Oroboni, après avoir beaucoup souffert pendant l’hiver et le printemps,
se trouva bien plus mal pendant l’été. Il cracha le sang, et tomba dans
l’hydropisie.
Je laisse à penser quelle était notre affliction alors qu’il allait
s’éteignant si près de nous, sans que nous pussions briser ces cruelles
murailles qui nous empêchaient de le voir et de lui prêter nos services
d’amis!
Schiller nous apportait de ses nouvelles. L’infortuné jeune homme
souffrit atrocement, mais son courage ne fut jamais abattu. Il eut les
secours spirituels du chapelain (qui, par bonheur, savait le français).
Il mourut le jour de la fête de son patron, le 13 juin 1823. Quelques
heures avant d’expirer, il parla de son père octogénaire, s’attendrit et
pleura. Puis il se reprit, en disant: «Mais pourquoi pleuré-je le plus
heureux de ceux qui me sont chers, puisqu’il est à la veille de me
rejoindre dans l’éternelle paix?»