10 février 1319 (n. s.).

A touz ceux qui ces lettres verront Henri de Taperel, garde de

la prevosté de Paris, salut. Nous fasons assavoir que, comme les

ouvriers conreurs de robe [vaire deme]urenz à Paris nous aient supplié

humblement que, comme pour le grant travail de leur mestier il enchient

souvent en grieives[1176] et longes maladies, si qu’il ne puent

ovrer....., il lour convient querir leur pain et mourir de mesaise, et

la plus grant part[i]e de eus ait grant volenté et bonne devocion de

pourveeir sus les...[1177] de leur dit mestier à leur cous, se il nous

plaist, en ceste maniere, c’est assavoir que chescun qui sera malade,

tan comme il sera malade ou impotens.... chescune semaine trois souls

parisis, pour soy vivre, et quant il relevera de celle maladie ou

impotence, il aura troys soulz pour la semaine qu’il relevera et autres

trois soulz une foiz pour soy efforcer, et est leur entencion que ce

soit de maladie ou impotence d’aventure, et non pas de bleceures qui

leur fussent faites par leur diversité, quar en ce il ne prandroient

riens, et les ouvriers conreeurs qui voudront estre acuilliz et partir

à ceste aumosne bailleront chaiscun dix soulz d’entrée et six deniers

au clerc et paieront chaiscun de eus chaiscune sepmaine un denier

parisis ou la quinzaine deus deniers et les seront tenu d’aporter là

où ladite aumosne sera reçeue, et qui y devra plus de sis deniers

d’areraigez, il sera debouté dou bienfait d’icel aumosne, juques à tant

qu’il ait paié. Se il y avoit conreeurs qui ne vousist paier ce que

dit est dessus, il ne seroit point acuilli à l’aumosne et n’i auroit

nul profit à son besoing et que ces deniers soient receuz par sis

persoines dudit mestier, et ne pourront ces deniers convertir en autres

usaiges, sus paine de corps et de bien, et en rendront une foiz chescun

an compte au commun dudit mestier et du deffaut seront puniz par nous

prevost de Paris et par noz successeurs, et changera ledit commun au

compte les dites sis persoines et le clerc, se il lour plaist, et se

il leur plaist que il demurent, il demourront. Nous qui le commun

profit et l’onour de Dieu et de la benoite Vierge Marie et de nostre

sire le roy voulons, et desirrons faire, si comme à nous appartient,

le profit dou commun poiple, voulons et ottroions au diz ouvriers

conreeurs de robe vaire que il puissent faire et ordenner, facent et

ordrennent (_sic_) les choses dessus dites de nostre auctorité, licence

et commandement, sauf en toutes choses le droit et l’onor de nostre

sire le roy et de son peuple, et que par ce taquehan, assemblée ou

conspiracion populaire ne soit faite ou prejudice ou doumaige de nostre

sire le roy et de son dit peuple. En tesmoing des choses dessus dites,

nous avons signées ces lettres de nostre propre signet et les avons

fait seeller du seel de la prevosté de Paris. Ce fut fait en l’an de

grace mil CCC diz et huit le samedi diz jours de fevrier.

(Trésor des Chartes, reg. 65{2}, pièce VIII{xx}XVIII.

Vidimus de Philippe de Valois en décembre 1328.)

Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle · 第 74 / 199 题