[523] S'agit-il de Montoire, arr. de Vendôme ? C'est une ville qui

n'avait pas assez de célébrité pour entrer, comme ici, dans une

locution en quelque sorte proverbiale. Le poète a peut-être pensé au

Montoire, ville d'Espagne, probablement, où, dans le roman de Floire

et Blanchefleur, le jeune Floire est envoyé pour y faire son

éducation (éd. Du Méril, pp. 9, 14, 33).

[524] Dans le texte _Avalterre_ (v. 4468). On a déjà rencontré ce nom p.

23 (v. 1518). On pourrait traduire par « Pays-Bas, » mais il

faudrait étendre la portée de cette domination jusqu'à _Cologne_,

comme fait Du Cange, sous Avaltehr. e, car Philippe Mousket (v.

21849) nous apprend que les _Avalois_ avaient pour cri de guerre

Cologne, et l'on sait que la partie du diocèse de Cologne qui était

située sur la rive droite du Rhin s'appelait en allemand _Avalgaw_

(voy. la Table des noms de _Raoul de Cambrai_, éd. de la Société des

anciens textes français, sous Avalois). Les Avalois sont distingués

des _Tiois_ et des Hollandais par le Reclus de Molliens _(Roman de

Carité_, couplet xxv). D'autre part, un texte des Chroniques de

Saint-Denis cité par Du Cange l (.) I. montre qu'Utrecht était en

Avalterre. Ce pays devait donc comprendre tout le cours inférieur du

Rhin. En tout cas, c'est à tort qu'Avalterre est interprétée par

Austrasie dans le dictionnaire de M. Godefroy.

[525] Par cette expression on désigne le plus souvent les habitants des

Pays-Bas, et certains textes (par exemple la Chanson de la croisade

albigeoise, v. 285 ; _Gir. de Roussillon_, § 200 de ma traduction)

distinguent les Tiois des Allemands ; mais ici les Tiois, étant

mentionnés à côté des Flamands et de « ceux d'Avalterre, » ne

peuvent être que des Allemands.

[526] On sait que Hont-Joux (Mons Jovis) est le nom ancien du Grand-

Saint-Bernard.

[527] L'auteur affirme de nouveau plus loin (vv. 4750 et suiv.) que tous

les chevaliers par lui énumérés étaient à la solde du jeune roi.

Mais il est assurément fort invraisemblable que les comtes de Dreux

et de Soissons, par exemple, et Guillaume des Barres aient fait

partie de la mesnie du jeune roi. Il est à croire que le poète a

véritablement eu sous les yeux un rôle (voy. v. 4539) des chevaliers

qui se rendirent au tournoi de Lagny, mais que l'idée de les ranger

sous la bannière du jeune roi lui appartient en propre.

[528] Cet hommage à la supériorité reconnue de la chevalerie française

est d'autant plus remarquable que l'auteur est un partisan déterminé

des Anglais. Il y aurait bien d'autres témoignages du même genre à

recueillir, celui-ci, par exemple, de Giraud de Barri : « Strenua

Francorum militia, cujus etiam hodie mundum universum exsuperat

gloria » (Opera, VIII, p. 318).

[529] A cette époque, il n'y a d'autre Robert comte de Dreux que Robert,

fils de Louis VI. Il fut comte de Dreux de 1132 ou 1137 jusqu'en

1184, époque où il se démit de son comté en faveur de son fils

également appelé Robert, et mourut en 1188. Il ne serait pas

impossible que le poète eût donné par anticipation le titre de comte

de Dreux au fils. C'est en tout cas du fils qu'il est question plus

loin aux vers 7513, 7673, 7735. Un des deux Robert avait visité

l'Angleterre, nous ne savons à quelle époque, mais sa visite est

mentionnée par Giraud de Barri, _De principis instructione_, II, u

(G. Cambr. opera, VIII, 158).

[530] Simon de Rochefort-en — Yveline, cant. de Dourdan, arr. de

Rambouillet. Le Cartulaire de N. -D. des Vaux-de-Cernay renferme

_des chartes_ de lui datées de 1177 environ à 1180 (n*- XLVII-XLIX

et LVI). Est-ce le même qui est mentionné dans deux actes placés

vers 1140 par l'éditeur du Cartulaire du prieuré de Notre- Dame de

Longpont (n*" XI et XII) ?

[531] Ci-dessus, note de la p. 32.

[532] Sans doute Simon de Montfort, celui qui fut tué au siège de Tou

louse, le 25 juin 1218. Il était frère utérin du second Guillaume

des Barres, car sa mère Amicie de Montfort avait épousé en secondes

noces le premier Guillaume des Barres.

[533] Voy. plus haut, p. 47.

[534] Amauri, vicomte de Meulan, mort après 1183, Art de vér. les dates,

II, 696.

[535] Milon et Macaire de Châlons figurent en divers actes de la fin du

xiie siècle ; Voy. Longnon, _Livre des vassaux du comte de

Champagne_, à la table des noms de personnes, pp. 293 et 298. Il ne

paraît pas qu'on ait su jusqu'à présent que ces deux hommes étaient

frères.

[536] Adam Ier, vicomte de Melun ; Toy. Du Bouchet, _Hist_. de la maison

de Courtenay, p. 205.

[537] Vallangoujard, arr. de Pontoise, cant. de l'Isle-Adam. Ce Thibaut

fut du nombre des chevaliers de l'armée royale que Richard Cœur-de-

Lion fit prisonniers à Gisors, le 28 septembre 1198 (Rog. de Howden,

IV, 56). On a de lui plusieurs actes, depuis 1165 jusqu'à 1206,

année qui paraît être celle où il mourut. Voy. Aymar de Manneville,

_De l'état des terres et des personnes dans la paroisse

d'Amblainville_, Beauvais, 1890, pp. 8, 77, 79, 82, 84, 89.

[538] Bouri, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont. Un acte scellé de

Guillaume de Bouri, non daté, mais qui paraît avoir été rédigé vers

1180, est mentionné dans la _Collection de Sceaux_ de Douët d'Arcq,

sous len* 1513. « Guillaume de Borriz » figure dans _l'Estoire de la

guerre sainte_ d'Ambroise, v. 6172.

[539] Hermanz est douteux ; on peut aussi bien lire Herniauz (voy. la

note du v. 4523), qui, du reste, n'est pas une forme satisfaisante.

La correction _Trie_, proposée en note au lieu de Brie, aurait

l'avantage de rattacher ce personnage à la région d'où étaient

originaires Thibaut de Vallangoujard et Guillaume de Bouri (Trie-la-

Ville ou Trie-Château, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont). Mais, à

cette époque, on ne connaît que Mathieu de Trie et Jean de Trie.

[540] La Tour ou Bois-Luat, comm. d'Eaubonne, cant. de Montmorency. Le

fief d'Etienne de la Tour figure dans le cartulaire de Philippe-

_Auguste_ parmi les fiefs dépendant du roi, section de la

châtellenie de Pontoise ; voy. Bouquet, XXIII, 629 c.

[541] Je n'ai rien trouvé sur ce chevalier ni sur le suivant.

[542] Marne, arr. de Sainte-Menehould. Un personnage de ce nom figure

dans le _Livre des vassaux du comté de Champagne_, éd. Longnon, n°

1573.

[543] Arr. de Beauvais, cant. de Formerie.

[544] Conon, neveu d'Yves de Nesles, à qui il succéda en 1178, ou son

frère Raoul de Nesle, comte de Soissons de 1180 à 1237.

[545] Ce personnage, qui reparaîtra souvent dans l'histoire, était,

comme on le verra plus loin (vv. 6265-9 et 6285-8), fils de l'avoué

de Béthune (Robert V, dit le Roux, en même temps avoué d'Arras).

C'était son troisième fils. Il se mit au service de Richard au temps

où celui-ci n'était encore que comte de Poitiers ; il l'accompagna à

la croisade et fut prisonnier avec lui en Allemagne ; voy. plus loin

la note du vers 10128. En 1194, Richard lui donna en mariage Hawis,

comtesse d'Aumale et de Ilolderness, qui avait déjà eu deux époux

(Guillaume de Mandeville, † 1190, et Guillaume _de Fortibus_, †

1194). Il mourut en 1211 (Mathieu de Paris, _Chron. maj_., II, 533 ;

Hist. des ducs de Normandie, éd. de la Soc. de l'hist. de Fr., p.

115). Voy. A. du Chesne, Hist. de la _maison de Béthune_, p. 149 et

suiv.

[546] Arr. d'Abbeville, cant. de Saint-Valéri. Il accompagna en Terre-

Sainte le roi Richard, qui paraît l'avoir eu en grande affection.

C'est pour lui que Pierre de Beauvais traduisit en prose française,

au commencement du xiiie siècle, la légende du Voyage de Charlemagne

à Constantinople. Il combattit contre Philippe-Auguste à Bouvines

et, ayant été fait prisonnier, recouvra bientôt sa liberté moyennant

rançon. Voy. G. Paris, Romania, XXI, 248, et la Table de _l'Estoire

de la guerre sainte_.

[547] Fontaine-sur-Somme, arr. d'Abbeville, cant. d'Hallencourt.

« Alelmus de Fontanis » est l'un des témoins de la charte de coutume

concédée aux habitants d'Abbeville en 1194 par Jean, comte de

Ponthieu (Teulet, _Layettes du Trésor_, I, 141).

[548] Neuville, Pas-de-Calais, arr. et cant. de Montreuil ? En 1199, un

Eustache de Neuville contribue à la capture du comte de Namur

(Rigord, 8 128, éd. Fr. Delaborde). Le même personnage reparaît plus

loin, v. 8623. Il y a au Trésor _des chartes_ une obligation

d'Eustache de Neuville père et fils envers le roi de France, 1214

(Teulet, _Layettes_ du Trésor, n° 1107 ; Delisle, Catal, des actes

_de Philippe-Auguste_, n° 1545). Eustache de Neuville est

enregistré, dans les rôles de Philippe-Auguste, parmi les

« vavassores » qui doivent au roi le service militaire (Scripta _de

feodis_, etc., dans Bouquet, XXIII, 683 k). Il reparaît plus loin

dans les mêmes rôles parmi les chevaliers d'Arras (685 t.).

[549] Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Auxi-le-Château.

« Eustachius de Cantelou » est l'un des garants d'une convention

passée en 1195 entre Guillaume Ier, archevêque de Reims, et la

comtesse de Flandre Mathilde (Teulet, _Layettes_, n° 428).

[550] Il devint plus tard l'un des chevaliers de Richard Cœur-de-Lion,

qu'il suivit à la croisade. Ambroise, qui l'appelle « Baudowins li

Carons, » dit de lui : « Compainz iert le rei d'Engleterre »

(Estoire de _la guerre sainte_, v. 6429). Il se distingua dans les

luttes contre les Sarrazins ; voy. le même poème, vv. 9991 et suiv.

[551] Probablement Malanoi, Pas-de-Calais, comm. de Bourecq, arr. de

Béthune, cant. de Norrent-Fontes. En 1204, « Hugo de Malo-Alneto »

est l'un des témoins qui garantissent au nom du roi de France

l'observation des articles de la capitulation de Rouen (Teulet,

_Layettes du Trésor_, n° 716, I, 252). En 1209, le même jurait à

Philippe-Auguste de l'aider contre toute personne, sauf la dame de

Lillers et le comte de Flandres _(ibid_., n° 880 ; Delisle, _Catal.

des actes de Philippe-Auguste_, n° 1132). Lillers est un chef-lieu

de canton de l'arrondissement de Béthune, très voisin de Malanoi.

C'est probablement le même personnage qui est mentionné par les

historiens dans le récit de la bataille de Bouvines ; voy. la table

des œuvres de Rigord et de Guillaume le Breton, éd. Fr. Delaborde,

sous Hugues de Malaunay.

[552] « Radulphus Ploqueti » est témoin à l'acte de la capitulation de

Rouen mentionné dans la note précédente. Il y paraît, comme ici, à

côté de Hugues de Malaunai. « Hugo de Malo Alneto » et « Radulfus

Plonquet » sont enregistrés à côté l'un de l'autre parmi les

vavasseurs qui doivent le service militaire au roi de France

(Scripta de _feodis_, etc. dans Bouquet, XXIII, 683 k), et de même,

plus loin, parmi les « milites Atrcbatenses » (_ibid_., 685 l). Ces

deux chevaliers sont encore nommés ensemble parmi ceux qui, en 1215,

accompagnèrent Louis, fils de Philippe-Auguste, dans son expédition

en Angleterre : « En la nef Looys entra… et Hues de Malaunoi et

Raous Plomkès et pluisor autre chevalier » (_Hist. des ducs de

Normandie et des rois d'Angleterre_, éd. de la Soc. de l'hist. de

France, p. 166).

[553] Arr. de Boulogne, cant. de Guignes. Il s'agit probablement

d'Engerran de Fiennes, second fils d'Eustache de Fiennes dit le

Vieux (senex), qui fonda l'abbaye de Beaulieu, près de

Boulogne-sur-Mer. Il suivit à la croisade le comte de Flandres et y

mourut. Voir Lambert d'Ardres, ch. xi (Pertz, _Mon_., XXIV, 581).

[554] Hamelincourt, arr. d'Arras, cant. de Croisilles. Le même chevalier

reparaît plus loin, vv. 6671, 6821, comme compagnon du Maréchal. Je

ne sais si c'est lui ou son fils qui se distingua sous

Philippe-Auguste (notamment en 1188 et en 1199) dans les guerres

contre les Anglais ; voy. la Philippide de Guillaume le Breton, III,

452, 551, 581, et Rigord, § 128 (éd. Fr. Delaborde). « Hugo de

Hamelicurte » est au nombre des « vavassores » qui doivent le

service militaire à Philippe-Augusle _(Scripta_ de feodis, etc.,

Bouquet, XXIII, 683 k). Le sceau de Hugues de Hamelincourt est

décrit dans Demay, _Inventaire des sceaux de la Flandre_, n° 1005 et

1006. Il est appendu à deux chartes, l'une de 1194, l'autre de 1218.

[555] Arr. d'Abbeville, cant. d'Ault.

[556] Champaigne, dans le texte. Sans doute une des localités du Pas-de-

Calais qui portent le nom de Campagne.

[557] Voy. ci-dessus, p. 43, n. 2.

[558] Arr. de Cambrai, cant. de Solesmes ?

[559] Serait-ce Étrepi, Marne, cant. de Thieblemont ? On s'étonne de

voir un personnage portant ce surnom prendre place parmi des

chevaliers flamands. D'autre part, un « Alardus de Strepi » est

témoin, en 1210, à un acte de Philippe Ier, marquis de Namur, passé

à Valenciennes (Teulet, Layettes, n° 952). C'est plutôt dans cette

région qu'il faudrait chercher l'origine de notre Baudouin.

Peut-être y a-t-il lieu de corriger _Crequi_ (Pas-de-Calais). Il y a

dans les rôles de Philippe-Auguste, parmi les chevaliers du comte de

Saint-Pol, un « Balduinus de Crequi » (Bouquet, XXIII, 685 l).

[560] Sans nul doute le « Rodiers » ou « Rogiers de Herdecort »

mentionné dans le poème d'Ambroise sur la troisième croisade parmi

les compagnons du roi Richard (vv. 1415, 4727), appelé « Rogerus de

Hardecort » ou de Hardencourt dans la version latine publiée sous le

titre A'itinerarium regis Ricardi (éd. Stubbs, pp. 186 et 217).

C'est Hardencourt, Eure, cant. de Pacy-sur-Eure.

[561] Ce chevalier et le suivant me sont inconnus.

[562] « Robertus filius Walteri » paraît dans un grand nombre de

documents du temps de Richard et de Jean. Voy. les Rotuli curie

regis, Rolls and records of the court held before the King's

justiciars from the sixth year of King Richard / (Londres, 1835,

deux vol. in-8*) à la table. Plus tard, on le voit possédant des

terres dans le comté de Cambridge ; voy. les Fines sive pedes

_finium_ sive finales concordiæ in curia Regis, éd. Hunier (Londres,

1835), p. 285. Voy., du reste, Dugdale, _Baronage_, I, 218.

[563] David, comte de Huntingdon, frère de Guillaume, roi d'Ecosse. En

1170, il avait fait hommage au jeune roi (Ben. Peterb., I, 6), et,

en 1173, celui-ci lui avait accordé le comté de Huntingdon et celui

de Cambridge _(ibid_., I, 45).

[564] « Robertus de Lundres » est mentionné parmi les partisans du jeune

roi en 1173 (Ben. Peterb., I, 48).

[565] « Simo de Marisco » est témoin à une charte par laquelle le jeune

roi concède à maître Gautier de Coutances, « clerico Domini regis

patris mei, » une maison, sise à Rouen sur le Grand-Pont. Cette

charte, passée à Westminster, se trouve en original aux archives de

la Seine-Inférieure. Elle est transcrite dans le Cartulaire de

l'Église de Rouen, mêmes archives (communication de M. Delisle).

Elle doit être antérieure à la révolte du jeune roi, en 1173, à

laquelle Simon de Marès prit part (Ben. Peterb., I, 46).

[566] Dans les rôles de l'Échiquier de Normandie, à l'année 1195, ce

chevalier et le précédent (ou du moins deux personnes portant les

mêmes noms) reçoivent une allocation pour avoir gardé et conduit de

Rouen à Chinon la fille du comte de Bretagne et celle du souverain

de Cypre (Isaac Comnène) : « In expensis et robis fille comitis

Britannie et filie imperatoris Cypri et familie sue, et Roberli de

Wancie et Walleri de Ely qui eas custodiebant et ducebant, dum

fuerunt apud Rothomagum et in itinere a Rothomago usque Chinon »

(Stapleton, Magni rot. scacc. Normanniæ, I, 154). Un Robert de Wanci

figure en 1200 dans un rôle de l'Échiquier de Normandie (Stapleton,

_Magni rot. scacc_. Normannix, II, clxiij) et est témoin à divers

actes du roi Jean passés en 1200 à Pont-Audemer et en Angleterre

_(Rot_. Chart., I, 34 a, 35 b, 42 b, 54 a, 65 b, 81 b, 82 a). Il est

à noter que Walter d'Ely figure, comme témoin, à côté de Robert de

Wanci, dans quatre de ces actes ((. I,. 34a,35 b, 65 6). Ces deux

chevaliers étaient donc inséparables. — Wanci est vraisemblablement

Wanchi-Capval, arr. de Neufchâtel, cant. de Londinières,

Seine-Inférieure.

[567] « Willelmus filius Rogeri » est témoin, avec Guillaume le Maréchal

et plusieurs autres, à une charte du jeune roi, passée à Argentan,

probablement en 1177, en faveur de l'abbaye de Waltham (Eyton, p.

219). Vers la même date, il obtient, moyennant finance payée au roi,

Hocton et Hortorp, comté de Northampton (Madox, Hist. and antiq. of

the Exchequer, d2 ed., I, 211).

[568] Frère du héros du poème ; voy. plus haut, p. 8.

[569] Un f Robertus Brito » est témoin à une charte de Henri II, le 25

décembre 1173 (Eyton, p. 177, n. 2).

[570] Estouteville, arr. de Rouen, cant. de Buchy. Robert d'Estouteville

est témoin, en 1158, à une charte de Henri II donnée à

Newcastle-upon-Tyne (Eyton, p. 33). Il paraît avoir exercé l'office

de juge itinérant en 1168 (Eyton, p. 145). Il fut nommé vicomte du

comté d'York en 1170 (Dugdale, _Baronage_, I, 455). Lors de la

révolte du jeune roi en 1173, il resta fidèle à Henri II (Ben.

Peterb., I, 51, note, et 65). Il fut témoin à diverses chartes de

Henri II données en Normandie en 1173 (Eyton, pp. 174, 177). Il

était, en avril 1174, gardien des châteaux de Knaresborough

(Yorkshire) et d'Appleby (Westmoreland), qui furent pris à cette

date par David, frère du roi d'Écosse (Eyton, p. 178). Il était à

cette époque vicomte du comté d'York (_ibid_., p. 179, note 1). Il

prit part, en juillet 1174, à la capture du roi d'Écosse Guillaume

(ibid., p. 180). En décembre 1174, il était en Normandie avec le roi

(ibid., 187) ; de 1175 à 1177, il est en Angleterre (ibid., 192,

203, 209, 212). En 1180, nous le retrouvons en Normandie (ibid., 2 3

3). Il suit le roi dans ses pérégrinations. Il est témoin à une

charte royale, à Ivry, en février 1181 (ibid., 239). Il retourne

avec le roi en Angleterre en août 1181 (ibid., 241). Il possédait en

Normandie des charges importantes (ce qui explique qu'il soit classé

dans le poème avec les seigneurs normands, bien qu'il fût plutôt

anglais). Il eut la ferme de la prévôté de Lillebonne, de 1175 à

1180 (Stapleton, _Magni rot_. scacc. _Norm_., I, cix) ; celle de

Lions-la- Forêt en 1179 et 1180 (ibid., cxij). Il fut, en 1180,

gardien des châteaux de Lions-la-Forêt et d'Arques (ibid., cxiij,

cxxiv ; cf. Eyton, p. 233, n. 4). Il mourut probablement en décembre

1184 (Eyton, p. 340). Il résulte des dates indiquées plus haut que

le tournoi auquel il prit part doit avoir eu lieu en 1180 ou dans

les premiers mois de 1181, puisque en août de cette dernière année

il était revenu en Angleterre. Il est possible que les premières des

mentions relevées dans cette note se réfèrent au père de notre

Robert d'Estouteville, le nom de Robert ayant été porté par

plusieurs membres de la même famille. Un « Robertus de Estutevilla »

figure dans les rôles des fiefs de Philippe-Auguste, parmi les

seigneurs qui ne sont pas venus relever leurs fiefs et n'ont pas

envoyé d'excuses, « qui non venerunt nec aliquid dixerunt »

(Bouquet, XXIII, 698 o).

[571] Henri II, comte d'Eu, mourut en 1183. Voy. ci-dessus, p. 15, note

4.

[572] Préaux, arr. de Rouen, cant. de Darnetal. Jean, Pierre et

Guillaume de Préaux seront encore mentionnés dans la suite du poème.

En 1188, Pierre de Préaux et ses frères combattirent avec les

Anglais contre les troupes de Philippe-Auguste (Guill. le Breton, 1.

III, vv. 220, 570 et suiv.) ; Jean, Pierre et Guillaume prirent part

à la troisième croisade parmi les chevaliers de Richard. Guillaume y

fut fait prisonnier, puis racheté à grand prix par le roi (voy. la

table de _l'Estoire de la guerre sainte_, d'Ambroise, aux noms

Guillaume, Jehan et Pierre). Jean de Préaux fut l'un des chevaliers

qui se portèrent caution pour Jean Sans-Terre de l'observation du

traité du Goulet, conclu entre ce dernier et Philippe-Auguste (mai

1200, Delisle, _Catal. des actes de Philippe-Auguste_, n° 610).

Pierre de Préaux scella de son sceau, le 1" juin 1204, la

capitulation de Rouen (Delisle, Catal., n° 828 ; Teulet, _Layettes

du Trésor_, n° 716). Jean et Guillaume de Préaux sont au nombre des

chevaliers qui, le 13 novembre 1205, déclarèrent les droits dont

jouissaient le duc et les barons de Normandie dans leurs rapports

avec le clergé sous la domination anglaise (Delisle, _Catal_., n°

961 ; Teulet, Layettes, n° 785). Roger et Engerran paraissent avoir

joué un rôle moins important. Roger est témoin à deux chartes de

Richard : Westminster, 10 novembre 1189 (Madox, _Formulare

anglicanum_, n* xcv) ; Cantorbéry, 30 novembre 1189 (Pal. vogr.

Soc., n° 195).

[573] Arr. de Dieppe, cant. de Tôles.

[574] Partisan du jeune roi en 1173 (Ben. Peterb., I, 46). — M. Delisle

me signale diverses chartes (non datées) du jeune roi, conservées

dans les archives de la Seine-Inférieure, où G. Talebot paraît comme

témoin avec Guillaume le Maréchal, Guillaume de Dive, Robert de

_Tresgoz_, Adam d'Iquebeuf, personnages qui seront nommés plus

loin ; de plus, une charte du même, conservée aux Archives

nationales (L 1603), dont les témoins sont : Thomas de Coulonces, G.

Talebot, Robert de Tresgoz, Jean de Préaux, Adam d'Iquebeuf,

Guillaume de Tinteniac et Juel « de Maene, » ce dernier nom étant le

seul qui ne figure pas dans le poème. En 1188, il est témoin à un

acte de Henri II (Eyton, p. 288, n. 3). Plus tard, sous Richard, G.

Talebot devint un personnage important. Il figure, en 1190, parmi

les garants du traité de Richard avec Tancrède (Ben. Peterb., II,

134), et c'est à lui que le même roi confie le gouvernement de

Cypre, en 1190. Un Geraldus Talebot est mentionné dans le nécrologe

du prieuré de Longueville (arr. de Dieppe) (Bouquet, XXIII, 438 c).

[575] « Willelmus de Trubevilla » est témoin, en 1195, avec Guillaume le

Maréchal, à une charte de Richard Cœur-de-Lion concernant l'abbaye

de Jumièges (Delisle, _Cartul. normand_, n° 225, note). Il figure au

nombre des feudataires du roi pour le comté de Clères, arr. de

Rouen, ch.- l. de cant. (Bouquet, XXIII, 708 c). Je ne trouve aucune

mention d'un Robert de Touberville. Peut-être faut-il corriger

Raoul. Il y eut un « Radulfus de Trubevilla » (éd. Trabevilla) qui

fit au prieuré de Longueville (arr. de Dieppe) une donation

mentionnée dans une bulle de 1178 (Cartulaire du prieuré de la

Charité-sur-Loire, p. p. R. de Lespinasse, p. 20). Un personnage du

même nom était fermier de Gavrai (arr. de Coutances) en 1203

(Stapleton, _Magni rot_. scacc., II, ocxxx). — Touberville était un

territoire comprenant les paroisses de la _Trinité_ et de Saint-Ouen

de Touberville, de Caumont et de Bourg-Achard (Eure). Voy. les

articles concernant ces localités dans les Mémoires de M. Aug. Le

Prévost pour servir à l'hist. _du dép. de l'Eure_.

[576] Témoin en 1156 à un acte de Guillaume, troisième fils de Geoffroi

d'Anjou et frère de Henri II (Stapleton, Magni rot. scacc., II,

ccxv, note), et, en 1175, à un acte du roi Henri II passé en

Angleterre (Eyton, p. 196).

[577] Arr. de Rouen, cant. de Clères. Partisan du jeune roi en 1173

(Ben. Peterb., I, 46), il paraît avoir été au nombre des familiers

du jeune roi ; le poète l'accusera plus loin d'avoir tramé une

conspiration dans l'intention de rendre le Maréchal odieux au jeune

roi.

[578] Manche, arr. de Saint-Lô, cant. de Tessi. L'orthographe

administrative de ce nom est _Troisgots_. L'auteur semble avoir

considéré Tresgoz comme un surnom, car ailleurs encore le même

personnage est appelé « Robert Tresgoz ou _Tresgot_, » sans la

préposition. Cependant il n'est pas douteux qu'il s'agit de Robert

de Tresgots (Robertus de _Tresgorcé_), qui fut au nombre des

partisans du jeune roi lors de la rébellion de 1173 (Ben. Peterb.,

I, 46), et qui paraît comme témoin en plusieurs de ses chartes

(ci-dessus, p. 59, note 3). En 1191, il est garde des maisons du roi

à Clarendon (Fac-similes of national manuscripts, I, planche XIV).

En 1195, Robert de Tresgoz est bailli de Cotentin (Stapleton, I,

clxxiv). En 1197, il est témoin au traité entre Richard et le comte

de Flandres (Rymer, _Fœdera_, 1, 30). Robert Tresgoz ou de Tresgoz

paraît, en diverses occasions, dans les actes du roi Jean (voy. les

tables des divers recueils de rôles) jusqu'en 1212. C'est

probablement vers cette époque qu'il mourut. En 1218,

Philippe-Auguste disposa de l'usufruit des terres qui lui avaient

appartenu en Normandie (Delisle, Catal, des actes de

Philippe-Auguste, n° 1856).

[579] Longchamps, Eure, cant. d'Étrépagni. Henri de Longchamps est

mentionné en 1198 dans les rôles de l'Échiquier de Normandie

(Stapleton, II, clxiij).

[580] Coulonces, Calvados, cant. de Vire, « Thomas de Culuncis » figure,

en 1173, parmi les adhérents du jeune roi (Ben. Peterb., I, 45). Une

charte sans date de Hue de Coulonces, dans laquelle Thomas de

Coulonces figure comme témoin, est analysée dans Léchaudé d'Anisy,

II, 124. Elle est passée en présence de l'évêque de Bayeux Henri

(1165-1205). — Thomas de Coulonces est encore témoin à un acte

rédigé vers 1172 en présence du roi Henri II (Delisle, _Robert de

Thorigni_, II, 306 ; pièce non mentionnée par Eyton). En 1197, Hue

de Coulonces est témoin au traité entre Richard et le comte de

Flandres (Rymer, _Fœdera_, I, 30 ; cf. Stapleton, Magni rot. scacc.,

II, 74, note). Il est au nombre des seigneurs normands qui, en 1205,

attestèrent les droits que les _rois d'Angleterre_ avaient eus en

Normandie (Teulet, Layettes, u* 785).

[581] Dives, arr. de Pont-l'Évêque, cant. de Dozulé. « Willelmus de

Diva » est, en 1173, l'un des adhérents du jeune roi (Ben. Peterb.,

I, 46). Cf. ci-dessus, p. 59, note. Il était mort en 1186 (Eyton, p.

319).

[582] Hamars, arr. de Caen, cant. d'Évreci. Ce personnage sera présenté

un peu plus loin comme l'un des familiers du jeune roi ; voy. Vv.

5176 et suiv.

[583] « Robertus Bussun » est, en 1173, l'un des partisans du jeune roi

(Ben. Peterb., I, 46). Il est témoin à l'acte de 1156 mentionné plus

haut, p. 60, note 3.

[584] Une charte de ce personnage est imprimée dans Madox (_Formulare

anglicanum_, n* coccxxvi). Il avait un frère appelé Guillaume de la

Mare, sur lequel voir plus loin, v. 7521 et la note.

[585] Probablement le « Willelmus Crassus » ou « Grassus >, nommé

sénéchal de Normandie en avril 1203 (_Rot_. Litt. _pat_., I, 33 6 ;

cf. Stapleton, _Magni rot. scacc_., II, cclxiv). Il remplissait sans

doute des fonctions avant cette époque (voy. _Rot. litt. pat_., I,

22, 28 b), mais j'ignore lesquelles.

[586] Saint-Hélène-Boudeville, arr. d'Yvetot, cant. de Valmont, ou

Boudeville, même arr., cant. de Doudeville.

[587] Quoique le texte porte Alixandre d'Arsic, » ce personnage doit

certainement être identifié avec le chevalier appelé dans le poème

d'Ambroise sur la troisième croisade _Alixandre Arsis_, au cas sujet

(v. 10485). Il mourut en 1201 (Rotuli de liberate, p. 24). Un

_Robertus Arsic_, très vraisemblablement de la même famille, vivait

sous Jean Sans-Terre (_Rot_. Litt. pat., 1, 189 b).

[588] Fougeré, cant. et arr. de Baugé. « Harduinus de Fugerai » est, en

1173, l'un des partisans du jeune roi (Ben. Peterb., I, 46).

[589] « Gaufridus de Brullon » est, en 1173, l'un des partisans du jeune

roi (Ben. Peterb., I, 46). Il fut blessé à l'affaire du Mans (voy.

plus loin, vv. 8388, 8424). Quant au lieu d'où il tirait son nom,

c'est probablement Brûlon, château et ferme de la commune de

Saint-Laurent-des-Mortiers, Mayenne, cant. de Bierné, arr. de

Château-Gontier. Le _Dictionnaire topographique de la Mayenne_ de M.

L. Maître ne donne pour cette localité aucune forme ancienne, mais

M. André Joubert signale un _Gervasius de Bruslonio_, vers 1160,

dans le cartulaire de l'abbaye de Ronceray d'Angers, (_Recherches_

et de nombreux épigraphiques ; membres le Mausolée de la même de

famille Catherine du xiv* de Chivré ; au xvi* ï siècle Enfeu des

Gaultier de Brullon. Laval, 1883). Il y a deux éditions, toutes deux

de 1833, de cette brochure, qui est extraite des _Procès-verbaux et_

documents de la commission histor. et archéol. de la Mayenne, t. II

(1880-81) ; voy. p. 20 de la première et p. 28 de la seconde.

[590] Faut-il l'identifier avec un Rodbertus de Ble, partisan du jeune

roi en 1173 (Ben. Peterb., 1,45) ?

[591] Tinteniac, ch. -l. de cant. de l'arr. de Saint-Malo. « Willelmus

de Tintiniac » est, en 1173, l'un des partisans du jeune roi (Ben.

Peterb., I, 46).

[592] « Gaufridus filius Hamonis » figure à côté du précédent sur la

liste des partisans du jeune roi en 1173.

[593] Traduit d'après la correction fort hypothétique proposée au v.

4765.

[594] Les seuls comtes qui aient été nommés jusqu'ici comme ayant pris

part au tournoi sont les comtes de Flandres (v. 4465), de Dreux

(4489) et de Soissons (4535). Il est évident toutefois que l'auteur

a en vue le plus jeune fils de Henri II, Geoffroi, duc de Bretagne,

qui n'a pas encore été annoncé, mais qui sera nommé plus loin (vv.

4841, 4919).

[595] Le récit est confus et en une certaine mesure contradictoire. Pour

que le roi, qui avait donné l'ordre de charger, se soit trouvé seul

en arrière, il faut qu'il ait été bien mauvais cavalier. Puis le

comte de Bretagne, qui, d'après le v. 4823, se réserve, au moment de

la charge, est représenté plus loin (v. 4841) comme se trouvant bien

en avant du jeune roi.

[596] Il devait être prisonnier sur parole.

[597] Parmi les témoins d'actes de Philippe de Flandres, datés de 1176

et 1189, on voit figurer Hellinus de Wavrin, Dapifer (A. Du Chesne,

_Hisl_. générale de la maison de Béthune, Preuves, pp. 40, 49). Dans

d'autres actes (<Wd., pp. 42, 43), _Hellinus Dapifer_, sans surnom.

Il mourut de la peste au siège de Saint-Jean-d'Acre.

[598] C'est le second tenu en ce lieu. Voy. p. 50.

[599] C'est du moins ce qui semble résulter du contexte. Il y a une

lacune entre les vers 4955 et 4956.

[600] Voir ci-dessus, p. 59.

[601] Guillaume Mauvesin appartenait probablement à une famille de

l'Île-de-France qui possédait des fiefs dans le pays de Mantes et

dans le Vexin français. Un Guillaume de Mauvesin exempta, en 1171,

l'abbaye de Fécamp du droit de péage sur le vin à Mantes (Moutié,

_Chevreuse_, dans les Mémoires et documents p. p. la Soc. arch. de

Rambouillet, III (1876), 235). — Un « " Guillelmus Malus vicinus »

figure dans les rôles des fiefs de Philippe-Auguste, parmi les

chevaliers de la seigneurie de Manies (Bouquet, XXIII, 688 m).

[602] Cf. plus haut, p. 29, et plus loin, p. 69. D'après Robert de

Torigni (année 1182-1183, éd. Delisle, II, 120), le jeune roi

recevait annuellement de son père 15,000 livres d'Angers et

davantage, en valeur intrinsèque environ 354,000 fr. et en valeur

relative entre deux et trois millions (cf. Delisle, _Bibl. de l'Éc.

des ch_., 2e série, t. V, p. 288). « Sed hoc parum erat ad explendam

latitudinem cordis ejus, » ajoute le chroniqueur.

[603] Voy. p. 61, note 1.

[604] Voy. p. 61, note 2.

[605] Il est possible qu'ils soient en effet nommés plus loin, mais rien

ne les désigne spécialement à notre attention.

[606] Norreis, Norrois est un surnom fréquent dans les documents anglais

du moyen âge. Il désigne originairement un homme du nord de

l'Angleterre. Un t Henricus le Norreis, » qu'il serait téméraire

d'identifier avec celui-ci, figure en divers actes du commencement

du xiir siècle ; voy. _Romania_, XI, 40.

[607] Dans les tournois.

[608] Le fils aîné de Henri II avait épousé en 1160, étant âgé de cinq

ans, Marguerite, fille de Louis VII, née en 1157. Aucun historien ne

fait allusion à l'accusation calomnieuse dont il est ici question.

Au commencement de l'année 1183, le jeune roi envoya sa femme à

Philippe-Auguste, et, depuis lors, il ne la revit plus, étant mort

le 11 juin de cette année, mais les chroniqueurs n'assignent aucune

cause à l'éloignement de la reine.

[609] La Suzanne de la Bible a été considérée au moyen âge comme une

sainte. Les chapitres xm à xiv du livre de Daniel ont été traduits

en prose française, sous le titre de « Vie de sainte Suzanne » ;

voy. _Bull_, _de la Soc. des anc. textes français_, 1885, p. 65.

[610] Math., II, 12.

[611] Voy. ci-dessus, p. 36.

[612] En 1182 ; on verra un peu plus loin que cette année même, à Noël,

le roi tint cour à Caen, événement dont la date est connue.

[613] Le roi Henri II.

[614] On sait que le roi Henri II passa les derniers mois de l'année

1182 en Normandie (Eyton, p. 248), mais on n'a aucun renseignement

sur ses séjours.

[615] En 1182 (1183 chez Ben. Peterb., I, 291, qui commence l'année à

Noël ; cf. Eyton, p. 249). Gautier Map (De nugis curialium, p. 232)

donne sur la splendeur de cette fête des renseignements qui

concordent en général avec ceux du poème. Il conte même une

réclamation faite avec éclat, au moment du banquet, par le grand

chambrier Guillaume de Tancarville (ci-dessus, p. 13, n. 5). Mais

nulle part il n'est question de la scène que le poète va nous conter

en détail.

[616] Saint-Mathieu, comm. de Plougouvelin, à la pointe du Finistère ;

en latin du moyen âge, S. Matheus de finibus terre (Ben. Peterb.,

II, 116). Au milieu du xve siècle, Gilles le Bouvier, déterminant

l'étendue du royaume de France, prend ce même lieu comme point de

départ : « Cedit royaulme… a de large. xvi. journées, c'est

assavoir, depuis Saint-Mahieu de Fine-Poterne en Bretaigne jusques a

Lyon sur le Rosne. » Cité par M. A. Longnon, les Limites de la

France et l'étendue de la domination _anglaise à l'époque de la

mission de Jeanne d'Arc_, dans la _Revue des Questions historiques_,

t. XVIII (1875), p. 445 ; tirage à part, p. 2.

[617] Restitution conjecturale ; voy. la note du v. 5708.

[618] Je conserve le terme de l'original. C'est un mot qui n'a plus de

correspondant en français actuel : « protestation, défense, » ou

tout autre équivalent, ne rendrait pas pleinement l'idée.

[619] La loi du pays, expression qui paraît propre au droit

anglo-normand. Voir _lei de terre_, au vocabulaire.

[620] Mot à mot, si ma conjecture est fondée (v. 5834), « qu'il ne

parlait point galois ni langage inintelligible. »

[621] Robert V, avoué d'Arras, appelé advocatus de Bethunia par

Guillaume de Tyr (liv. XXI, ch. xv et xvii, p. 1029 et 1033 de

l'édition publiée par l'Académie des inscriptions et

belles-lettres) ; sa souscription dans les chartes est ainsi

conçue : « S. Roberti advocati Bethuniensis. » Son histoire est

contée en grand détail par A. du Chesne, Hist. généal. de la maison

de Béthune (Paris, 1639, in-fol.), p. 121 et suiv. Il mourut à

Sutri, en Italie, alors qu'il se rendait à la croisade. La chronique

dite de l'anonyme de Béthune énumère ses cinq fils (Histoire

littéraire de la France, XXXII, 222), dont le troisième était, comme

on l'a dit plus haut (p. 53, n. 3), Baudouin de Béthune, plus tard

comte d'Aumale, en présence de qui a lieu la conversation ici

rapportée. Le cinquième fut le trouvère Cuene ou Conon de Béthune.

Il eut aussi deux filles : Clémence de Béthune, qui épousa Baudouin,

châtelain de Bourbourg, et Mahaut de Béthune, deux fois mariée. On

verra plus loin (p. 75, v. 6268) que Robert de Béthune offrit l'une

d'elles au Maréchal.

[622] C'est le troisième tournoi à cette place ; voy. pp. 36 et 68.

[623] Hugues IV de Saint-Pol, 1174-1205, Art de vér. les dates, II,

774-5.

[624] Voy. p.51, n.3.

[625] Il est singulier que la même idée est exprimée, et précisément

dans les mêmes termes, dans le récit du deuxième tournoi de Gournai

(v. 5540).

[626] Les _començailles_ (v. 6057) ; voy. le vocabulaire.

[627] Locution fréquemment employée en pareille circonstance dans les

poèmes du moyen âge.

[628] Voy. page suivante, n. 1.

[629] Bien que le poète affirme que le Maréchal refusa toutes les offres

qui lui furent faites (vv. 6171-73), il est certain cependant qu'il

posséda des biens en Flandre jusqu'en 1200, époque où il les

échangea avec Baudouin, comte de Guines, pour des terres situées en

Angleterre. L'acte du roi Jean, qui confirme cet échange, est daté

du 20 avril 1200 (_Rot. chart_., I, 46 a).

[630] Le poète n'est point d'accord avec lui-même, à moins qu'il y ait

quelque faute de texte ; voy. page précédente et la note des v.

6164-5.

[631] Le dissentiment entre le jeune roi et Richard se manifesta d'abord

à la cour de Caen, décrite plus haut. Richard avait commencé par

refuser de faire hommage à son frère aîné ; et, lorsqu'il s'y était

décidé, sur l'insis

[632] Cf. Ben. Peterb., I, 293 : « Dominus vero rex pater eorum per

aliquantum temporis spatium permisit eos inter se dimicare. »

[633] Le jeune roi se rendit en effet en Poitou et à Limoges, mais

Geoffroi alla en Bretagne, où il rassembla des troupes, notamment

des Brabançons (Ben. Peterb., I, 292-3). Du reste, le poète se

rectifiera quelques vers plus loin.

[634] Henri II arriva devant Limoges en février 1183 avec peu de monde :

« cum paucis admodum Lemovicas venit » (Gaufr. Vos., Bouquet, XVIII,

213 d). Mais, bientôt après, vers le 1" mars, il réunit une armée

suffisante pour assiéger la ville (ibid., 215 d). Toutefois il n'y

séjourna pas, car le 8 mars il était à Poitiers. C'est seulement le

17 avril qu'on le retrouve devant Limoges (Eyton, p. 250).

[635] Il ne s'était donc pas rendu à Limoges avec le jeune roi. D'après

Jaufré du Vigeois, il arriva à Limoges peu après le 25 mars 1183

(Bouquet, XVIII, 213 o).

[636] « Ses bachilers » (v. 6391), sans doute les jeunes chevaliers à sa

solde qui avaient couru les tournois avec lui.

[637] Le roi Henri II et les siens. J. du Vigeois dit en effet que le

père était dans la ville et le fils dans le château (Bouquet, XVIII,

215 db).

[638] Geoffroi de Lusignan, déjà mentionné plus haut, p. 25.

[639] Voy. ci-dessus, p. 26, note.

[640] On a vu plus haut (p. 65) qu'ils étaient cinq, dont deux ont été

nommés. Nous ne savons pas qui était alors sénéchal du jeune roi.

Parmi les témoins d'un acte de ce prince confirmant les privilèges

et possessions de Christ Church, Cantorbery, figure un « Petrus

filius Guidonis, dapifer ; » mais cet acte (Musée brit., Cott.

charters, VI, 1) paraît être de 1175, et on n'a aucune raison de

croire que le même personnage ait encore été en fonctions huit ans

plus tard. Il paraît comme témoin dans un acte de 1181 (Eyton, p.

243), mais sans qualification.

[641] Il faut se rappeler que le roi d'Angleterre ne voyait pas d'un bon

œil la présence du Maréchal auprès de son fils (cf. p. 69).

[642] Le poète perd de vue l'histoire de la lutte entre le jeune roi et

son père, lutte sur laquelle, du reste, il paraît avoir eu peu

d'informations.

[643] Le poète ne paraît pas avoir su que la femme du jeune roi,

injustement accusée, on l'a vu plus haut, d'une intrigue avec le

Maréchal, se trouvait justement à cette époque auprès du roi de

France son frère (voy. ci-dessus, p. 67, note). S'il l'avait su, il

aurait sans doute prêté à Philippe-Auguste des paroles moins

banales.

[644] Ce Raoul fut ensuite chambellan de Richard Ier, et c'est en cette

qualité qu'il est mentionné par les historiens. Richard lui confia

la garde de l'empereur Isaac Comnène, en 1191, et il mourut à

Tripoli la même année (Ben. Peterb., II, 167, 173).

[645] Guillaume aux Blanches-Mains, archevêque de Reims depuis 1176,

cardinal depuis 1179, mort en 1202. Il était frère de Thibaud, comte

de Blois, qui va être nommé, et d'Adèle de Champagne, mère de

Philippe-Auguste, par conséquent oncle de ce dernier. Il fut chargé

à deux reprises du gouvernement des états du roi, d'abord en 1185,

avec son frère Thibaut de Blois, puis, avec sa mère la reine Adèle,

pendant la croisade (1190-91).

[646] Bertrimont, arr. de Dieppe, cant. de Tôles. Cet Eustache paraît

être resté attaché à la maison du Maréchal, après avoir cessé d'être

son écuyer. Il figure, avec Jean d'Erlée, qui paraît l'avoir

remplacé comme écuyer, parmi les témoins de l'acte par lequel G. le

Maréchal fonda, vers 1212, le monastère de Dowiskyr, dans le comté

de Killkenny ; voy. Gilbert, _Facsimiles of_ national manuscripis of

_Ireland_, II, pl. lxix.

[647] Thibaut V, comte de Blois, mort à la croisade, en 1191.

[648] Voy. ci-dessus, p. 55, note 5.

[649] Robert, comte de Dreux ; voy. ci-dessus, p. 52, note 2.

[650] Le jeune roi n'était plus à Limoges ; il devait être à Uzerche ou

déjà à Martel, où il devait mourir. Voir, pour les derniers actes de

sa vie, Miss K. Norgate, England under the _Angevin Kings_, II,

226-8.

[651] Mot à mot « tomba dans la condition d'orpheline. » Plus haut,

Largesse est présentée comme l'épouse du jeune roi.

[652] « Sabbati bora secunda ungitur ; iterum peccata confitens,

propalam viaticum percepit ; humero suo crucem imponi petiit, quam

in chlamyde sua carissimus ejus Guillelmus Mareschaux ad sepulchrum

Domini, vice ipsius, delaturum se spopondit » (Jaufré du Vigeois,

dans Bouquet, XVIII, 217 o).

[653] Voy. Rob. de Torigni, éd. Delisle, II, 121, et la note 1.

[654] Lot, ch.-l. de cant. de l'arr. de Gourdon. — Le jeune roi mourut

le 11 juin 1183 ; voy. Rob. de Torigni, éd. Delisle, II, 120 ; Ben.

Peterb., I, 301. Sur la mort de ce prince, voy. surtout Giraud de

Barri, De principis instructions, II, viii (Bouquet, XVIII, 130 D ;

Opera, VIII, 172-3). Le même historien rapporte encore (III, zxvm ;

Opera, VIII, 307) que le jeune roi mourut, comme plus tard son père

et son frère Geoffroi, d'une fièvre aiguë (febre acuta). Il y a peu

à tirer du Sermo de morte et sepultura _Henrici_ regis junioris de

Thomas Agnel, archidiacre de Wells, qui est publié à la suite du

_Chronicon anglicanum_ de Raoul de Coggeshall, éd. Stevenson (coll.

du Maître des rôles), p. 265-72.

[655] C'est un proverbe ; voy. Le Roux de Lincy, _Livre des prov_., II,

474.

[656] Le château de Martel, d'où le corps, l'auteur vient de le dire,

fut porté au père. Celui-ci se trouvait encore à Limoges au moment

de la mort du jeune roi.

[657] Probablement le « Sanctus de Salvaniaco » que mentionne le prieur

du Vigeois (Bouquet, XVIII, 214 b).

[658] Au sens d'homme non marié.

[659] Il y a deux Pressigni dans Indre-et-Loire et un dans les Deux-

Sèvres. Ce Joubert est témoin à un acte de Richard, comte de

Poitiers, qui paraît être de 1175 (Teulet, _Layettes du Trésor des

chartes_, n° 280), et à un acte de Henri II que Teulet (_Layettes du

Trésor des chartes_, n° 356) date à tout hasard de 1189, et qui doit

être des environs de Pâques 1181, époque où Henri II était à Chinon

(Eyton, p. 239).

[660] Saint-Julien. Cette tentative à l'effet d'accaparer le corps du

jeune roi est mentionnée par les historiens ; voy. Rob. de Tor., éd.

Delisle, II, 121 ; le Chron. Rothomag. (Labbe, Bibl., 1, 369 ;

Bouquet, XVIII, 357 db) ; Ben. Peterb., I, 303.

[661] Il y eut des menaces de violence et le roi dut intervenir pour

faire respecter la volonté de son fils ; voy. Rob. de Tor. et Ben.

Peterb.

[662] Le 22 juillet _(Chron_. Rothomag., I. (.).

[663] Par « les nôtres, » l'auteur entend les Normands et les Anglais.

[664] Voy. p. 80, note.

[665] L'usage de faire aux croisés des libéralités est attesté par de

nombreux textes. Dans le roman d'Amadas et Ydoine, par exemple, on

voit un croisé s'approcher d'Amadas, qui vient de prendre un cheval

dans un tournoi, et le lui demander (éd. Hippeau, p. 150-151).

[666] On a vu plus haut (p. 8) qu'il avait deux sœurs.

[667] Probablement l'époux d'une de ses sœurs, un Normand établi en

Angleterre qui appartenait vraisemblablement à la famille du

Guillaume de Ponl-de-l'_Arche_ dont il est question dans les Gesta

Slephani, éd. Howlett, pp. 7, 97. Une charte de Henri II, en faveur

du prieuré de Plympton (Devonshire), fut passée en 1184) ? (à la

requête de Robert de Pont-de-l'Arche (Eyton, p. 259).

[668] Lyons-la-Forêt, ch.-l. de cant. de l'arr. des Andelys. On n'a pas

d'autre témoignage sur la présence du roi d'Angleterre à Lyons vers

cette époque. Le dernier séjour du roi en ce lieu est placé par M.

Eyton (p. 253) aux environs d'octobre 1184 ; mais cette attribution

est conjecturale, la charte que le roi donna en ce lieu étant, comme

du reste tous les actes du même roi, dépourvue de date.

[669] Le retour de Guillaume le Maréchal est donc postérieur à

l'avènement de Gui de Lusignan, qui fut couronné à la mi-septembre

1186. Ce prince fut fait prisonnier à la bataille de Tibériade, le 4

juillet 1187, et ne fut délivré que le 28 septembre suivant. On

verra un peu plus loin quel e Maréchal était déjà revenu quand on

apprit ce désastre. Son départ de Terre sainte dut par conséquent

avoir lieu à la fin de l'année 1186 ou au commencement de 1187. Nous

pouvons même préciser davantage. En effet, d'après l'itinéraire

dressé par M. Eyton, le roi Henri aurait séjourné en Angleterre du

10 juin 1184 au 16 avril 1185, puis du 27 avril 1186 au 27 février

1187. Il était à Aumale au commencement de mars 1187. Si donc c'est

bien en Normandie, à Lyons-la-Forêt, que le Maréchal le trouva,

comme li est dit plus loin, cette rencontre doit avoir eu lieu aux

environs de cette date.

[670] Lacune ? Voir la note du v. 7274.

[671] L'auteur n'en a même rien dit du tout, ce qui donne à croire

qu'une partie du récit a été omise par le copiste.

[672] Helwis, fille de Guillaume de Lancastre, baron de Kendal, sénéchal

de Henri II, mort, sans héritier mâle, en 1184 (Monasticon

anglicanum, nouv. éd., V I, 909 ; cf. Dugdale, _The baronage of

England_, I, 421).

[673] Elle fut prise à la bataille de Tibériade du 4 juillet 1187. La

nouvelle de ce désastre parvint en Occident vers le 1" novembre,

selon Giraud de Barri, _De principis instructione_, III, v (Bouquet,

XVIII, 144 c ; G. Cambr. opera, VIII, 239).

[674] Je traduis littéralement, sans hasarder aucune conjecture sur les

rapports du Maréchal et de cette demoiselle, qui plus tard (voy. v.

9380) fut donnée à un autre, le Maréchal recevant en échange la

demoiselle de Striguil, qu'il épousa et qui lui apporta un fief très

considérable.

[675] Henri II et Philippe-Auguste. L'entrevue eut lieu entre Gisors et

Trie, du 13 au 21 janvier 1188 ; Ben. Peterb., II, 30 ; Raoul de

Dicet, éd. Stubbs, II, 51 ; cf. Eyton, p. 283.

[676] Le 30 janvier 1188 (Eyton, p. 284). Il dut emmener avec lui le

Maréchal, car celui-ci est témoin à deux actes royaux passés en

Angleterre, l'un à Geddington (Northampton), en février 1188 (Eyton,

p. 285), l'autre en Wiltshire, pendant le printemps ou l'été de 1188

(Eyton, p. 288).

[677] Le 16 juin 1188, selon Raoul de Dicet (éd. Stubbs, II, 55) ; cf.

Ben. Peterb., II, 39.

[678] Henri débarqua à Barfleur le 11 juillet 1188 (Eyton, p. 289).

[679] Raoul de Dicet (Stubbs, II, 55) place cette entrevue au 16 août ;

cf. Eyton, p. 289.

[680] C'est toujours l'argument qui est mis en avant en pareil cas dans

les romans où les propositions de ce genre sont plus fréquentes que

dans l'histoire réelle. Ainsi dans _Éracle_ (éd. Lœseth, vv.

5593-5594) : Mieuz est qu'uns seus voist a martire Que tante gent i

muire a dueil.

[681] Guillaume de Garlande devait en effet accompagner le roi. Un peu

plus tard, dans la même année, nous savons qu'il avait la garde de

Mantes (G. Le Breton, _Philippide_, III, 245). Il accompagna

Philippe-Auguste en Terre sainte (Ambroise, L'_Estoire de la guerre

sainte_, vv. 453, 6183). De nombreux renseignements sur ce

personnage ont été groupés par M. Longnon, _Livre des vassaux_, p.

278. t. Mello, Oise, cant. de Creil. C'est le « Melloticus heros »

de la _Philippide_ (III, 451). Il fut connétable de 1193 à 1218

(Delisle, _Cat. des actes_ de Philippe-Auguste, p. lxxxv).

[682] Qui s'étaient vantés de leurs exploits futurs, en cas de guerre.

[683] Soit à cause de leur langage, soit à cause de leurs manières un

peu primitives :… Galois sont tult par nature, | Plus fol que bestes

en pasture, dit un chevalier dans le _Perceval_ de Chrétien de

Troyes. — Dès le commencement de l'année 1187, Henri II avait loué

des mercenaires gallois ; voy. Eyton, p. 278.

[684] Chaumont-en-Vexin, Oise, à quelques kilomètres est de Gisors.

[685] L'Epte.

[686] C'est-à-dire de faire la guerre à l'autre.

[687] Voy. ci-dessus, p. 31, note 3.

[688] Ci-dessus, p. 52, note 2.

[689] On verra plus loin (v. 7600) qu'il est récusé comme trop âgé. En

1170, il est témoin à un acte royal (Eyton, p. 136). Il était dès

lors she rif des comtes de Nottingham et Derby (ibid., p. 337). En

1174, 1175, 1176, il exerça les fonctions de juge errant (ibid., p.

185, 193, 194, note ; Ben. Peterb., I, 107). En 1178, il est nommé

sénéchal de Normandie (Eyton, p. 222). Il occupait encore cette

charge à l'époque de sa mort, en 1200 (Stapleton, _Magni Rot.

Scacc_. Normannix, II, ccziz). Il eut maille à partir avec

Philippe-Auguste en 1191 ; voy. Ben. Peterb., II, 236. Il est

superflu de citer tous les actes de Richard où il figure ; on peut

voir Teulet, _Layettes du Trésor des chartes_, n° 361, 369, 500.

[690] Peut-être celui qui fut en 1180 et années suivantes bailli d'Auge

(Stapleton, Magni _Rot. Scacc_, I, oxxvn), en 1184 châtelain

d'Alençon et de la _Roche_-Mabile (ibid., cxxxvi), en 1195 bailli de

Pont-Audemer (ibid., cliij). Il est témoin, avec Richard de

Villequier qui suit, à un acte de Richard Ier qui doit appartenir à

la fin de l'année 1189 ou au commencement de l'année suivante

(publié par Teulet, _Layettes du Trésor_ des chartes, n- 361). — Je

ne sais s'il faut l'identifier avec le Guillaume de la Mare qui,

entre 1171 et 1183, fit une donation à l'abbaye de Bruerne (comté

d'Oxford), Round, _Ancient charters_, n° 45 (_Pipe Roll Soc_., X),

Madox, Formulare anglicanum, n* cccclx, et qui était, comme on le

voit par cet acte, frère de Robert de la Mare mentionné au v. 4707.

[691] Villequier, Seine-Inférieure, canton de Caudebec. Richard de

Villequier, « qui rechante (ou rechane ?) entor l'eschequier » (v.

7526), est probablement l'individu de ce nom qui est mentionné comme

collecteur d'une taille à Falaise, en 1 183, dans les grands rôles

de l'échiquier de Normandie (Stapleton, I, clxxij). Il est encore

mentionné dans les mêmes rôles en 1203 (ibid., x x xvij). Voir la

note précédente et celle qui suit.

[692] Argences, Calvados, canton de Troarn. Ce Richard est encore un

fonctionnaire de l'ordre financier ; voy. les index de Stapleton. Il

est mentionné, avec Richard de Villequier, dans un acte passé à

Rouen en 1205 (Teulet, Layettes, n° 785, p. 297 b). — Les noms de

ces quatre personnages sont accompagnés dans le poème de

qualifications plus ou moins facétieuses qui montrent que la

proposition n'était pas faite sérieusement.

[693] Nous savons par Giraud de Barri que le roi Henri et son fils

Richard avaient la mauvaise habitude de jurer « per oculos » ou

« per gorgiam Dei ; » voy. Giraldi Cambrensis opera (collection du

Maître des rôles), II, 161 ; IV, 39, 222. Giraud fait remarquer

ailleurs (Opera, VIII, 318-319) qu'au contraire les rois de France

s'abstenaient de tels serments.

[694] Cette proposition singulière montre que l'auteur du poème, sinon

celui de la proposition, avait lu les chansons de geste, où on voit

en eflet les parents d'un combattant en péril se précipiter dans le

champ pour le secourir. Voir par exemple _Aie d'Avignon_, p. 20.

[695] Voir ci-dessus, p. 17.

[696] Le texte porte (v. 7615) _Seeneis_, en rime avec _Rovreis_. Mais

comme _Rovreis_ est sûrement pour Rovrei, actuellement Rouvrai, il

est nécessaire que la rime correspondante offre la même finale,

latin _-etum_. Les noms de lieux formés avec ce suffixe ne sont pas

très nombreux, et _Freesnei_ est celui qui se rapproche le plus de

la leçon du texte. La forme ancienne est plutôt _Fresnei_, cependant

_Freesnei_ se rencontre plus loin (vv. 8790 et 8887). Un Jean de

Fresnai est mentionné au temps du roi Jean par Stapleton, _Magni

Rot. Scacc. Norm_., II, Lira et cxxiv.

[697] Rouvrai, Seine-Inférieure, arr. de Neufcbâtel. Cet Osbert de

Rouvrai est probablement celui à qui, en 1204, Guillaume le Maréchal

remit les châteaux de Longueville et de Meulers (Seine-Inférieure),

pour être rendus plus tard au roi de France (Delisle, _Cat. des

actes de Philippe-_ Auguste, n° 818 ; Teulet, _Layettes du Trésor

des chartes_, n° 715 ; et. Stapleton, _Magni Rot. Scacc. Norm_., II,

cxxxviii).

[698] Il y a dans le texte : « ParlebouqueDeu », forme qui n'est pas

habituelle dans le ms. du poème _(boche_, v. 6855) et qui doit être

considérée comme une imitation du langage picard que parlait le

comte de Flandres.

[699] J'interprète d'après le sens général, car le texte est ici peu

sûr ; voy. les notes des vers 7724 et 7726.

[700] Raoul de Dicet ne parle point de ce message. Il se borne à dire

que les deux rois eurent, à partir du 16 août, une entrevue qui dura

trois jours et n'amena aucun résultat, puis il passe immédiatement à

l'histoire de l'orme coupé, que le poète va nous raconter (éd.

Stubbs, II, 55). Les historiens français, Rigord et Guillaume Le

Breton, ne savent rien non plus de cette ambassade. Dans Ben.

Peterb. (il, 45), à la vérité, on voit Henri II envoyer à Philippe

des messagers au nombre desquels figure Guillaume le Maréchal, mais

les circonstances sont tout autres que dans le poème : le Maréchal

accompagne non pas le comte de Mandeville, mais l'archevêque de

Rouen et l'évêque d'Évreux ; puis l'ambassade a pour objet de

demander au roi de France la réparation des torts par lui causés ;

enfin elle a lieu avant l'entrevue de Gisors.

[701] Ben. Peterb. (II, 46) place, après l'ambassade dont il a été parlé

dans la note précédente, un combat, près de Mantes, où Guillaume des

Barres aurait été pris par Richard et, quoique prisonnier sur

parole, se serait échappé. Ce récit prend place avant l'entrevue de

Gisors. Guillaume Le Breton nous montre G. des Barres combattant

contre Richard (Philippide, III, 431, 487) après l'entrevue de

Gisors, après même la destruction de l'orme, dont notre auteur n'a

pas encore parlé.

[702] Cet exploit des Français a été noté par la plupart des historiens,

mais c'est Guillaume Le Breton qui le raconte avec le plus de détail

en cherchant à le motiver (_Philippide_, III, 102 et suiv.). Cet

arbre magnifique abritait les Anglais, qui, bien à l'ombre, se

moquaient des Français qui grillaient au soleil. En outre, le roi

d'Angleterre avait fait cercler de fer le tronc de cet arbre, et, en

manière de défi, il y avait fait mettre une inscription dont le sens

était que, de même que cet arbre ne pouvait être abattu, ainsi il

serait impossible aux Français de rien gagner sur les Anglais. On

conçoit l'irritation des Français. — On n'a pas encore remarqué que

le récit de la destruction de l'orme de Gisors et du combat qui eut

lieu ensuite a été raconté, selon toute apparence d'après la

_Philippide_, par le Ménestrel de Reims, qui, entre les nombreuses

libertés qu'il s'est permises, a pris celle de placer toute cette

histoire au temps où Richard était roi, après son retour de

captivité ; voy. éd. de la Société de l'Hist de France, § 97 et

suiv.

[703] Dans la _Philippide_, c'est Richard qui conseille à son père de

dévaster la terre du roi de France. Mais il n'est pas question de

licencier en apparence les troupes pour les réunir un peu plus tard

sur un autre point. La chevauchée a lieu le lendemain même du départ

de Philippe. Cependant, c'est bien de la même entreprise qu'il

s'agit de part et d'autre, car, dans les deux récits, on part de

Paci-sur-Eure (_Philippide_, III, 193) et on se dirige vers Mantes.

Notons, comme confirmation de notre poème (v. 7780-7781), que, selon

la chronique en prose de Guillaume Le Breton (éd. Delaborde, § 45),

Philippe-Auguste avait déjà licencié en partie son armée.

[704] Paci-sur-Eure, ch.-l. de cant. de l'arr. d'Évreux.

[705] Voir l'énumération des lieux incendiés dans la Philippide, III,

199 et suiv.

[706] Il n'y a jamais de morts dans ces rencontres.

[707] _Brechierval_, v. 7836 ; _Brehierval_, Philippe Mousket, v. 18081.

Bre val, arr. de Mantes, cant. de Bonnières.

[708] Arr. d'Évreux, cant. de Saint-André. Le séjour du roi Henri en ce

lieu est fixé par Ben. Peterb. (II, 46) au mercredi 31 août (cf.

Eyton, p. 289). Cet auteur ajoute, en accord avec notre poème :

« Comes Ricardus profectus est in Berriam, promittens regi patri suo

quod bene et fideliter ei servirez » Mais une divergence se

manifeste aussitôt après, car c'est quelque temps après que Ben.

Peterb. (II, 47), place l'entrevue de Gisors et la destruction de

l'orme. En quoi cet historien est certainement dans l'erreur, car

l'entrevue de Gisors est du 16 août, par conséquent antérieure au

séjour à Ivri ; voy. ci-dessus, p. 91, n. 2, et cf. Miss Norgate,

II, 253, n. 2.

[709] Jusqu'ici on ne connaissait pas de séjour du roi Henri à Chinon

entre Pâques 1181 et la fin de juin 1189.

[710] Probablement Etienne de Marçai, sénéchal d'Anjou, dont il sera

question plus loin ; voy. page suivante.

[711] Sarthe, arr. de Mamers. Il n'est question nulle part, à ma

connaissance, de cette expédition contre Montmirail, qui d'ailleurs

ne paraît pas avoir eu de résultat.

[712] Second fils de Gautier de Clifford (Herefordshire), et frère de la

belle Rosemonde, la favorite de Henri 11 (Dugdale, _Baronage of

England_, I, 335).

[713] C'est la première fois que nous voyons paraître dans le poème ce

personnage, qui était alors l'écuyer du Maréchal et qui le suivit

partout et fournit la plupart des informations d'après lesquelles le

poème a été rédigé ; voy. l'introduction.

[714] C'était un pont en dos d'âne.

[715] Le pont, comme la plupart des anciens ponts, n'avait pas de

parapets.

[716] Le même qui est appelé _Stephanus Turonensis_ ou _de Turonibus_

par Ben. Peterb. (II, 9, 67, 71), identifié à tort par M. Stubbs

(II, 71) avec le chevalier anglais Etienne de Turnham, erreur qu'a

relevée M. Eyton (p. 297, n. 2) ; _Stephanus de Marzai_ dans Richard

de Devizes. Il tirait son surnom de Marçai, cant. de Richelieu, arr.

de Chinon. C'est ce qu'a établi M. Marchegay, faisant remarquer

qu'Etienne avait un frère appelé Reinaut de Vou ; or, Vou, dans

l'arr. de Loches, n'est pas fort éloigné de Marçai (Bibl. de fie.

de » ch., X X X V I, 439). Etienne de Marçai est le fondateur de

l'hôpital Saint-Jean d'Angers (C. Port, _Invent, des arch_. anc. de

L'hôpital Saint-Jean, 1870, in-4*, p. iv, et le même, Dict. de

_Maine-et-Loire_, Marçay [Etienne dbJ). C'est lui qui avait la garde

du trésor de Henri II, à Chinon, que Richard enleva de vive force en

1187 (Ben. Peterb., II, 9, où l'édition porte : « Stephano

_Tirconensi_, au lieu de Turonensi »). On verra plus loin (note sur

le v. 9204) que Richard, à son avènement, le traita comme un voleur.

Étienne ne tarda pas cependant à rentrer en faveur, car il

accompagna le roi en Palestine. Il mourut, selon toute apparence, au

commencement de l'an 1200 (G. Dubois, _Bibl. de l'Éc_. _des ch_.,

XXXII, 100, n. 3, où le surnom est écrit à tort _Marthay_). Il est

remarquable que le poète parle généralement de lui avec défaveur.

[717] Qui était sans doute couvert d'une housse.

[718] Le poème peut servir ici à compléter l'itinéraire dressé par M.

Eyton. On savait seulement que le roi Henri était à Saumur le 25

décembre 1188, et que sa présence était constatée au Mans pendant

les premiers jours de février et à la fin de mars 1189 (Eyton, p.

293-4).

[719] Moulins-la-Marche et Soligni-la-Trappe, Orne, arr. de Mortagne.

Plus loin (v. 8118), le poète fixe le lieu de l'entrevue à

Bonmoulins, tout près de ces deux localités. Cette conférence est

rapportée par les chroniqueurs latins (Ben. Peterb., II, 50 ; R. de

Dicet, II, 57), non pas comme ici à l'octave de Pâques (18 avril

1189), mais au vendredi 18 novembre 1188 (Eyton, p. 292). Ces mêmes

historiens disent qu'à cette conférence la trêve fut prorogée

jusqu'à la Saint-Hilaire (13 janvier 1189). C'est la trêve dont il

est question dans le poème quelques vers plus haut.

[720] Il est abusif de rendre Philippe-Auguste responsable de la mort de

Henri II, du jeune roi Henri et de Jean sans Terre, qui moururent de

maladie, de Geoftroi de Bretagne, qui fut tué dans un tournoi, et de

Richard, qui fut tué d'une flèche au siège de Chalus. Cependant,

c'est une idée qui paraît avoir été répandue en Angleterre ; voy. la

vision que rapporte Giraud de Barri, De instructione principis, III,

xxviii (G. Cambr. opera, VIII, 308).

[721] Bonmoulins est dans le canton de Moulins-la-Marche. L'entrevue eut

lieu « prope Bonsmulins, » selon Raoul de Dicet, l. c.

[722] D'après ce que nous savons, soit par Ben. Peterb., soit par R. de

Dicet, il ne paraît pas que telle ait été la cause du différend

entre les deux rois. Ce qui se rapproche le plus de la proposition

faite ici par Philippe, c'est le fait rapporté par Ben. Peterb. (II,

50), qu'à la conférence de Bonmoulins Richard fit hommage au roi de

France pour la Normandie, le Poitou, l'Anjou, le _Maine_, le Berry,

le Toulousain et pour tous ses fiefs sis outre-mer ; voir Miss

Norgate, _England under the Angevin_ Kings, II, 255.

[723] D'après Gervais de Cantorbery (éd. Stubbs, I, 436), Richard se

serait retiré en compagnie du roi de France.

[724] Ce personnage tirait probablement son surnom de Verdun, écart de

la commune de Vessey (Manche, cant. de Pontorson). Il est mentionné

à plusieurs reprises par Benoît de Peterborough : d'abord au nombre

des seigneurs anglais et normands qui restèrent fidèles à Henri II

lors de la révolte de son fils aîné, en 1173 (Stubbs, I, 51, note) ;

puis parmi les juges errants (I, 107) ; il avait dans son ressort

plusieurs comtés de l'ouest. En 1177, le roi d'Angleterre le

chargea, avec deux autres de ses familiers, d'une mission en Espagne

(ibid., I, 157 ; cf. Eyton, p. 212). Enfin, il accompagna Richard à

la croisade ; le roi lui confia la garde de Saint-Jean-d'Acre le 21

août 1191 (II, 190), et il mourut à Jaffa un an après (II,

149-150) ; cf. _Monasticon anglicanum_, nouv. éd., V, 661. D'après

Jordan Fantasme, il combattit contre le comte David (voir ci-dessus,

p. 57, n.)1 lors de la chevauchée de celui-ci en Angleterre, en 1174

(éd. Fr. Michel, à la suite de la chronique de Benoît, v. 1114,

1127 ; éd. R. Howlett, dans Chronicles of the reigns of Stephen,

Henry II and Richard1, III, 298). Il fut témoin à un acte passé à

Yalogne, le 8 décembre 1174, dans lequel est inséré le traité de

paix entre Guillaume, roi d'Écosse, et Henri II (Eyton, p. 186), et

à plusieurs autres actes des années suivantes (Eyton, p. 198, 201,

210, 233, 234, 241, 245, 246, 254, 287). — B. de Verdun exerça les

fonctions de shérif dans les comtés de Leicester et de Warwick

depuis 1170 au moins jusqu'en 1185 (_Calendar_ of documents relating

lo Ireland, I, n° 10, 32, 72), puis dans le comté de Chester (ibid.,

n° 81, 82). Il fut ensuite sénéchal d'Irlande ; voy. _The Song of

Dermot_ and the Earl…, edited by G. H. Orpen (Oxford, 1892), note

sur le v. 2610. — Un Bertrand de Verdun est mentionné dans le Très

ancien coutumier de Normandie, ch. lxi. M. Joseph Tardif l'a

identifié avec celui qui accompagna Richard en Terre sainte et y

mourut, et lui a consacré une notice rédigée principalement d'après

des souscriptions de chartes, où les fonctions remplies par le

personnage ne sont point indiquées (Coutumiers de Normandie, I,

106-107). L'identité paraît très probable, mais n'est pas évidente.

D'après les témoignages recueillis par M. J. Tardif, on voit que

Bertrand de Verdun était tenancier de l'abbaye du Mont-

Saint-Michel. Il figure en des documents concernant ce monastère

(Rob. de Torigni, éd. Delisle, II, 241, 288, 298, 308). C'est ce qui

fait supposer qu'il devait tirer son surnom d'un lieu voisin du

Mont-Saint-Michel.

[725] M. Eyton (p. 294) place dubitativement entre le 1 et le 20 mars

1189 une charte de Henri II passée à Tours et à laquelle sont

témoins Raoul de Glanville (voir la note suivante) et le sénéchal

d'Anjou Etienne ; mais c'est plus probablement vers la fin d'avril

que le roi se trouvait à Tours.

[726] Dans le ms. (v. 8275) Rad, abréviation de Radulfus. Mais le nom

latin est _Ranulfus_. Il est appelé _Randulf_ dans la chronique de

Jordan Fantome (éd. Fr. Michel, vv. 1562, 1713, etc.). "Ce

personnage, qui tirait probablement son surnom du village de

Glanville, cant. de Pont-l'Évêque, fut nommé justice, ou grand juge

d'Angleterre, en 1180, succédant à Richard de Lacy. Il fut en toute

circonstance le serviteur fidèle et habile de Henri II, comme

ensuite de Richard, qu'il accompagna à la croisade. Il mourut à Acre

avant le 21 octobre 1190. On trouvera une bonne notice sur ce

personnage dans le _Dictionary of national biography_, sous

Glanville (Ranulf db).

[727] Ch.-l. de cant. de l'arr. de Bellac, Haute-Vienne. On n'a pas

d'autre mention du passage du roi Henri au Dorât. On se demande ce

qu'il y était allé faire.

[728] On n'a pas non plus de témoignage sur un séjour du roi Henri à

Chinon à cette époque. Sa présence au Mans est attestée à

différentes dates de l'année 1189 : l"-3 février, 20 mars, 19 mai

(Eyton, 294-295).

[729] L'auteur paraît avoir oublié qu'il a déjà fait mention plus haut

de cette maladie qui obligea le roi à séjourner au Mans jusqu'à

l'octave de Pâques, date de son entrevue avec le roi de France

(ci-dessus, p. 96). C'est en réalité pendant le carême de l'année

1189 (Pâques étant le

[730] Successivement doyen d'York (1186), évêque de Salisbury (sep- '

tembre 1189) et archevêque de Cantorbéry (novembre 1193), il mourut

le 13 juillet 1205. Sa tante était la femme de Ranulf de Glanville.

C'était un très habile jurisconsulte. Il était en effet le second de

Ranulf de Glanville, qu'il remplaça en 1193 dans la fonction de

justice d'Angleterre ; voir sur ce personnage la notice de Miss

Norgate dans le Dictionary of _national biography_.

[731] Ce dut être en mai, car le 24 avril 1189 Hubert Gautier siégeait

« in curia Regis » à Westminster (Eyton, p. 298).

[732] Striguil ou Strigul est l'ancien nom de Chepstow, Monmouthshire,

sur la rive droite de la Severn. Les ruines du château de Striguil

existent encore, sur une hauteur qui domine la Wye, près du

confluent de cette rivière avec la Severn ; voir Ormerod,

Strigulensia, archaeological memoirs relating to the district

adjacent to the confluence of the Severn and the Wye [not published]

(London, 1861, in-8*), et spécialement p. 64 et suiv., le mémoire

intitulé « On the identity of the norman Estrighoiel of the Domesday

survey, with the later and present Chepstow » (c'est la réimpression

partielle d'un mémoire imprimé dans l'Archæologia, XXIX, 25-31).

L'auteur montre que Chepstow est proprement le nom de la ville, et

Striguil celui du château. Voir aussi J. Fitchett Marsh, _Annals_ of

Chepstow Castle, from the Conquest to the Revolution (Exeter, 1883).

Isabelle de Striguil, qui épousa le Maréchal en 1189, était la fille

de Richard Fils-Gilbert, surnommé _Strongbow_, qui mourut en 1176.

On trouvera sa généalogie dans Stapleton, _Magni rot. scacc_. Norm.,

II, cxxxix ; G. E. C[okaine], _The complète Peerage_, art.

Pbmbroke ; cf. J. H. Round, Feudal England (London, 1895), p. 523. A

la mort de Richard, le roi avait saisi sa terre (Ben. Peterb., I,

125).

[733] L'archidiacre Raoul, que le roi d'Angleterre avait envoyé

au-devant des légats du pape à leur arrivée en Angleterre, le 1"

janvier 1187 (Ben. Peterb., II, 4). Ce personnage est témoin à une

charte du roi qui paraît avoir été passée à Alençon vers le mois de

janvier 1188 (Eyton, 284).

[734] Nous n'avons pas d'autre témoignage sur cette négociation.

[735] Chancelier de Richard comme comte de Poitiers et comme roi

d'Angleterre, fait évêque d'Ély le 6 janvier 1190. Il fut l'un des

grands juges à qui Richard, à son départ pour la croisade, laissa le

gouvernement de l'Angleterre. Il mourut le 31 janvier 1197. Les

historiens sont à peu près unanimes à blâmer son orgueil et son

ambition. Giraud de Barri notamment l'attaque violemment en

plusieurs de ses écrits. Cependant, son éloge a été fait en vers

rythmiques par un contemporain (Annuaire-_Bulletin_ de la Société de

l'histoire de France, 1885, p. 128). On peut voir sur Guillaume de

Longchamp la notice de Miss Norgate dans le Dictionary of national

_biography_, Longchamp.

[736] 28 mai 1189.

[737] De même dans Ben. Peterb., II, 66 : « Adveniente Pentecoste. » Il

y a quelque divergence chez les historiens anglais ; voir Eyton, p.

295, n. 4. Les historiens français Rigord et Guillaume Le Breton ne

font pas mention de cette conférence ; cependant, ces auteurs

(Rigord, 8 63 ; Philippide, III, vv. 631-639) disent que Richard,

n'ayant pu obtenir de son père la remise de son épouse, sœur de

Philippe-Auguste, avait fini par s'allier à ce dernier contre son

père. Or, cette réclamation, dont notre poète, soucieux de l'honneur

du roi Henri, ne parle pas, fit précisément l'objet de l'entrevue de

la Ferté ; voir Miss Norgate, II, 257.

[738] Inconnu d'ailleurs.

[739] Arr. du Mans, et au nord de cette ville. Ce séjour du roi Henri à

Balon, au commencement de juin 1189, n'est constaté qu'ici.

[740] Ce château fut en effet pris de force (t Castro vi fracto, »

Philippide, m, 645).

[741] Ch.-l. de cant. de l'arr. du Mans. L'ordre des faits est un peu

différent chez Ben. Peterb. : « Et sic, Qnito colloquio, Philippus

rex Franciae inde recedens, cepit Feritatem Bernardi, deinde Montem

Fortem, deinde Malum Stabulum (Bonnétable), deinde Bel lu m Montem,

deinde Balon*, ubi trium dierum moram post captionem illam fecit

i>(II, 67). Dans Raoul de Dicet la succession des faits est un peu

différente, mais, cependant, la prise de Montfort précède celle de

Balon, comme chez Ben. Peterb. : Rex Francorum et comes… intra

paucos dies Feritatem predictam, Monc tem Fortem, Baalum, Bellum

Montem… occupaverunt » (II, 62-63).

[742] Voir ci-dessus, p. 62, n. 2.

[743] Probablement le « Petrus filius Guidonis » qui, vers 1175, est

qualifié de sénéchal _(Dapifer_, du jeune roi ; voir ci-dessus, p.

77, n. 6). C'est sans doute aussi le même « Petrus Widonis », sans

qualification, qui, en 1176, s'embarqua à Southampton pour la

Normandie sur un navire frété par le roi d'Angleterre (Eyton, p.

206, n.) et qui est témoin à un acte royal passé à Winchester,

probablement en septembre 1181 (ibid., p. 243).

[744] Ce nom, qui reparaît plus loin, est-il corrompu ? Aucun personnage

ainsi nommé ne paraît au nombre des officiers de la cour de Henri

II. Le maréchal de l'hôtel était distinct du maréchal du roi

d'Angleterre (voy. * Bonnétable est situé entre Balon et

Beaumont-sur-Sarthe. Il faudrait donc admettre que Philippe aurait

passé auprès de Balon sans le prendre, se serait emparé de Beaumont

et serait revenu sur ses pas pour saisir Balon. Il est à supposer

que le roi aura pris Bonnétable, puis Balon, puis enfin Beaumont, et

se sera, au retour, dans sa marche sur le Mans, arrêté à Balon. Du

Cange, Marescallus aul. s). L'office de maréchal du roi ou grand

maréchal était héréditaire dans la famille de Guillaume le Maréchal

et était tenu à cette époque par Jean, frère aîné du héros du poème.

[745] Par opposition à l'armure de fer, le haubert.

[746] D'après le poème, le roi de France devait être en dernier lieu à

Montfort, qui est sur la rive droite de l'Huisne, comme le Mans, de

sorte qu'une reconnaissance partant du Mans pouvait rencontrer

l'ennemi sans passer cette rivière. Mais Ben. Peterb. nous dit que

le roi de France avait feint de se diriger sur Tours (_/ingens se

Turonim iturum_, II, 67), ce qui suppose qu'il avait passé l'Huisne,

et les éclaireurs de Henri H durent en faire autant.

[747] Étaient-ils jusqu'à ce moment sur des palefrois ? ou avaient-ils

mis pied à terre ?

[748] Dans la partie du roman d'Alexandre qui est connue sous le nom de

_Fuerre_ (fourrage) de Gadres, Emenidus et ses hommes sont attaqués

par des forces supérieures. Emenidus prie vainement ses hommes les

uns après les autres d'aller demander du secours à Alexandre. Tous

s'y refusent, considérant comme ignominieux de déserter le champ de

bataille ; voir mon _Histoire de la légende d'Alexandre_, II, 155.

Emenidus, et non pas comme ici Eumenidus, est la leçon des mss. du

romand'Alexandre.

[749] Il faut conserver ce terme de l'ancienne langue qui désigne un

cheval de qualité inférieure, car on va voir l'auteur opposer les

_roncins_ aux chevaux proprement dits.

[750] Ce bois, qui devait être un reste de l'ancienne forêt du Mans ou

de Longaunai, n'existe plus. Le nom même a disparu.

[751] Établissement fondé par Henri II, vers 1180, au sud du Mans, vers

Pontlieue, sous le nom Maison-Dieu de Coefort (de Cauda forti) ;

voir Th. Cauvin, _Recherches sur les établissements de charité et

d'instruction publique du diocèse du Mans_ (1825), p. 19. C'est

maintenant une caserne. La porte en aval, par où sortit le roi, est

celle qu'on nommait la f Vieille porte >. Voy. le mémoire de M.

l'abbé Ledru, intitulé _Prise du Mans par_ Philippe-Auguste, le 12

juin 1189, dans La province _du Maine_, recueil _mensuel_, IV

(1896), 8.

[752] En donnant aux siens l'ordre de se désarmer, le roi montrait qu'il

voulait à tout prix éviter la lutte ; voir encore ci-après, p. 106,

n. 2.

[753] Un frère de celui qui est appelé plus loin Reinaut Fils-Herbert

(vv. 9386, 9405) ?

[754] Cette circonstance n'est point mentionnée ailleurs. Seulement

Rigord (| 66) et G. Le Breton _(Philippide_, III, 693-699)

rapportent que Philippe-Auguste trouva par le même procédé un gué

dans la Loire, auprès de Tours.

[755] Voirp.55, n.2.

[756] Eu 1191, par son mariage avec Ida, comtesse de Boulogne. Il mourut

en 1227 (_Art. de vér. les dates_, II, 765).

[757] Voirp.55, n.5.

[758] Voirp.54, n.6.

[759] Voir p. 54, n. 7.

[760] Voir p. 55, n. 3.

[761] Un « Petrus Malusvicinus » paraît en plusieurs actes de la fin du

xiie siècle et du commencement do xiu* (Delisle, Cat. des actes de

Ph. — Aug., n° 512, 632, 693 a, 1455), mais il était, déjà avant la

prise de la Normandie, homme de Philippe-Auguste, et par suite peut

difficilement être identifié avec celui qui figure ici.

[762] Chauvigni, ch.- l. de cant. de l'air, de Montmorillon. Cet André

est celui à qui Richard donna l'héritière du comté de Châteauroux ;

voir plus loin, v. 9392. Il accompagna Richard à la croisade et s'y

distingua ; voir l'Estoire de la Terre sainte, à la table des noms.

Il figure en de nombreux documents : en 1196, Teulet, _Layettes du

Trésor_ des chartes, n° 431 (Delisle, _Catal. des actes de_

Philippe-Auguste, n° 464) ; en 1199, Teulet, n° 499, 504 (Delisle,

n° 567), 508, 516 ; en 1200, Teulet, n° 578, 579 (Delisle, n° 615).

Son sceau est décrit dans Douët d'Arcq, _Inventaire des sceaux, n*_

1818.

[763] Il est manifeste que le roi d'Angleterre avait vu avec déplaisir

la lutte s'engager ; cf. les roots soulignés dans le passage de

Giraud de Barri cité à la note suivante.

[764] Il avait été décidé en conseil (on l'a vu plus haut, vv.

8512-8516) que, si le roi de France s'approchait du Mans, on

mettrait le feu au faubourg. Les historiens ne sont pas entièrement

d'accord sur les circonstances de cet événement. Voici ce que dit

Raoul de Dicet : « In crastino Sancti Barnabae (12 juin 1189)

vehemens ignis a parte regis Anglorum injectus intra modicum

temporis suburbana consumpsit » (Bouquet, XVII, 623a ; Stubbs, II,

63). Selon Ben. Peterb. (II, 67), l'incendie aurait été allumé par

ordre d'Étienne de Marçai, sénéchal d'Anjou. Giraud de Barri, dont

le récit confirme celui du poète, dit positivement que le roi Henri

fit mettre le feu au faubourg, croyant ainsi réussir à barrer le

passage aux Français et mettre fin au combat déjà engagé. Du

faubourg, l'incendie, poussé par le vent, gagna la cité : « Cum

igitur, egredientibus urbanis, hostiles acies utrimque concurrere

jam pararent et in primis, nondum tamen consertis omnino viribus,

confligendo quasi praeliorum praeludia facerent, rex Anglorum, ut

erat Martiot congressvs, quoad potuit, sentit per evitons, suos

intra mœnia revocando, suburbium totum… ne vel urbi officere vel

hosti proficere posset, igne apposito comburi jussit. Ventus aulem…

vim flammeam ignis edacis in urbem illico interiorem transportavit ;

statimque in tantam violentiam multis in urbe locis ignis excrevit,

ut rex quantocius cum suis exire urbemque relinquere, multis una cum

urbe per maturationem amissis, compulsi fuissent * » (De principis

instr., III, xxiv ; Opera, VIII, 283).

[765] L'Huisne. L'expression du texte « outre l'ewe, de l'autre part, »

peut s'entendre en deux sens. C'est probablement de l'autre côté par

rapport à la direction d'où le roi de France venait, c'est-à-dire

sur la rive droite, tout près du Mans. On a vu plus haut (p. 104)

que les Français avaient trouvé un gué pour passer la rivière. *

Corr. compulsus fuerit ?

[766] Fresnai-sur-Sarthe, arr. de Mamers, entre le Mans et Alençon, à

une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de cette dernière ville. Ce

lieu est appelé Frenellx par G. de Barri : « Rex nocte eadem se apud

_Frenellas_ suscepit et mane Andegaviam inde transivit » [De

principis instr., III, xxv ; Opera, VIII, 286 ; cf. _Vita Galfredi_,

dans G. Cambr. opera, IV, 369). Je doute que Giraud de Barri ait eu

en vue Fresnai-sur-Sarthe, car cette localité est tout à l'opposé de

la route du Mans à Angers. M. Eyton (p. 296) dit « Frenelles, » mais

il n'y a pas de lieu ainsi nommé dans la région. Stubbs (édit. de

Roger de Howden, II, Ixiij, n. 5) et Miss Norgate (II, 262) se

décident pour la Fresnaye (ch. -l. de cant de l'arr. de Mamers), qui

est trop au nord. Fresnai-sur-Sarthe, anciennement

Fresnai-le-Vicomte, était un lieu fortifié ; voy. _Revue historique

et archéologique_ du Maine, XIX (1886), 27.

[767] En arrière des autres, comme on le verra par l'épisode qui suit.

[768] On a vu plus haut qu'au contraire le Maréchal avait son haubert et

son heaume et on ne voit pas à quel moment il aurait quitté ses

armes défensives. Peut-être y a-t-il une lacune dans ce qui précède.

[769] Probablement le fils de celui qui est mentionné au commencement du

poème. Il figure comme témoin en plusieurs actes de Richard ;

voirp.3, n.2.

[770] Personnage qui devint plus tard célèbre comme sénéchal d'Anjou, du

Maine et de Touraine (depuis 1199). Il contribua pour une grande

part, comme on le verra plus loin (vv. 12409 et suiv.), au succès de

l'expédition qui aboutit à la levée du siège de Mirebeau et à la

prise d'Artur, en 1202. Il combattit les Albigeois en 1209 et en

1219 ; voir Chanson de la croisade, édit. de la Société de

l'histoire de France, II, 459. Il mourut en 1222. Son histoire a été

écrite en détail jusqu'à l'année 1204 par M. G. Dubois, Bibliothèque

de l'École des chartes, XXX, 377 ; XXXII, 88 ; XXXIV, 502 ; cf.

Beautemps-Beaupré, _Coutumes et institutions de l'Anjou et du_

Maine, 2e partie, I, 286 et suiv. Mais, jusqu'à l'année 1190, époque

de son mariage avec Marguerite de Sablé, on n'avait sur lui à peu

près aucun renseignement. On ignorait notamment qu'il eut été au

nombre des chevaliers de Henri II.

[771] Cf. ci-dessus, p. 89, n. 1.

[772] Cet incident est noté par G. de Barri, qui, toutefois, ne fait

aucune mention du Maréchal : « Cessante vero demum persequentium

instantia per comitis Pictavensis casum, equo ejusdem militari

lancea perfosso, rex nocte eadem se apud Frenellas suscepit » _(De

principis instr_., III, xxv ; Opera, VIII, 286).

[773] Cette tour, qui était située au nord de la ville, tint pendant

trois jours après la fuite du roi Henri, c'est-à-dire jusqu'au 15

juin, selon Ben. Peterb., II, 68 ; jusqu'au 22, selon Raoul de

Dicet, II, 63. Miss Norgate (II, 263, n. 3) concilie ces deux dates,

en supposant qu'il y eut deux sièges ; que Benoît a en vue le siège

du château, ancien palais comtal situé près de la cathédrale, et que

Raoul parle du siège de la tour située au nord de la ville. Mais

cette distinction est inadmissible. La tour, détruite entre 1617 et

1619, qu'on appelait _Tour Orbrindelle_, ou _Orbendelle, Tour_

royale, Tour du Main, faisait partie du château ; voy. E. Hucher,

_Études_ sur l'histoire et les monuments de la Sarthe (Le Mans et

Paris, 1856), p. 27 ; G. Fleury, _la Tour Orbrindelle et le

Mont-Barbet_, dans la _Revue historique et archéologique du Maine_,

XXIX (1891), 137-154 et 279-303. Il est donc évident que les deux

récits se rapportent à la même affaire, quoique les détails donnés

de part et d'autre soient très différents. Rigord, qui, du reste, se

trompe en plaçant la prise de la tour du Mans après l'arrivée de

Henri II à Chinon, donne quelques détails sur le siège : c… et

Cenomannis reversus, turrim forlissimam et bene munic tam, adductis

minariis quos semper secum ducebat, de sub terra « murum

suffodientes, cum multo labore cepit » (§ 66). — Quant à Guillaume

de Silli, les historiens ne font de lui aucune mention et il ne

paraît pas dans la liste des barons de Sillé dressée par M. Hucher

dans sa Notice sur Sillé-le-Guillaume. Il faut dire que cette liste

ne donne aucun nom pour les années 1120 à 1190 (Hucher, _Études sur

l'histoire et sur les monuments de la Sarthe_, p. 177). Notre

Guillaume n'est probablement pas différent de Guillaume de

Sillé(Sillé-le-Guillaume, Sarthe), qui paraît en 1169 dans un accord

concernant le monastère de la Couture (Cartulaire de la Couture, p.

23). C'est sans doute aussi le même qui, en 1210, se porte garant,

avec plusieurs autres seigneurs, de la fidélité de Raoul, vicomte de

Beaumont (Beaumont-le-Vicomte, Sarthe), envers Philippe-Auguste

(Delisle, Catal, des actes de Philippe-Auguste, n° 1223).

[774] Selon la Philippide (III, 652-655), le roi Henri lui-même se

serait enfui jusqu'à Alençon : Dat sua terga fuge, nec lumina

flectere retro Audet Donec Alançonis tuta se clausit in arce.

[775] Il n'est pas très sûr que ce soit à Alençon que le Maréchal ait eu

ordre de se rendre ; le texte n'est pas sûr ; voir la note du v.

8894.

[776] Ben. Peterb. (II, 68) n'indique aucune station du roi d'Angleterre

entre le Mans et Chinon. Giraud de Barri (De principis instr., 1 1

I, xxv ; Opera, VIII, 286 ; Vita Galfredi Eboracensis, I, lv ;

Opera, IV, 369) le fait passer par Frenellas (voir ci-dessus, p.

108, n. 2), l'Anjou (« Andeviam inde transivit »), _Savigniacum_ et

Saumur. On ne voit pas de quel _Savigni_ ou _Savigné_ il peut être

question. On pourrait donc pro poser de corriger _Sarrigniacum_,

Sarrigné, canton d'Angers, mais il est plus probable que G. de Barri

aura interverti _Savigniacum_ et Saumur, et qu'il s'agit de

_Savigni_, Indre-et-Loire, cant. de Chinon, entre cette ville et

Saumur. L'itinéraire, jusqu'ici très obscur, du roi d'Angleterre

entre sa fuite du Mans et son arrivée à Chinon paraît devoir être

établi, d'après le poème, comme suit : le Mans (12 juin),

Fresnai-sur-Sarthe (12 et 13 juin), Sainte-Suzanne (13 ou 14 juin),

Saumur et Savigni, d'après G. de Barri, mais en transposant l'ordre

de ces deux séjours (seconde quinzaine de juin), enfin Chinon (fin

de juin). Le poète n'indique aucun arrêt entre Sainte-Suzanne et

Chinon, mais la distance entre ces deux localités étant de plus de

100 kilomètres n'a pu être franchie en moins de trois ou quatre

étapes.

[777] Ch.-l. de cant. de l'arr. de Laval, à 25 kilomètres environ au

sud-ouest de Fresnai. C'était un lieu fortifié (Revue hist. et arch.

du Maine, XXIX, 147-149). Ce séjour du roi d'Angleterre entre

Fresnai et Chinon n'est indiqué nulle part ailleurs.

[778] La prise de Tours aurait eu lieu le 23 juin selon Rigord (8 66),

le 3 juillet selon Ben. Peterb. (Il, 69).

[779] Azai-le-Rideau, ch.-l. de cant. de l'arr. de Chinon. Cf. Giraud de

Barri, De princ. instr., III, xxv (Opera, VIII, 286-7).

[780] L'endroit ici indiqué, qui devait être situé entre Tours et Azai,

ne peut être que la commanderie de Ballan, à huit kilomètres environ

au sud-ouest de Tours, sur la route d'Azai.

[781] Ces symptômes paraissent être ceux de la gangrène sèche. On a vu

plus haut (p. 99, note 5) qu'un ulcère s'était produit.

[782] Giraud de Barri dit de même : « Francorum autem rex et comes

Pictavensis, huic infirmitati fidem non habentes, quin immo (ictum

potius seu frustatorium, solito ejusdem de more, putantes… » (De

princ. instr., III, xxv ; Opera, VIII, 286).

[783] Le lieu de l'entrevue est nommé par G. Le Breton : « Urbe Turonica

capta, factum est colloquium inter eos, in loco qui dicitur Columbae

rium » (§ 49). _Columbarium_ (ou Columbare, dans la Philippide du

même, III, 737) est Colombier, comm. de Villandri, cant. de Tours, à

[784] Les conditions imposées par Philippe et acceptées par Henri II

sont enregistrées par Ben. Peterb., Raoul de Dicet, Roger de Howden,

Mathieu de Paris, à leur date (cf. Delisle, Calai- des actes de

Philippe-Auguste, n° 240, et Miss Norgate, II, 266).

[785] Les _empris_ sont ceux qui s'étaient engagés dans l'un ou l'autre

parti. Il y a dans le traité, mentionné à la note précédente, un

article sur ce sujet : « Et nul lu s baronum vel miles qui in hac

guerra a rege Angliae recessit et ad comitem Ricardum venit de

cetero redibit ad regem Angliae, nisi in ultimo mense, ante motionem

regis versus Jerusalem » (Ben. Peterb., II, 70).

[786] Sans doute le 4 juillet, immédiatement après l'entrevue avec le

roi de France.

[787] « Rogerius Malus Catulus » _(Calulus_ est la traduction exacte de

l'anc. fr. _chael_) est connu comme vice-chancelier de Richard

depuis mars 1191. Il périt dans un naufrage en mai de la même

année ; voy. Ben. Peterb., II, 140, note 2 ; Rog. de Howden, III,

106 ; cf. Edw. Foss., The _Judges of England_, I, 396. Il

appartenait vraisemblablement à une famille _Malcael_ ou _Malchael_,

établie aux environs de Valognes, et dont plusieurs membres figurent

en des documents de la fin du xiie siècle et du xm*. C'est à un

Maucael que l'on attribue, avec toute probabilité, la rédaction du

Coutumier de Normandie ; voy. J. Tardif, _Coutumiers de Normandie_,

II (1896), III p. cxxvii et suiv. 8

[788] Voy., au tome I, la note du v. 9126.

[789] A partir du 4 juillet Henri II mourut le 6.

[790] Voy. la note 1 de la page suivante.

[791] La même scène, ou à peu près, se retrouve dans Giraud de Barri,

mais autrement amenée. Giraud suppose (ce qui ne paraît pas exact)

que les noms des empris se trouvaient dans l'instrument même du

traité de paix, de sorte qu'il n'est pas question de la mission de

Roger Malchael : « Et cum nomina illorum scripta in cedula legi

audiret, primumque omnium Johannis, filii sui nomen legeretur,

tanquam extra se factus et consternatus, stratu quo recubabat statim

in sessionem exsurgens et acriter circumspiciens : Verumne est,

inquit, quod Johannes, cor meum, quem prfiliis omnibus magis dilexi,

cujusque promotionis i causa hec omnia mala sustinui, a me

discessit ? » (III, xzv ; Bouquet, XVIII, 154 ; Opera, VIII, 295).

Giraud prête ensuite à Henri quelques paroles empreintes d'un

violent découragement.

[792] Ce personnage nous est inconnu. L'acte pieux pour lequel il est

ici mentionné est attribué par Giraud de Barri (De princ. instr.,

III, xxviii) à un c puer quidam » : « Corpus autem in area cum

exponeretur, adeo rapacitati omnes, ut in illo fieri soient

articulo, communiter indulserunt, ut corpus nudum absque amictu

quolibet aliquandiu relinqueretur ; donec puer quidam accurrens,

palllo suo modico ac tenui, de pilo contexto, quasi soient aestivo

tempore juvenes uti, vix genua vêlante, corporis, quoad potuit, nuda

contexit » (Bouquet, XIX, 137 d ; Opera, VIII, 304).

[793] Voy. ce mot au glossaire dut. II.

[794] Chinon est sur la Vienne.

[795] Cette remarque du poète justifie la mesure que le roi Richard prit

à l'égard d'Etienne de Marçai aussitôt après la mort de Henri. Nous

savons en effet que l'un de ses premiers soins fut de le faire

emprisonner. « Itaque, sepulto rege, praedictus comes Pictavensis

statim injecit manu » in Stephanum de Turonis, senescallum

Andegaviee, et mittens « eum in carcerem, gravibus compedibus et

manicis ferreis catenatum, exigebat castella (corr. catella ?) et

thesauros regis patris sui, quos ipse incustodia habuit » (Ben.

Peterb., II, 71 ; cf. Rog. de Howden, III, 3). M. Beautemps-Beaupré

a cherché ailleurs la cause de l'animosité de Richard contre Etienne

de Marçai ; voy. Cout. et instit. de l'Anjou et du Maine, 2e partie,

I, 275-7. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il rentra en grâce auprès

du roi, car, trois ans après, on le retrouve avec lui en

Terre-Sainte.

[796] Le lendemain de sa mort (Ben. Peterb., II, 71).

[797] Le poète veut dire probablement que le Maréchal fut récompensé de

sa loyauté envers le roi.

[798] D'après Ben. Peterb. (II, 71), le comte de Poitiers serait venu

au-devant du corps de son père et l'aurait rencontré avant l'arrivée

à Fontevrault. Mais G. de Barri (III, xxviii ; Opera, VIII, 305) est

d'accord avec le poème.

[799] Ben. Peterb., G. de Barri (I. (.), Roger de Howden (Stubbs, II,

367), Mathieu de Paris (_Chron. maj_., éd. Luard, II, 344-5)

affirment que, lorsque Richard approcha du corps de son père, le

sang coula des narines du roi défunt, « ac si, » dit Ben. Peterb., i

< indignaretur spiritus « ejus de adventu illius. » C'était une

croyance répandue que l'effusion du sang après la mort dénonçait la

présence du meurtrier (voy. Histoire _littéraire_, XXX, 249 ; Gorra,

Studi di critica letteraria, p. 347).

[800] Craon, Mayenne, arr. de Château-Gontier. Il s'agit ici de Maurice

II de Craon, qui fut très mêlé à l'histoire de Henri II depuis

environ 1158. Il se rendit en Terre-Sainte en 1191, et mourut en

1196. Il fut, en son temps, tenu en grande réputation, non seulement

en raison de son rang, mais pour ses qualités d'homme courtois et

même, peut-être, pour ses mérites littéraires, car il composait des

chansons d'amour, dont une au moins nous est parvenue. Il est le

héros d'un poème chevaleresque allemand, qui a certainement une

source française ; voy. G. Paris, dans _Romania_, XXIII, 466 et

suiv. Ce personnage a été l'objet de plusieurs notices ; la

dernière, et la plus nourrie de faits, est celle qu'on peut lire

dans Bertrand de Broussillon et P. de Farcy, _La Maison de Craon_,

1050-1480, étude historique accompagnée du cartulaire de Craon, I

(1893), 71 et suiv. Les pages 98 à 120 contiennent l'analyse ou le

texte des actes émanant de ce seigneur ou le concernant. Cette

notice est faite à peu près uniquement avec des actes ; les mentions

fournies par les chroniqueurs, notamment par Ben. Peterb., I, 192

(année 1177), 248 (1180), 298(1183), n'ont pas été utilisées.

[801] Montez à cheval ?

[802] Gilebert Pipart fut shérif d'Essex, 1168-70, de Gloucester,

1170-71, de Hereford, 1172-74, juge errant, 1176 et 1179, shérif de

Chester, 1181-82 _(Calendar of doc. relat. to Ireland, n"_ 8, 17,

62, 66 ; Ben. Peterb., I, 108 ; Roger de Howden, II, 88 et 191 ; cf.

Eyton, p. 199, 226, 228). Nous le voyons ensuite garde du château

d'Exmes (arr. Argentan) en 1180 (Stapleton, _Magni rot. scacc_.

Norm., I, lij, xcvj, cxnij). Il mourut en 1191 à Brindisi (Ben.

Peterb., II, 150). Sur sa famille et sa descendance, voy. Dugdale,

_Baronage of England_, II, 8.

[803] Voy. la note du v. 9332.

[804] Voy. ci-dessus, p. 100. — Les donations ou confirmations qui sont

ici mentionnées sont partiellement énumérées par Ben. Peterb. (II,

73), selon qui elles eurent lieu à Rouen, le 20 juillet 1189 ou le

_jour_ suivant, lorsque Richard eut été reconnu comme duc de

Normandie, en présence de l'archevêque Gautier de Coutances et des

évéques et barons du duché, et non pas, comme ici, avant les

obsèques du roi Henri.

[805] Plus exactement « Gilebert _fils de Roger_ fils Rainfroi. » Ben.

Peterb., II, 73 : « Concessit… Gilleberto (ilio Rogeri filii

Rainfrei filiam Willelmi de Lancastre, dapifero regis patris sui. »

Guillaume de Lancastre, sénéchal du roi Henri II, mourut en 1184 ;

voy. _Monasticon anglicanum_, V, 909. Roger fils Rainfroi était juge

errant en 1176 (Ben. Peterb., I, 107). Il vivait encore en 1191

(Ben. Peterb., II, 223 ; cf. Edw. Foss, The _Judges of England_, I,

364-366). Son fils, Gilbert fils Rainfroi (car il est ainsi nommé

dans les actes comme dans le poème), est témoin à un assez grand

nombre de chartes du roi Henri depuis 1 180. La dernière où il

figure fut passée à Chinon le 5 juillet 1189, la veille de la mort

du roi (Monasticon anglicanum, VII, 920 ; cf. Eyton, p. 97). Il y

est qualifié de sénéchal (dapifer). Il épousa, en efiet, vers

l'époque ici indiquée, Helwis, fille de Guillaume de Lancastre

(Dugdale, _Baronage_, I, 421-422). Il paraît en divers documents du

temps de Richard Ier ; par exemple, dans les _Pedes_ finium de la

septième année de Richard (1195, _Pipe Roll Soc_., X VI I, n° 70).

[806] Renaut fils Herbert était fils de Herbert fils Herbert ; voy.

Dugdale, _Baronage_, I, 624.

[807] Renaut de Dammartin possédait en effet Lillebonne, qu'il se

réserva lorsqu'il donna à Philippe Hurepel, fils de

Philippe-Auguste, époux de sa fille Mathilde, ses terres du pays de

Caux (acte de mai 1210, dans Teulet, _Layettes du Trésor, n"_

925-926 ; cf. Delisle, _Cat. des actes de Philippe-_ Auguste, n°

1217-1218).

[808] Il devint par suite homme du roi de France, à qui le roi Jean lui

enjoignit de prêter hommage (Bouquet, XVIII, 88, note g ; Rot.

_chart_., I, 96 a, lettre du 23 mai 1200 ; cf. Raynal, _Hist. du

Berry_, II, 101).

[809] Cf. G. de Barri (XIII, xxxviii ; Opera, VIII, 305) : « In crastino

vero, cum ante altare principale corpus sepulturæ traditur (corr.

traderetur) vix annulus digito, vix sceptrum manui, vix capiti

corona, sicut decuit, quia de aurifrigio quodam (corr. quedam)

veteri inventa fuit, vix ulla prorsus insignia regalia, nisi per

emendicata demum suffragia, eaque minus congruentia, suppetiere. »

[810] Il est difficile d'identifier ce Hue de Samford, qui ne figure

pas, à ma connaissance, dans les actes de Henri II. Peut-être

était-il frère d'un Thomas de Samford, homme du Maréchal au temps du

roi Jean, qui paraît plus loin (vv. 13362, 13400, 14327, 15246), et

de Richard de Samford, qui était avec les Français, en 1217, à la

bataille de Lincoln (v. 16977). Il y avait, en effet, au temps du

roi Jean trois frères appelés Hue, Thomas et Richard de Samford,

comme on le voit par une lettre close de Jean : « Rex Thome de

Samford… Mitlimus ad vos Hugonem de Samford, fratrem vestrum… et

mittatis simul cum illis Ricardum de Samford, fratrem vestrum ad

nos… » (Rot. litt. claus., p. 133, 26 mai 1213). Hue de Samford est

témoin à divers actes de Jean (_Rot. chart_., p. 188, 201) et à un

acte de Guillaume le Maréchal en faveur du prieuré de Longueville,

en 1200, où figure, en la même qualité, Jean d'Erlée. Je dois à M.

J. — H. Round la connaissance de cet acte, dont l'original est

conservé aux archives de la Seine-Inférieure.

[811] Arr. de Baugé, cant. de Longue, Maine-et-Loire.

L'histoire de Guillaume le Maréchal, T. 3 · 第 24 / 29 题