Une jeune fille toute _fondante en larmes_, la plus belle et la
plus touchante qu’on puisse jamais voir.
(_Scapin._ I. 2.)
M. Auger veut qu’ici _fondant_ soit un participe présent, et non
un adjectif verbal, attendu le complément indirect _en larmes_. La
raison ne paraît pas convaincante. On dit bien: cette jeune fille est
_charmante de grâces_. Le complément ne fait donc rien à l’affaire;
mais le féminin _toute_, qui précède _fondante_, y fait beaucoup, et
détermine au second mot le caractère d’adjectif. Cette femme est _toute
riante de santé_, ou bien _toute fondante en larmes_; il est clair
qu’il s’agit d’un état, d’une manière d’être, et non pas d’une action.
(Voyez PARTICIPE PRÉSENT _variable_.)
FONDER SUR QUELQUE CHOSE, absolument:
Tant de méchants placets, monsieur, sont présentés,
Qu’ils étouffent les bons; et l’espoir où _je fonde_
Est qu’on donne le mien quand le prince est sans monde.
(_Fâcheux._ III. 2.)