Je ne vous parle point, _pour devoir en distraire_,
Du don de tout son bien, qu’il venoit de vous faire.
(_Tart._ V. 7.)
_Pour devoir en distraire_, signifie probablement pour avoir dû vous
détourner d’une telle action. Il serait difficile d’être plus obscur.
Ce passage, et bien d’autres, font voir que Molière suivait en
versifiant la méthode de Boileau, de commencer par le second vers,
et d’y renfermer toute l’énergie de la pensée dans les termes les
plus propres. Le premier se faisait ensuite du mieux qu’on pouvait,
ajusté sur le second. Molière a dû, comme Virgile, laisser souvent des
hémistiches vides, qu’il remplissait à la hâte au dernier moment.
Quoi! vous ne pouvez pas, _voyant comme on vous nomme_,
Vous résoudre une fois à vouloir être un homme?
(_Fem. sav._ II. 8.)
Le second vers, ferme, compacte, énergique, était certainement fait
avant le premier. _Voyant comme on vous nomme_ n’est que la paraphrase
affaiblie et peu claire du mot _être un homme_.
Pour moi, je ne tiens pas...........
Que la science soit pour gâter quelque chose.
(_Ibid._ IV. 3.)
Voilà la pensée complète, comme elle s’est présentée à Molière. Mais il
a fallu remplir l’hémistiche:
Pour moi, je ne tiens pas, _quelque effet qu’on suppose_, etc.
Plus loin:
Et c’est mon sentiment que..........
La science est sujette à faire de grands sots!
Quelle petite phrase incidente remplira le premier hémistiche _en faits
comme en propos_?
Et c’est mon sentiment qu’_en faits comme en propos_,
La science est sujette à faire de grands sots.
(_Ibid._ IV. 3.)