A touz ceux qui ces lettres verront Henri de Taperel, garde de
la prevosté de Paris, salut. Nous fasons assavoir que, comme les
ouvriers conreurs de robe [vaire deme]urenz à Paris nous aient supplié
humblement que, comme pour le grant travail de leur mestier il enchient
souvent en grieives[1176] et longes maladies, si qu’il ne puent
ovrer....., il lour convient querir leur pain et mourir de mesaise, et
la plus grant part[i]e de eus ait grant volenté et bonne devocion de
pourveeir sus les...[1177] de leur dit mestier à leur cous, se il nous
plaist, en ceste maniere, c’est assavoir que chescun qui sera malade,
tan comme il sera malade ou impotens.... chescune semaine trois souls
parisis, pour soy vivre, et quant il relevera de celle maladie ou
impotence, il aura troys soulz pour la semaine qu’il relevera et autres
trois soulz une foiz pour soy efforcer, et est leur entencion que ce
soit de maladie ou impotence d’aventure, et non pas de bleceures qui
leur fussent faites par leur diversité, quar en ce il ne prandroient
riens, et les ouvriers conreeurs qui voudront estre acuilliz et partir
à ceste aumosne bailleront chaiscun dix soulz d’entrée et six deniers
au clerc et paieront chaiscun de eus chaiscune sepmaine un denier
parisis ou la quinzaine deus deniers et les seront tenu d’aporter là
où ladite aumosne sera reçeue, et qui y devra plus de sis deniers
d’areraigez, il sera debouté dou bienfait d’icel aumosne, juques à tant
qu’il ait paié. Se il y avoit conreeurs qui ne vousist paier ce que
dit est dessus, il ne seroit point acuilli à l’aumosne et n’i auroit
nul profit à son besoing et que ces deniers soient receuz par sis
persoines dudit mestier, et ne pourront ces deniers convertir en autres
usaiges, sus paine de corps et de bien, et en rendront une foiz chescun
an compte au commun dudit mestier et du deffaut seront puniz par nous
prevost de Paris et par noz successeurs, et changera ledit commun au
compte les dites sis persoines et le clerc, se il lour plaist, et se
il leur plaist que il demurent, il demourront. Nous qui le commun
profit et l’onour de Dieu et de la benoite Vierge Marie et de nostre
sire le roy voulons, et desirrons faire, si comme à nous appartient,
le profit dou commun poiple, voulons et ottroions au diz ouvriers
conreeurs de robe vaire que il puissent faire et ordenner, facent et
ordrennent (_sic_) les choses dessus dites de nostre auctorité, licence
et commandement, sauf en toutes choses le droit et l’onor de nostre
sire le roy et de son peuple, et que par ce taquehan, assemblée ou
conspiracion populaire ne soit faite ou prejudice ou doumaige de nostre
sire le roy et de son dit peuple. En tesmoing des choses dessus dites,
nous avons signées ces lettres de nostre propre signet et les avons
fait seeller du seel de la prevosté de Paris. Ce fut fait en l’an de
grace mil CCC diz et huit le samedi diz jours de fevrier.
(Trésor des Chartes, reg. 65{2}, pièce VIII{xx}XVIII.
Vidimus de Philippe de Valois en décembre 1328.)