Ces témoignages se rapportent à une époque assez ancienne de la vie du
Maréchal, ce qui donne à croire quel'auteur devait bien avoir une
soixantaine d'années lorsqu'il commença son poème. Il est donc légitime
de supposer que, pour beaucoup des événements qui appartiennent à une
période plus récente, il était renseigné de première main. Il le dit
expressément, du reste, au cours du récit très détaillé qu'il fait de
l'expédition de Louis de France en Angleterre (1216), lorsqu'il parle
des Français tués entre Winchester et Romney, qu'il a vus dévorés par
les chiens (v. 15110). En terminant ce chapitre, une dernière
observation : rien n'est emprunté aux chroniques. L'auteur a fait usage,
en un cas très spécial qui sera indiqué plus loin, de documents écrits,
mais ces documents, qui, d'ailleurs, ne nous sont pas parvenus, sont des
pièces administratives.
[2] Si l'on admettait que Jean d'_Erlée_ est l'auteur du poème, on
devrait corriger, au v. 19190, _aveir_ en [s]aveir.
[3] On pourrait aussi suppléer sa aussi bien que la.
[4] L'auteur du roman de Rigomer s'appelle aussi Jehan tout court, sans
addition de surnom. Je ne connais de ce poème que les vers cités
dans l'Histoire littéraire, XXX, 86 et suiv. Il ne me semble pas que
son style soit le même que celui de l'auteur de notre poème.
[5] _Dict. of nat. Biography_, XXXVI, 223.
[6] V. 1580 ; voir ci-après, p. 24, note 3.
[7] En 1217.
[8] _Rotuli litterarum clausarum_, II, 82 6.
[9] Ailleurs _matire_ est employé dans le sens général de matière,
sujet. Voir les exemples de ce mot relevés dans le vocabulaire.