Et, pour ne vous point _mettre_ aussi _dans le propos_...
(_Fem. sav._ IV. 3.)
PROPRE, au sens d’_élégant_, _paré_:
DORANTE. Comment, monsieur Jourdain, vous voilà le plus
_propre_ du monde!
(_B. gent._ III. 4.)
PROU, adverbe, beaucoup; archaïsme:
J’ai _prou_ de ma frayeur en cette conjecture.
(_L’Ét._ II. 5.)
_Prou_, par apocope de _proufit_ (_profit_). En italien, _pro_ n’est que
substantif: _Buon pro vi faccia._--Bon prou vous fasse.
La _Civilité puérile et honnête_ apprenait aux enfants à dire à leurs
père et mère, après les grâces, _prouface_, c’est-à-dire, _bon prou
vous fasse_; que ce repas vous profite.
En français, _prou_ fait aussi l’office d’adverbe, comme ces autres
substantifs monosyllabes, _pas_, _point_, _mie_, _trop_, _rien_.
(Voyez PAS; RIEN.)
«L’un jura foi de roi, l’autre foi de hibou,
«Qu’ils ne se goberoient leurs petits _peu ni prou_.»
(LA FONT. _L’Aigle et le Hibou._)
PRUNES; POUR DES PRUNES, pour rien:
CLIMÈNE. Ce _le_, où elle s’arrête, n’est pas mis _pour des
prunes_.
(_Crit. de l’Éc. des fem._ 3.)
Molière prête à Climène cette trivialité, pour faire un contraste
plaisant avec le superbe néologisme de cette précieuse, et l’importance
qu’elle attache à ce _le_.
La même intention paraît dans Sganarelle, qui, interrogé au plus fort
de son chagrin, répond:
Si je suis affligé, ce n’est pas _pour des prunes_.
(_Sgan._ 16.)