A CAUSE QUE.

Vous ne lui voulez mal, et ne le rebutez

Qu’_à cause qu_’il vous dit à tous vos vérités.

(_Tart._ I. 1.)

Et voilà qu’on la chasse avec un grand fracas,

_A cause qu_’elle manque à parler Vaugelas.

(_Fem. sav._ II. 7.)

«Ceux qu’on nomme chercheurs, _à cause que_, dix-sept cents

ans après J. C., ils cherchent encore la religion.»

(BOSSUET. _Or. fun. de la R. d’A._)

ACCESSOIRE. EN UN TEL ACCESSOIRE, en pareille circonstance:

Et tout ce qu’elle a pu, _dans un tel accessoire_,

C’est de me renfermer dans une grande armoire.

(_Éc. des f._ IV. 6.)

_Accessoire_ paraît un mot impropre, suggéré par le besoin de rimer.

On voit, à la plénitude du sens et à la fermeté habituelle de

l’expression, que Molière avait, comme Boileau, l’usage de s’assurer

d’abord de son second vers. De là vient que souvent le second

hémistiche du premier tient de la cheville, comme en cette occasion.

(Voyez CHEVILLES.)

ACCOISER, calmer:

Ier MÉDECIN. Adoucissons, lénifions et _accoisons_ l’aigreur de

ses esprits.

(_Pourc._ I. 2.)

L’orthographe primitive est _quoi_, _quoie_, de _quietus_: on devrait

donc écrire aussi _aquoiser_; mais l’écriture s’applique à saisir les

sons plutôt qu’à garder les étymologies. C’est une des causes qui

transforment les mots.

_Accoiser_ était du langage usuel; Bossuet s’en est servi dans sa

_Connaissance de Dieu_; les éditeurs modernes ont changé mal à propos

cette expression. Voici le passage tel qu’on le lit dans l’édition

originale donnée par l’auteur:

«Si les couleurs semblent vaguer au milieu de l’air, si elles

s’affoiblissent peu à peu, si enfin elles se dissipent,

c’est que le coup que donnoit l’objet présent ayant cessé,

le mouvement qui reste dans le nerf est moins fixe, qu’il se

ralentit, et enfin s’_accoise_ tout à fait.»

Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du XVIIe siècle · 第 30 / 467 题