§2.
Lettre de Charlotte de Bourbon au comte Jean. 3 décembre 1576.
(Groen van Prinsterer, _Correspondance_, 1re série, t. V, p. 554.)
»Monsieur mon frère, si j'avois eu le moïen de vous faire autant de
service comme j'en ai bonne volonté, vous tiendriez, comme je
m'assure, pour bien emploiée la peine que vous avez déjà prinse à mon
occasion, et celle que je vous supplie bien humblement vouloir encore
prendre, suivant ce que monsieur le prince, vostre frère vous en
escrit; pour l'honneur duquel et l'amitié que vous luy portez et à
tout ce qui le touche, je ne fais point de doubte, monsieur mon frère,
qu'il vous plaira bien, en ce qui dépend de vous et de vostre
autorité, me faire en cest endroit tous bons offices; en quoy vous
m'obligerez, outre l'affection que je vous ai desjà dédiée, à vous
faire de plus en plus service; remettant sur le sieur Taffin de vous
faire plus au long entendre sa charge, lequel je vous supplie de
croire de ce qu'il vous dira de ma part. Il vous a été dépesché, pour
la confiance que nous avons en luy, et affin que cest affaire soit
conduit avec plus de discrétion. Car, combien, monsieur mon frère, que
la requeste que je vous fait soit légitime et juste, je serois trop
marrie qu'il vous en revint aucune incommodité; ce qui n'arrivera
point, comme j'espère, aidant Dieu, lequel je supplie, après vous
avoir présenté mes biens humbles recommandations à vostre bonne grâce,
ensemble à celle de madame la comtesse, ma soeur, vous donner,
monsieur mon frère, en bien bonne santé, heureuse et longue vie.--A
Middelbourg, le 3 décembre 1576.
»Vostre bien humble et plus affectionnée soeur, pour vous faire
service.
»CHARLOTTE DE BOURBON.»