des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, au jour où le Père
Grollier, l’un de ses fils, arbora la Croix sur la plage de l’océan
Glacial, il s’écoula quarante-trois ans.
[Illustration: MGR CHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD]
En moins d’un demi-siècle, l’humble Société, destinée d’abord à
n’évangéliser que la Provence, avait porté le nom de Jésus-Christ
jusqu’aux extrémités de la terre.
* * * * *
Charles-Joseph-Eugène de Mazenod naquit à Aix, le 1er août 1782,
d’une famille de haute noblesse, qui donna à la France des prélats, des
amiraux, des magistrats. Chassé, avec ses parents, du domaine ancestral,
par les hordes révolutionnaires, Eugène passa son adolescence dans les
amertumes de l’exil, de Turin à Naples, de Naples à Venise, de Venise à
Palerme. Lorsque sa vocation sacerdotale se fut manifestée, il répondit
à l’un de ses oncles qui lui représentait qu’en la suivant il
condamnerait à s’éteindre le nom des aïeux: «Rien ne ferait plus
d’honneur à notre famille que de finir par un prêtre.»
La famille de Mazenod devait finir par deux évêques.
Le 21 décembre 1811, Eugène, ayant achevé ses brillantes études au grand
séminaire de Saint-Sulpice, sous la direction de M. Emery, fut ordonné
prêtre par Mgr Demandolx, évêque d’Amiens.
Déclinant l’offre que lui fit immédiatement Mgr Demandolx de le nommer
son vicaire général, le nouveau prêtre rentra à Aix, afin de s’y
«consacrer tout entier au service de la jeunesse et des pauvres.» Les
populations ouvrières l’entendirent prêcher chaque dimanche en leur
langue provençale. Les malades, les prisonniers, les pauvres honteux
reçurent ses visites assidues et ses aumônes.
Une épidémie de typhus, où il multiplia son zèle, le conduisit au bord
de la tombe. Tout espoir humain était perdu, lorsque les prières
universelles de la ville d’Aix lui rendirent la santé.
Par reconnaissance pour ce miracle, le Père de Mazenod résolut de se
consacrer plus entièrement encore au service des pauvres, en faisant
appel à des compagnons embrasés de la même ardeur que lui-même pour les
âmes abandonnées.
Son âme s’attristait à la vue des maux causés par la Révolution dans le
clergé, les ordres religieux et les populations rurales.
«--Il lui semblait, disait-il, que s’il pouvait réunir en communauté
quelques prêtres vraiment zélés, d’un désintéressement à toute épreuve,
solidement vertueux, des hommes apostoliques, en un mot, qui, ayant à
cœur leur propre sanctification, se donnassent tout entiers à la
conversion des âmes, il remédierait, autant que possible, aux maux de
l’Eglise et procurerait un grand bien.»
* * * * *
Cette communauté, que son amour de Dieu et de l’Eglise lui faisait
désirer, il la fonda le 25 janvier 1816, en la réunissant dans un ancien
monastère des Carmélites d’Aix, où ne subsistaient qu’un délabrement et
une pauvreté extrêmes. Le fondateur proposa alors la devise qui fait la
fierté des Oblats: _Evangelizare pauperibus misit me_: _Il m’a envoyé
évangéliser les pauvres_. Pour costume apostolique, et plus tard
religieux, il fut décidé que les missionnaires porteraient la simple
soutane noire et la croix.
Au premier but, qui était l’évangélisation des pauvres par les missions,
les retraites, les catéchismes, s’ajouta bientôt celui de la formation
de la jeunesse, dans les grands séminaires et dans les collèges
ecclésiastiques.
Se retirant dans une retraite profonde, le Père de Mazenod élabora les
règles et les constitutions des _Missionnaires de Provence_, nommés
aussi _Oblats de Saint-Charles_. Aux vœux ordinaires de pauvreté, de
chasteté et d’obéissance que prononcent les religieux, il adjoignit
celui de la _persévérance dans le saint Institut_. Ces constitutions
furent telles qu’elles suffirent à retenir unis et fidèles tous les
membres de la Congrégation, à travers toutes les tempêtes qui devaient
les disperser.
A la fin de 1825, le Père de Mazenod, muni de son livre de Règles, et
encouragé par les évêques dont les Oblats avaient évangélisé les
diocèses depuis dix ans, se rendit à Rome, afin de solliciter du
Souverain Pontife l’institution canonique de sa jeune Société.
Tout ce que pouvait espérer le fondateur--on le lui avait dit de toutes
parts--c’était une _louange_, les Congrégations Romaines s’étant fait
une loi de traiter ainsi les communautés nouvelles, et de ne remettre
qu’à beaucoup plus tard l’_approbation formelle_.
Déjà, en effet, les cardinaux s’étaient prononcés pour un _bref
d’éloges_, lorsque le Père de Mazenod, au sortir d’une longue prière aux
pieds de la Sainte Vierge, se présenta à Léon XII. Comme mu par une
inspiration spéciale, le Pape s’écria:
--Cette congrégation me plaît... Elle ne doit pas être _louée_, mais
_approuvée_.
Et il demanda aussitôt aux cardinaux de reprendre l’examen des
constitutions et de conclure dans le sens qu’il désirait.
Léon XII fit bien plus: il donna à la Congrégation le nom de
_Missionnaires Oblats de Marie Immaculée_ (_Missionarii Oblati
beatissimæ Virginis Mariæ sine labe conceptæ_).
Le Père de Mazenod ne contient plus sa joie; et ses lettres la redisent
à ses missionnaires de France:
«--Oblats de Marie Immaculée!... Nom qui plaît tant au cœur et à
l’oreille! Mais n’est-ce pas le brevet de notre prédestination à tous!»
Léon XII approuva définitivement la société, le 17 février 1826. C’est
pourquoi le 17 février est resté, depuis, la grande fête annuelle des
Oblats. Ils ont le privilège de célébrer, ce jour-là, la messe
solennelle de l’Immaculée-Conception, et de renouveler leurs vœux de
religion.
* * * * *
Les fruits de la haute bénédiction du Pape tombèrent, sans tarder, sur
la Congrégation naissante.
En 1830, elle porte son noviciat en Suisse et évangélise les diocèses de
Lausanne et Genève.
En 1840, c’est l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande qui appellent les
Oblats et les reçoivent.
En 1841, s’ouvre le Nouveau-Monde. Mgr Bourget, évêque de Montréal, au
Canada, vient demander des missionnaires au fondateur, qui depuis quatre
ans avait succédé à son oncle Mgr Fortuné de Mazenod, sur le siège de
Marseille. Mgr de Mazenod hésite à imposer par l’autorité le sacrifice
de l’exil à ses enfants. Il leur envoie une circulaire, prescrivant à
chacun de lui faire sa libre réponse.
Tous s’écrient:
--_Ecce ego: mitte me._--_Me voici: envoyez-moi!_
Et les lettres brûlaient du désir de voler aux missions étrangères.
Mgr Bourget reçut bientôt la première caravane des missionnaires, à
Montréal.
Ce fut le signal du prodigieux développement de la Congrégation des
Oblats de Marie-Immaculée.
Bientôt ils rempliront l’Amérique du Nord jusqu’aux bords des trois
océans qui la baignent.
En 1847, l’Ile de Ceylan, la _perle des Indes_, les réclame à son tour.
En 1851, ils débarquent au sud de l’Afrique, pour se dévouer aux Blancs,
aux Cafres, aux Zoulous, aux Basutos...
Le vénéré fondateur eut donc la récompense de voir lui-même sa
Congrégation couvrir l’univers. Il eut le bonheur aussi de donner la
consécration épiscopale à six de ses enfants auxquels l’Eglise confiait
déjà des diocèses ou des vicariats apostoliques.
Mgr de Mazenod mourut le 21 mai 1861, à l’âge de 70 ans. Ce fut au
moment où ses Oblats, réunis autour de sa couche, récitaient les
dernières paroles du _Salve Regina_: _O clemens, o pia o dulcis Virgo
Maria_!
La mort de ce saint évêque, que ses continuelles mortifications ont fait
appeler le «grand pénitent du XIXe siècle», fit paraître tous les
signes de la prédestination. Ses fils espèrent le voir un jour placé
par l’Eglise au rang des Saints, à côté de l’Oblat dont la cause est
introduite à Rome: le Père Albini.
* * * * *
Aujourd’hui, malgré les persécutions, malgré les ruines accumulées par
la grande guerre, malgré la mort de plusieurs sur le champ de bataille,
il reste sur la brèche plus de trois mille Oblats. Pontifes, simples
prêtres, frères coadjuteurs, ils travaillent, avec une égale abnégation,
sous la bannière de Marie Immaculée. Leurs communautés cultivent la
charité fraternelle et hospitalière, que leur légua leur vénéré
Fondateur et qui les caractérise.
En un siècle, la Congrégation des Oblats a donné à l’Eglise un cardinal
(Mgr Guibert, archevêque de Paris), et 38 archevêques ou évêques.
Les supérieurs généraux de la Société, élus à vie, ont été Mgr de
Mazenod, les T. RR. PP. Fabre, Soullier, Augier, Lavillardière et S. G.
Mgr Augustin Dontenwill, archevêque de Ptolémaïs. Mgr Dontenwill, élu en
1908, fut pris au siège archiépiscopal de Vancouver (Canada). A
l’occasion du centenaire de sa Congrégation (1916), il a été nommé, par
S. S. Benoît XV, Assistant au Trône pontifical.
La maison mère--résidence du supérieur général--se trouve à _Rome_, 5,
_via Vittorino da Feltre_, _Italie_.
Pour renseignements s’adresser _à Paris_, 4, _rue Antoinette_--; à
_Aix-en-Provence_ (_Bouches du Rhône_), 60, _cours Mirabeau_--; à
_Bruxelles_, 71, _rue Saint-Guidon_ (_Belgique_)--; à _Ottawa_
(_Canada_), _juniorat du Sacré-Cœur_, 600, _rue Cumberland_,--; à
_Lowell_ (_Mass._), _Etats-Unis_, 725, _rue Merrimack_.
* * * * *
Etat présent des _provinces_ et _vicariats de missions_:
EN EUROPE: Les _trois provinces de France_. (Il est peu de
paroisses françaises qui n’aient entendu la prédication des
Oblats).--La _province Britannique_ pour l’Angleterre, l’Ecosse,
l’Irlande.--Les _provinces de Belgique, d’Allemagne, d’Italie_.
EN AMÉRIQUE: La _province du Canada_, dans l’est du Dominion, et où
fleurissent toutes les œuvres de la Congrégation, depuis celles des
missions indiennes, sur les côtes du Labrador et de la Baie
d’Hudson, jusqu’à celle de la magnifique université d’Ottawa, avec
ses facultés de philosophie et de théologie.--Les _trois provinces
des Etats-Unis_ couvrant l’immense République et le Mexique.--La
_province du Manitoba_, qui commence le Nord-Ouest canadien.
Prêchant à la bénédiction de la cathédrale de Saint-Boniface, le 4
octobre 1908, S. G. Mgr Paul-Eugène Roy, coadjuteur de S. E. le
Cardinal Bégin, archevêque de Québec, disait: «L’évangélisation du
Nord-Ouest est le plus beau fleuron de la couronne que portent les
fils de Mgr de Mazenod, et l’un des plus merveilleux ouvrages de
l’apostolat catholique dans le monde.»--La _province
d’Alberta-Saskatchewan_.--Les _vicariats de la Colombie
Britannique, du Keewatin, d’Athabaska, du Mackenzie, du Youkon_.
EN ASIE: Le _vicariat de Jaffna_, qui compte environ 80.000
catholiques, et à qui il reste à convertir 300.000 bouddhistes ou
païens.--Le _vicariat de Colombo_, avec une centaine de
missionnaires et 245.000 catholiques. Il y reste 1.700.000
infidèles.
EN AFRIQUE: Le _vicariat de Natal_, comprenant la colonie anglaise
de Natal, la Cafrerie proprement dite, le Zoulouland, le Swasiland
et l’Amatonga.--Le _vicariat de Kimberley_ (autrefois Etat Libre
d’Orange) avec ses Boërs, ses Noirs, et les Blancs attirés par les
mines d’or et de diamant.--Le _vicariat du Transvaal_ (mêmes
éléments que le précédent).--Le _vicariat du Basutoland_, contrée
peu fréquentée des Blancs, mais où les missionnaires ont formé de
magnifiques chrétientés de Noirs. N. B. «Dans ces quatre vicariats
de l’Afrique méridionale, le climat est parfaitement salubre; la
température n’excède pas celle du Midi de l’Europe; l’état actuel
de ces missions est consolant; l’avenir est plein
d’espérance...»--La _Préfecture apostolique de la Cimbébasie_.
EN OCÉANIE: _Une maison établie dans le diocèse de Perth_
(Australie).
* * * * *
La Congrégation des Oblats de Marie Immaculée possède des _noviciats_
(dont l’épreuve dure une année); des _juniorats_ (où elle donne le cours
classique aux adolescents qui se destinent à devenir ses membres); des
_scolasticats_ (pour l’enseignement de la philosophie et de la
théologie), et plusieurs _grands séminaires_.
Citons les _scolasticats_ de Rome, de Liége, de San Giorgio, de Dublin,
de Hünfeld, d’Ottawa, d’Edmonton, de Washington, de San Antonio.
Dans ces vastes scolasticats, sont confondus, jusqu’au jour des
_obédiences_, qui se donnent au lendemain de l’ordination sacerdotale,
les futurs missionnaires des cinq parties du monde, «les aspirants à
l’Afrique et les amis des glaces, les partisans des Zoulous et ceux des
Esquimaux.» Les supérieurs tiennent compte des goûts et des aptitudes
manifestés; et tous baisent avec bonheur la main du général qui les
envoie sur le champ de bataille qu’il a choisi, assurés d’être partout
les _missionnaires des pauvres_.
[Illustration: RÉGIONS DES CINQ PARTIES DU MONDE ÉVANGÉLISÉES PAR LES
MISSIONNAIRES OBLATS DE MARIE IMMACULÉE]
Ajoutons qu’une consolation leur est désormais assurée: celle de n’être
plus isolés, comme le furent, par nécessité, plusieurs missionnaires des
commencements, surtout dans l’Athabaska-Mackenzie. La règle des Oblats
qui prescrit la vie commune peut être généralement observée. Et si le
missionnaire doit se condamner parfois encore à des voyages ou à des
résidences solitaires, ce n’est que pour peu de temps. Bientôt il
reverra ses confrères du voisinage. D’ailleurs, ce n’est pas dans cet
isolement, accepté par sacrifice et pour les âmes, que la grâce de Dieu
manquera jamais à son apôtre.
La dévotion filiale des Oblats à Marie Immaculée les a conduits à
l’apostolat privilégié du Sacré-Cœur. Ils furent les premiers chapelains
de Montmartre (1876-1903); les premiers aussi de la basilique nationale
de Belgique, à Bruxelles.
Partout où sont établis les Oblats, la dévotion au Sacré-Cœur, sous la
forme de la communion du premier vendredi du mois surtout, est en pleine
prospérité.
«Trois années avant que la persécution religieuse les chassât de
Montmartre, les Oblats de Marie avaient reçu, du Pape Léon XIII, la
mission de propager, à travers le monde, le scapulaire du Sacré-Cœur.
Par un rescrit daté du 19 mai 1900, le Souverain Pontife accordait au
Supérieur général, alors en charge, et à ses successeurs, à perpétuité,
la faculté, soit de bénir et d’imposer le scapulaire du Sacré-Cœur, soit
de déléguer, pour cette bénédiction et cette imposition, outre les
prêtres de sa Congrégation, tout prêtre du clergé tant séculier que
régulier.». Cette mission officielle, reçue du Vicaire de Jésus-Christ,
est une bénédiction incomparable pour toutes les œuvres confiées à la
congrégation des Oblats de Marie.
* * * * *
Le R. P. Th. Ortolan, O. M. I., auteur de nombreux ouvrages, publie, en
ce moment, l’Histoire Générale de la Congrégation des Oblats de Marie
Immaculée, sous le titre: _Cent Ans d’Apostolat dans les Deux
Hémisphères_. Des six ou sept volumes qui composeront cette histoire,
deux ont paru, illustrés, l’un et l’autre, de nombreuses gravures et de
cartes. Cette édition, tirée sur papier couché, est digne du célèbre
auteur et du sujet traité par lui. En vente: 4, rue Antoinette, Paris.
ASSOCIATION DE MARIE IMMACULEE
Fondée par Mgr de Mazenod lui-même, en 1840, canoniquement approuvée par
le Souverain Pontife, l’_Association de Marie Immaculée_ constitue comme
le _Tiers Ordre_ de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, et
fait part à ses membres des mérites gagnés par les missionnaires, Pères
et Frères, sur tous les champs de leur apostolat.
Le rôle des _associés_ est: 1º De demander à Dieu, par l’intercession de
Marie Immaculée, de bénir les travaux des Oblats, 2º De coopérer
eux-mêmes à l’œuvre des vocations, en suscitant et en aidant le
recrutement des missionnaires.
CONDITIONS D’ADMISSION:
1º Se faire inscrire. (A qui ne connaîtrait quelque centre établi,
ou quelque zélatrice de l’Association, nous indiquerions l’une des
adresses citées plus haut, page 474.)
2º Réciter chaque jour trois _Ave Maria_, ou le _Tota Pulchra es_.
3º Faire une aumône annuelle à l’œuvre des vocations, suivant le
titre que l’on choisira: _Simple associé_: un
franc.--_Souscripteur_: douze francs.--_Bienfaiteur_: cent francs.
Il y a en outre: 1º Les _Protecteurs_, qui adoptent un élève, en
assumant les frais de sa pension.--2º Les _Fondateurs_, qui versent
le capital d’une bourse à perpétuité.
Les associés de Marie Immaculée trouvent, sur les publications qu’on
leur adresse, la liste des nombreuses indulgences qu’ils peuvent gagner.
Chaque semaine, le saint sacrifice de la Messe est offert à leurs
intentions.
APPENDICE II
NOTICE SUR LES MISSIONS ETRANGÈRES DES SŒURS DE LA SAINTE-FAMILLE
Née à Bordeaux, en 1820, du cœur d’un saint prêtre, M. Pierre-Bienvenu
de Noailles, la Congrégation de la Sainte-Famille reçut presque aussitôt
le cachet de Dieu, par un miracle de la Sainte Eucharistie.
Le 3 février 1822, dimanche de la septuagésime, dans la chapelle des
religieuses de Bordeaux, durant le salut du Saint-Sacrement,
Notre-Seigneur apparut au milieu de l’ostensoir, à la place de l’hostie,
sous la forme d’un «jeune homme d’environ trente ans, extraordinairement
beau». «Le buste était revêtu d’une écharpe rouge foncé.» Ce miracle,
solennellement commémoré chaque année, fut le point de départ de
l’accroissement merveilleux de l’humble congrégation religieuse.
* * * * *
Le ministère des Sœurs de la Sainte-Famille s’exerce tantôt auprès des
orphelins abandonnés, tantôt dans l’enseignement, «depuis l’école du
village, l’ouvroir, la classe primaire, jusqu’aux externats et
pensionnats ouverts aux jeunes filles de la classe aisée», tantôt au
chevet des malades de toutes conditions.
Ces vaillantes religieuses, répondant au vœu de leur fondateur,
regardent les _Missions étrangères_ comme le champ privilégié de leur
apostolat.
En 1862, elles abordaient en Asie, à l’île de Ceylan, «la perle des
Indes», et, en 1864, au Sud de l’Afrique.
* * * * *
A Ceylan, la Sainte-Famille compte actuellement 8 centres principaux:
orphelinats, pensionnats, hôpital. A ces grandes entreprises elles
ajoutent «une quarantaine d’écoles tamoules ou singhalaises». Leur
succès fut si grand que de nombreuses jeunes filles quittèrent le
paganisme, non seulement pour se donner à la vie chrétienne, mais pour
embrasser la perfection de l’état religieux. Deux cent trente de ces
religieuses indigènes «dirigent, sous le contrôle des Sœurs européennes,
des écoles, que fréquentent près de 8.000 enfants».
* * * * *
En Afrique, les Sœurs missionnaires eurent à affronter plus que le
paganisme: la vie sauvage. Elles durent souvent «défricher le sol», afin
d’en tirer «leur subsistance et celle des enfants confiés à leurs
soins», et «tisser des étoffes, destinées à couvrir le noir petit monde
qu’elles entreprenaient de civiliser». Inlassables catéchistes,
patientes gardes-malades, elles ont donné à Dieu des légions de
convertis. Et même y trouvent-elles quelques âmes, éprises des
abnégations de la vie religieuse.
La Cafrerie, le Basutoland, la Colonie du Natal, de l’Orange, du
Transvaal voient plus de 6.000 enfants aux écoles de la Sainte-Famille.
Au sanatorium de Johannesburg et à celui du Cap, les Sœurs rendent
chaque année à la santé et à la vie surnaturelle des milliers de
malades.
* * * * *
Les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux sont affiliées à la
Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.
* * * * *
Pour tous renseignements, s’adresser à Madame la Supérieure des Sœurs de
la Sainte-Famille, 33, rue Sainte-Eulalie, Bordeaux, Gironde.
APPENDICE III
ETAT DE PERSONNEL DANS LES MISSIONS DÉNÉES DE L’ATHABASKA-MACKENZIE, DE
L’ORIGINE À 1920
N. B.--1º Les dates extrêmes, apposées au nom de chacun des
missionnaires _résidents_, marquent généralement que le missionnaire a
pris son poste, et l’a quitté pour un autre, durant la saison de
navigation de l’année que désigne chaque date. Si l’on ne trouve qu’une
seule date, l’on en conclura que la résidence n’aura duré que quelques
mois.
2º Les missionnaires _visiteurs_ vont ordinairement à leurs dessertes en
raquette, pour en revenir en canot, après le dégel. Ou _vice-versa_. Les
_visites_ durent de deux à quatre mois. Il ne s’agit pas ici des
_missions aux camps nomades_, que nous avons décrites, et qui sont de
toutes saisons, de tous moyens de locomotion (surtout celui des
raquettes) et de toutes distances.
3º Les longitudes et latitudes ont été approximativement calculées.
CHAPITRE IX.--LES MONTAGNAIS.
Mission de _la Nativité_ (Fort _Chipewyan_): latitude, 58,42; longitude,
111,10.
_Missionnaire visiteur_: P. Taché (1847-1848).
_Missionnaires résidents_: PP. Faraud (1849-1861).--Grollier
(1852-1858).--Grandin (1855-1857).--Clut (1859-1869).--Grouard
(1862-1863; puis 1888-1894).--Eynard (1863-1864; puis
1867-1873).--Tissier (1865-1867).--Laity (1868-1881).--Le Doussal
(1875-1880; puis 1882-1920).--Joussard (1880-1881; puis
1917-1920).--Pascal (1881-1890).--De Chambeuil (1893-1920).--Croisé
(1901; puis 1903-1912).--Laffont (1902-1903; puis
1908-1914).--Bocquené (1907-1908).--Riou (1908-1909).--Le Treste
(1913-1916).
Fondation du Couvent-Orphelinat des _Saints-Anges_ (Sœurs Grises de
Montréal), 1874.
* * * * *
La mission de la Nativité essaima, en 1914, à _Fort Mac-Murray_, mission
située sur la rivière Athabaska, latitude 56,40, longitude 111,20, et
que l’on avait toujours visitée, quoique irrégulièrement. Le P. Laftont
en est devenu le _résident_. Il compte à peu près en nombre égal des
Montagnais, des Cris, des Métis, des Blancs. Les Sœurs Grises de
Montréal y ont fondé un orphelinat-pensionnat pour Indiens et Blancs, en
1920.
Mac-Murray, riche en ressources minières, est appelée à devenir une
ville considérable. Elle est le _terminus_ actuel du chemin de fer vers
le Nord.
CHAPITRE X.--LES MANGEURS DE CARIBOUS.
Mission _Notre-Dame des Sept-Douleurs_ (Fort du _Fond-du-Lac_):
latitude, 59,20; longitude, 102.
_Visiteurs_: PP. Grollier (1853-54-55-56 et 1858).--Grandin
(1857).--Clut (1859-60-61-62-63-65-66-67-74).--Séguin
(1861).--Grouard (1862).--Eynard (1864-70-71-72-73).--Mgr Faraud
(1869).
_Résidents_: PP. Pascal (1875-1881).--De Chambeuil
(1881-1893).--Breynat (1892-1901).--Biehler (1900-1911).--Croisé
(1902-1903).--Laffont (1903-1908).--Bocquené (1908-1909; puis
1911-1914).--Riou (1909-1920).
CHAPITRE XI.--LES CASTORS.
Mission _Saint-Charles_ (Fort _Dunvegan_): latitude, 55,55; longitude,
118,35.
_Visiteurs_: M. l’abbé Bourrassa, compagnon de M. l’abbé Thibault
au lac Sainte-Anne, qui vint du Petit Lac des Esclaves au fort
Dunvegan, (en 1845-46-47).--P. Lacombe (1855).--P. Faraud
(1858-59-60-66).
_Résidents_: PP. Tissier (1867-1883).--Le Doussal
(1880-1881).--Husson (1881-1885).--Grouard (1883-1885).--Desmarais
(1884-1885).--Le Serrec (1885-1893).--Le Treste (1885-1903).--Hess
(1899-1903).--Josse (1903).
En 1903, la mission est transportée à _Spirit River_ (latitude, 55,40;
longitude, 118,40) par les Pères Le Treste et Josse.
A Spirit River, résidèrent depuis: Pères Le Treste (1903-1904); Josse
(1903-1911); Alac (1906-1907); Girard (1911-1920).
_Les dessertes_ de Saint-Charles, sur la rivière la Paix, furent
_Saint-Pierre_ (du fort Saint-Jean), latitude, 56,10; longitude, 120,50,
et _Notre-Dame des Neiges_ (du fort _Hudson’s Hope_), latitude, 56;
longitude, 121,50. 80 kilomètres au sud, _Saint-Vincent-Ferrier_ (de la
_Grande Prairie_).
Mission _Saint-Henri_ (Fort _Vermillon_): latitude, 58,20; longitude,
115,55.
_Visiteurs_: M. Bourrassa (1846-1847); PP. Faraud
(1858-59-60-66).--Tissier (1866).--Mgr. Clut (1868-1869).--PP.
Laity (1869-70-71-72).--Collignon (1874-1875).
_Résidents_: PP. Husson (1876-1888).--Laity (1881-1889).--Dupin
(1889-1909).--Joussard (1889-1909).--Lecorre (1902-1903).--Habay
(1904-1912).--Le Treste (1909-1913; puis 1916-1918).--Rault
(1912-1918).--Bocquené (1914-1915).
La population du fort Vermillon est presque totalement blanche
aujourd’hui. Les Sœurs de la Providence de Montréal y tiennent un
pensionnat. Elles ont aussi un orphelinat-pensionnat à la mission
_Saint-Augustin_ (de _Peace River_).
CHAPITRE XII.--LES COUTEAUX-JAUNES.