où elles iront, chacun de son

côté: nous ferons notre devoir, tout sérieux qu'il puisse être, et

que Dieu nous protége! Hélas! l'heure est sérieuse, et nous devons,

avant tout, racheter les fautes de notre jeunesse à force de

dévoûment au malheur! Ainsi nous nous partagerons la ruine et les

misères de cette royauté qui s'en va, comme nous avons partagé sa

gloire et sa folie. O Frédéric! vous ne savez pas toutes les fautes

que nous avons commises! toutes les erreurs dont nous devons porter

la peine; et si vous saviez cela, mon cousin, combien nous avons été

tous coupables, vous plaindriez ce peuple éperdu qui gronde et tue;

vous trouveriez qu'il est juste en ses vengeances, vous comprendriez

ces cris furibonds de liberté! Pour moi, je ne m'aveugle pas sur

cette révolution. Cette révolution, c'est notre mort à tous... Mais

vous ne comprenez pas cela, mon cousin; vous ne comprenez rien aux

menaces d'un temps que vous n'avez pas vu, d'une histoire que vous

ne savez pas. Vous n'avez vu, de la cour, que la surface, et du

peuple que la lie immonde! Vous êtes venu en France au moment où

nous renfermions nos vices en nous-mêmes, surpris par le grand jour,

au moment où le peuple obéissait aux vengeances de quatre siècles de

servitude. Hélas! notre malheur vous a trompé sur notre compte;

innocent au milieu de nos corruptions et de nos vices, vous avez cru

à notre innocence, et maintenant vous voulez partager notre

infortune, et vous me dites à moi: Je suis à vous, Hélène! Imprudent

que vous êtes! Ne voyez-vous pas que cette infortune est infamante,

et ne voyez-vous pas que vous n'avez aucun droit, vous si jeune, à

venir porter la peine de tous les crimes de Louis XV? Disant ces

mots, elle appuya sa main droite sur ma tête, comme un témoignage

d'une ineffable protection.

Je lui répondis avec toute l'assurance et toute la conviction qui

étaient en moi; je me montrai bien décidé à ne la plus quitter, à la

suivre, à l'aimer, à vivre à côté d'elle, à mourir avec

elle...--Non, lui dis-je, il n'en sera pas, cette fois, comme de ma

première passion d'amour!

Je n'ai pas peur de vous; je ne crains pas vos dédains; vous

m'aimerez, vous m'aimerez, je vous aime et j'en suis sûr!...

Innocent, dites-vous! mais j'ai partagé, j'ai copié tous ces vices!

Innocent, en effet, et plus à plaindre que si j'avais été coupable!

Un matin, capricieux jeune homme, je quitte l'Allemagne, exprès pour

vous voir, ma cousine! et me voilà parti pour la France, que vous

habitez; chemin faisant, je me rappelle avec une joie ineffable

votre naissante et charmante beauté; j'entends vos chansons, je vous

vois me sourire... Ainsi rêvant me voilà tombé sur les chemins, et

brisé à demi je rencontre une petite fille agaçante et rieuse, et

pour la petite fille aussitôt je vous oublie... Alors, me voilà, sur

le chemin, aux genoux de cette fillette, et la suppliant d'accepter

ma fortune et ma main! Voyez si j'étais sage!... Heureusement la

fillette me rit au nez, et, sage autant que j'étais fou, elle

épouse, à mon nez, mon valet de chambre. Désolé, je viens en France,

et je vais à la cour, je vous vois, la nuit, près de la reine, sous

un voile noir; on vous eût dit morte, et chez la reine vous me

recevez avec une froide réserve... On eût dit que vous saviez mes

infidélités de grande route... Éconduit par vous, faiblement reçu

par la reine, oublié de ma mère, alors je vais au hasard, et je

rencontre en tout lieu des hommes plus puissants que le roi: des

libertins qui règnent au nom de la vertu; des charlatans qui

proclament la vérité. Le vice est partout, l'égoïsme et la vanité

encombrent toutes les âmes, la peur règne en souveraine, enfin vous

tremblez tous. Moi, je fais un effort pour être, à l'exemple

universel, un brouillon, un émeutier, un Don Juan de carnaval. Je

prends Mirabeau pour maître et seigneur; je choisissais bien,

convenez-en.

Ainsi... à mon premier pas, à mon premier appel, le vice aussitôt

vient à moi dans ses atours les plus charmants. Rien de plus gai, de

plus vif, de plus joli: l'esprit au regard, la grâce à la lèvre, un

feu de vingt ans... Mon premier bal masqué fut un événement... J'en

rêve encore, et voyez ma plainte!... Il advint que je sortis de

cette fête amoureux comme un fou. De qui? je l'ignore... pourquoi?

je le sais bien. Malheureux que je suis! je la regrette encore, et

(soyons vrai!) j'ai bien peur de la regretter jusqu'au dernier de

mes jours, cette nuit d'ivresse et de fête qui devait me dégager des

illusions de ma jeunesse: au contraire, elle les renouvelle, elle

les prolonge, elle les ravive, et voilà mes illusions qui me

reviennent! Dès ce moment je suis poursuivi par les spasmes infinis

de cette minute heureuse, et je n'entends plus rien, je ne vois plus

rien, je cours après une ombre! Ah! Dieu du ciel! je reste un

Allemand, rien qu'un Allemand, un Allemand sans vice et sans vertu.

Pour un parfum... pour un sourire... pour une jupe fripée... Alors

voyant que je n'étais qu'un faux vicieux, un Don Juan de hasard, je

retourne à Mirabeau: Tu m'as trompé, lui dis-je... et c'est à peine

s'il se rappelle une seule des leçons qu'il m'a données! Le Mirabeau

que j'avais vu au bal, en plein délire, amoureux jusqu'au

blasphème... en vingt-quatre heures il était devenu un grand

homme... un homme d'État! La veille encore il m'avait fait le

compagnon de son orgie; aujourd'hui il me fait monter à cheval, et,

dans la nuit, enveloppé d'un manteau, seul avec lui, comme un fidèle

écuyer, il me conduit à une conférence politique. Et de loin je le

vois, réglant les destinées du royaume, et sans vous, que j'ai

retrouvée, je jouais cette nuit-là le rôle d'Osmin ou de tout autre

confident de tragédie! Honteux de moi-même, et poursuivi par mes

rêves, je n'avais plus qu'un espoir, j'espérais en Barnave. Il était

amoureux d'un amour sans espoir, j'étais possédé, moi aussi, d'un

amour sans espoir. Donc, je le rencontre espérant qu'il me

consolerait par le spectacle d'une misère semblable à la mienne...

Barnave était changé autant que Mirabeau. Plus d'amour dans le coeur

de Barnave et plus de vice dans la tête de Mirabeau: ils m'échappent

l'un et l'autre, après avoir commencé mon éducation tous les deux.

Je trouve alors un nouveau Barnave... un Barnave austère,

inflexible, ennemi de la reine, implacable... et voici que le même

jour, la république dresse la tête à la voix de Barnave, et que la

monarchie expire au lit de mort de Mirabeau! Moi resté seul, seul et

cherchant dans mon âme à quoi m'a servi mon dévouement à Mirabeau et

à Barnave, à quoi m'ont servi ma science et mon amour; je reviens à

vous, ma chère Hélène, à vous dont le regard me ravive, et dont la

voix me console: c'est vous qui me faites oublier à la fois tout ce

que je voudrais oublier: mon isolement, mes vices inutiles, mon peu

d'intelligence des faits et des hommes, mes regrets du passé, mon

désespoir pour l'avenir!... et vous ne voulez pas m'épouser!

À ce long discours qu'elle écoutait, attentive et calme:--Votre

malheur est étrange et me fait pitié, reprit Hélène. À vous entendre

on dirait que le vice seul a manqué à votre bonheur! Certes, voilà

de ces malheurs qui ne sont arrivés qu'à vous; cependant, mon

malheureux cousin, je vous porte envie, à vous, malheureux de si

peu!

Disant ces mots, Hélène se prit à rougir; et moi, la suppliant du

regard, j'essayai de donner le change à ma passion:--Non, non!

m'écriai-je; à présent je n'ai plus d'amour que pour vous; la femme

elle-même que si longtemps j'ai cherchée, elle serait devant moi, je

ne voudrais pas la voir; je suis à vous, à vous seule, à la reine

aussi, puisque vous pardonnez à la reine; enfin, pour vous, j'ai

entrepris mon voyage en France, et je veux le finir avec vous!

Ainsi je lui parlai longtemps; elle m'écoutait tantôt avec peine et

parfois avec bonheur, souvent émue; et moi, misérable! si j'eus un

instant de calme, oh! je le dis à ma honte, ce fut dans cette fuite

où je foulais des traces royales sur ces chemins couverts de tant de

désolations, dans ce jour d'effroi où la monarchie de Louis XIV,

s'avouant vaincue, accepta les chaînes de la Convention, et s'en

revint, esclave et désolée, au milieu de la fournaise ardente et

souillée où elle devait mourir à petit feu.

Barnave · 第 56 / 63 题