VIE PUBLIQUE DU CORPS DE MÉTIER

Services rendus par le corps de métier en matière d’impôts

et de police.--Sa participation aux fêtes et aux cérémonies

publiques.--Son rôle politique.

Jusqu’ici, nous avons considéré le corps de métier en lui-même,

abstraction faite de la place qu’il occupait dans l’organisation

sociale; nous allons étudier maintenant la part qu’il prenait à la vie

publique.

Dans un assez grand nombre de villes, les corporations d’arts et

métiers concouraient au gouvernement municipal ou contribuaient à

l’élection des officiers municipaux[167]. A Paris, l’administration et

la police étaient concentrées dans les mains du prévôt royal et les

corporations industrielles n’avaient aucun lien avec l’échevinage,

dont la principale attribution consistait à surveiller le commerce

fluvial. Elles n’eurent donc d’autre rôle politique que celui qu’elles

usurpèrent à la faveur des circonstances, et l’autorité n’utilisait

leur organisation que pour asseoir les impôts, assurer le bon ordre et

rendre les fêtes et les cérémonies publiques plus brillantes.

Les corporations nommaient un ou plusieurs de leurs membres pour

répartir le montant de la taille et vérifier la recette[168]. Lorsque

la taille ne s’étendait pas au delà du quartier dans l’intérêt duquel

elle était imposée, elle était levée non pas, comme les tailles

générales, par paroisses et par quêtes, mais par corporations, et alors

chaque corporation répartissait entre ses membres la somme à laquelle

elle avait été imposée[169].

C’est au sein des corporations de métiers, que se recrutait la milice

bourgeoise à laquelle était en partie confiée la police de la ville.

Les artisans de certains métiers s’étaient spontanément chargés de

faire le guet à leurs frais et à tour de rôle de trois semaines en

trois semaines. On voit, par l’ordonnance du mois de décembre 1254,

qu’il existait déjà un guet soldé par le roi et composé de vingt

sergents à cheval et de quarante sergents à pied, sous le commandement

d’un officier nommé le _chevalier du guet_[170]. A la différence de

celui-ci, qui parcourait les rues en patrouille, le guet bourgeois

était à poste fixe[171]. Les métiers soumis au service étaient un

peu plus de vingt et un. On en compterait vingt et un juste si

l’on s’en tenait à ce fait que le tour de chacun d’eux venait une

fois en trois semaines, mais on voit que plusieurs se réunissaient

quelquefois pour former le contingent qu’un seul d’entre eux n’aurait

pu fournir. Ainsi, on ne comptait parmi les batteurs d’or que six

maîtres tenus au guet, et ils invoquaient ce petit nombre comme motif

de dispense[172]. Un arrêt du Parlement, de la Pentecôte 1271, nous

montre qu’il faut ajouter à ces vingt et un métiers les changeurs,

les orfévres, les drapiers, les taverniers[173]. Une ordonnance du

roi Jean, du 6 mars 1364 (n. s.) parle de la convocation des gens du

métier ou _des métiers_ dont le tour est arrivé. Cette convocation

devait être faite en temps opportun par deux officiers portant le

titre de _clercs du guet_, et chargés d’enregistrer les noms de ceux

qui se présentaient au Châtelet avant le couvre-feu, de remplacer les

défaillants à leurs frais et de distribuer le guet par escouades de

six hommes entre les différents postes. Il y en avait deux près du

Châtelet; les autres étaient établis dans la cour du Palais, près de

l’église de Sainte-Marie-Madeleine de la Cité, à la place aux Chats,

devant la fontaine des Innocents, sous les piliers de la place de

Grève et à la porte Baudoyer. L’effectif était donc de quarante-huit

hommes. Quelquefois il y en avait davantage, et alors l’excédant

était envoyé aux carrefours où les _clercs_ jugeaient qu’il serait le

plus utilement placé. Le service durait depuis le couvre-feu jusqu’au

jour. Les bourgeois s’armaient eux-mêmes et servaient généralement en

personne. Cependant les cordonniers pouvaient, dès le temps de la reine

Blanche, se faire remplacer par leurs ouvriers[174], et les couteliers

jouissaient depuis Philippe-Auguste du même privilége[175]. Plusieurs

métiers avaient affermé du roi le revenu du guet auquel ils étaient

soumis et dont ils se déchargeaient sur des remplaçants. De ce nombre

étaient les tisserands. Chaque fois que leur tour était arrivé, ils

fournissaient soixante hommes et payaient 20 s. parisis au roi, plus 10

s. qui se répartissaient entre leurs remplaçants, les clercs du guet

et les veilleurs (_gaites_) du Grand et du Petit-Pont. Le maître du

métier était chargé de convoquer le guet et, à ce titre, sergent juré

du roi[176]. Il forçait même les fabricants de tapis de luxe à guetter

en violation de leur privilége, et ceux-ci l’accusaient de s’approprier

les revenus du guet au détriment du trésor royal[177]. Au XIVe

siècle, les tisserands, appauvris et décimés par les guerres et les

épidémies, n’avaient plus les moyens de se racheter du guet. La plupart

quittèrent la terre du roi pour aller s’établir dans les seigneuries

ecclésiastiques, dont les habitants jouissaient de l’immunité. Il ne

resta environ que seize familles de tisserands dans le domaine royal.

A la requête du maître et des jurés du métier qui avaient déterminé

le retour d’un certain nombre de familles et faisaient espérer

que les autres suivraient cet exemple, Charles V, au mois d’avril

1372-73, affranchit les tisserands qui viendraient s’établir sous sa

juridiction immédiate de l’obligation de se racheter et leur remit même

les arrérages échus, à la charge de faire le guet comme les autres

corporations[178]. Ainsi, ils obtinrent comme une faveur de quitter une

situation privilégiée, que les circonstances avaient rendue onéreuse,

pour rentrer dans la condition commune.

Plusieurs corporations cependant se rachetaient du service par une

redevance en nature ou en argent. Tel était le cas des tonneliers et

des _esculliers_ (fabricants d’écuelles, de hanaps, d’auges, etc.).

Chaque _escullier_ fournissait annuellement au cellier royal sept auges

de deux pieds de long[179], et chaque tonnelier obtenait son exemption

depuis la Madeleine (22 juillet) jusqu’à la Saint-Martin d’hiver (11

novembre), en payant au roi la valeur d’une journée de travail[180].

L’expression _payer_, que les statuts de certains métiers appliquent

au guet, prouve que, pour ces métiers, le service avait été converti

en une prestation pécuniaire[181]. L’usage de s’en affranchir à prix

d’argent se généralisa même abusivement par la prévarication des clercs

du guet, dont les bourgeois achetaient la tolérance, si bien que la

ville fut privée pendant quelque temps de la garde de nuit qui veillait

à sa sûreté. Le 6 mars 1364 (n. s.), le roi Jean, voulant remettre en

vigueur une institution aussi utile, destitua les coupables et décida

qu’à l’avenir leur office serait rempli par deux notaires du Châtelet,

qui l’exerceraient concurremment avec leurs premières fonctions. Comme

plusieurs s’esquivaient après avoir fait inscrire leurs noms, il

ordonna que le guet des sergents visiterait les postes et prendrait les

noms des absents afin de les faire connaître au prévôt de Paris, enfin

il défendit aux clercs de profiter de leur position pour faire des

gains illégitimes[182].

Le guet bourgeois était commandé par le prévôt ou par son lieutenant.

Les changeurs, les orfévres, les drapiers, les taverniers,

revendiquaient le privilége de ne guetter que sous le commandement

personnel du prévôt, mais la jurisprudence constante du Parlement se

montra contraire à cette prétention. Dans sa session de l’octave de

la Toussaint 1264, il jugea à l’unanimité que les drapiers étaient

tenus de guetter en l’absence comme en la présence de cet officier, et

ce n’était pas la première fois qu’il se prononçait en ce sens[183].

Un arrêt du lundi après la Saint-Barnabé (11 juin) 1265, apprend

que la même chose avait été décidée à plusieurs reprises à l’égard

des bourgeois de Paris en général[184], et la question posée de

nouveau à l’occasion des changeurs, des orfévres, des drapiers, des

taverniers, etc., fut résolue de même en 1271, conformément à un arrêt

du Parlement, de la Saint-Martin d’hiver 1258, dont l’existence fut

établie par un record de cour[185].

Le privilége des corporations exemptes du guet se fondait généralement

sur ce qu’elles exerçaient une industrie de luxe; travaillant surtout

pour la noblesse et le clergé, elles participaient en quelque sorte à

la faveur dont ces classes élevées étaient l’objet. C’est à ce titre

que les haubergiers[186], les barilliers[187], les imagiers[188], les

chapeliers de paon[189], les archiers[190], jouissaient de l’immunité,

et que les lapidaires[191], les tapissiers de tapis imités de ceux

de l’Orient[192], les tailleurs de robes[193], y prétendaient. Une

tradition, transmise de père en fils chez les mortelliers et tailleurs

de pierre, faisait remonter leur privilége à cet égard au temps de

Charles-Martel[194]. Les maîtres et clercs du guet obligeaient les

barbiers à guetter, bien que le registre des métiers ne leur imposât

pas cette charge. Les barbiers s’en plaignirent à Charles V; ils

représentèrent que quatorze d’entre eux sur quarante étaient exempts,

soit à cause de leur âge, soit parce qu’ils demeuraient sur des terres

franches ou seigneuriales; ils ajoutèrent qu’ils étaient souvent

appelés la nuit par les malades à défaut des médecins et chirurgiens.

Le roi manda au prévôt de Paris de consulter les registres des métiers

conservés au Châtelet et à la Chambre des comptes et de faire droit,

s’il y avait lieu, à la requête des barbiers. C’est ce que fit le

prévôt après avoir vérifié que les registres ne contenaient rien qui

s’y opposât[195]. Un document qui paraît avoir été rédigé à la suite

d’une enquête ordonnée par le Parlement[196] nous offre la liste

complète des corporations et des personnes exemptes du guet. Elle

comprend, outre celles que nous avons déjà citées, les chasubliers, les

graveurs de sceaux (_seelleurs_), les libraires, les parcheminiers,

les enlumineurs, les écrivains, les tondeurs de draps, les bateliers,

les buffetiers, les fabricants de gants de laine, de chapeaux en

_bonnet_[197], de nattes, de haubergeons, de braies, de bijoux en verre

(_voirriers_), les déchargeurs de vin, les sauniers, les corroyeurs de

robes de vair, les corroyeurs de cordouan, les monnayeurs, les brodeurs

de soie, les courtepointiers, les vanniers, les tapissiers qui se

servaient de la navette, les marchands de fil (_fillandriers_), les

calendreurs, les marchands d’oublies, les écorcheurs, les orfévres, les

étuveurs, les apothicaires, les habitants de l’enceinte des églises

et des monastères, les mesureurs, ceux qui remettaient les vêtements

à neuf, les petits marchands qui étalaient leurs denrées aux fenêtres

(_touz fenestriers_), les courtiers de commerce, les marchands de vin

étaliers, les artisans attachés au service du roi, des princes du sang

et des seigneurs, les boiteux, les estropiés, les fous, les maîtres et

jurés des métiers[198]. Les sexagénaires, les absents qui n’avaient

pas quitté la ville après avoir eu connaissance de la convocation,

les malades, ceux dont la femme était en couches, ceux qui avaient

été saignés le jour même, pourvu que la convocation n’eût pas précédé

la saignée, ceux enfin qui montaient la garde sur les murs de la

ville, étaient dispensés, à la condition de faire, sous serment, leur

déclaration aux clercs du guet[199]. Ceux-ci, paraît-il, n’acceptaient

les excuses des fripiers que lorsqu’elles étaient présentées par leurs

femmes. Les fripiers représentèrent l’inconvénient qu’il y avait pour

elles à attendre au Châtelet l’heure du couvre-feu et à en revenir le

soir par des rues écartées et désertes, et ils sollicitèrent du roi la

permission de se faire excuser par leur ouvrier, leur servante ou leur

voisin[200].

Les descriptions que les chroniqueurs nous ont laissées des fêtes et

des cérémonies publiques prouvent que les corps de métiers ne s’y

confondaient pas avec le reste de la bourgeoisie et qu’ils y occupaient

une place distincte.

Chacun d’eux était rangé à part et portait un uniforme neuf, en

étoffe de prix, tel que le prévôt de Paris le lui avait assigné[201].

L’intervention du prévôt en pareille matière montre bien que leur

assistance aux cérémonies publiques faisait partie du programme

officiel de ces cérémonies. Mais ils ne se bornaient pas à y assister,

ils contribuaient aux divertissements offerts à la foule. Jean de

Saint-Victor, décrivant les fêtes célébrées à Paris, en 1313, à

l’occasion de la chevalerie des trois fils de Philippe le Bel, parle

du défilé de toutes les corporations avec leurs insignes particuliers;

les unes, ajoute-t-il, représentèrent l’enfer, les autres le paradis,

d’autres firent passer sous les yeux du public tous les personnages du

Roman du Renard, se livrant à l’exercice des diverses professions[202].

Nous savons par un autre chroniqueur, que les fabricants de courroies

représentèrent la vie de ce personnage alors si populaire, tandis

que les tisserands jouèrent des scènes empruntées surtout au Nouveau

Testament[203]. A l’époque qui nous occupe, les gens de métiers

assistaient en corps aux cérémonies et aux fêtes publiques et n’y

étaient pas représentés, comme ils le furent plus tard, par cette

espèce d’aristocratie commerciale, composée de six corporations, qui

n’apparaît pas dans l’histoire avant l’entrée de Henri VI à Paris, en

1431[204].

Si les corps de métiers n’exercèrent pas à Paris une action politique

régulière, ils se jetèrent avec ardeur, et ajoutons avec discipline,

dans les troubles qui agitèrent la capitale au XIVe siécle. L’émeute

qui éclata en 1306, par suite du rétablissement de la forte monnaie,

fut l’œuvre de la population ouvrière et marchande. Les propriétaires

voulurent être payés de leurs loyers en bonne monnaie; cette prétention

légitime n’en irrita pas moins les petits locataires qui voyaient

tripler brusquement les loyers qu’ils payaient depuis onze ans[205].

Des gens du peuple, foulons, tisserands, taverniers et autres,

envahirent la maison de campagne d’Étienne Barbète, voyer de Paris

et maître de la monnaie[206], la brûlèrent, saccagèrent le jardin,

enfoncèrent les portes de son hôtel de la rue Saint-Martin, mirent le

mobilier en pièces, enfin poussèrent l’audace jusqu’à bloquer le roi

dans le Temple. C’est le jeudi avant l’Épiphanie que se commettaient

ces excès. La veille de cette fête, vingt-huit des séditieux furent

pendus aux quatre portes de la ville[207]. Un autre chroniqueur porte

à quatre-vingts personnes le nombre des gens de métier qui subirent ce

supplice[208]. D’après un troisième, le ressentiment de Philippe le Bel

ne fut satisfait que par la mort d’un maître de chaque métier[209].

Quoi qu’il en soit, le caractère de la répression ne laisse pas de

doute sur la classe à laquelle appartenaient les coupables. Est-ce,

comme le pense M. Leroux de Lincy[210], à la suite de cette sédition

que Philippe le Bel abolit les confréries religieuses, ou ne faut-il

pas plutôt faire remonter leur suppression à un mandement royal du

mercredi après la Quasimodo 1305, adressé au prévôt de Paris et

interdisant dans cette ville aux personnes de toute classe et de

toute profession les réunions de plus de cinq personnes, publiques

ou clandestines, pendant le jour ou la nuit, sous n’importe quelle

forme et quel prétexte[211]? Il semble impossible que les confréries

religieuses aient échappé à une mesure d’un caractère aussi général.

Du reste, elle paraît n’avoir été que transitoire; dès le 12 octobre

1307, Philippe le Bel lui-même autorisait les _marchands de l’eau_ à

célébrer annuellement leur confrérie comme ils le faisaient avant sa

défense[212], et le 21 avril 1309, il rétablit celle des drapiers,

après s’être assuré par une enquête qu’elle ne présentait aucun

danger[213]. Ses successeurs recoururent quelquefois à cette précaution

avant de permettre le rétablissement d’une confrérie, et ils ne le

permirent généralement qu’à la condition que les réunions auraient lieu

en présence d’un délégué du prévôt de Paris[214].

Cinquante ans environ après l’émeute que nous venons de mentionner,

on voit les corps de métiers engagés dans le parti d’Étienne Marcel,

et formant une véritable armée à ses ordres. Le jeudi 22 février 1358

(n. s.), au matin, le prévôt des marchands les réunit tous en armes

à l’abbaye de Saint-Éloi, près du Palais. Ils formaient une réunion

d’environ 3,000 personnes. C’est cette foule qui massacra Regnaut

d’Acy, avocat du roi au Parlement, au moment où il se rendait du Palais

chez lui; c’est elle qui fournit des instruments dévoués à Marcel

pour l’exécution de ses sanglants projets contre les maréchaux de

Champagne et de Normandie[215]. La population laborieuse, qui obéit,

en 1306, à un mouvement tout spontané, agit ici au contraire avec une

discipline et un ensemble qui s’expliquent certainement par le système

d’associations où elle était comme enrégimentée. Le 10 août 1358, le

régent accorda une amnistie presque générale aux Parisiens compromis

dans l’insurrection. Au nombre des délits et des crimes énumérés par

les lettres d’abolition figure le fait de s’être affilié par serment

et sans la permission du dauphin à une association illicite qui n’est

autre que la confrérie Notre-Dame[216]. Cet exemple montre bien le

danger que pouvaient offrir, à un moment donné, les associations les

plus étrangères à la politique; on sait, en effet, que la grande

confrérie aux prêtres et aux bourgeois de Notre-Dame, objet de la

clémence royale, n’avait d’autre but avoué que la pratique de la

dévotion et de la charité, et qu’elle avait compté la reine Blanche

parmi ses membres[217].

La sédition des maillotins, qui eut lieu le 1er mars 1382 (n. s.),

et les troubles dont elle fut suivie jusqu’à la rentrée de Charles

VI à Paris, le 11 janvier 1383 (n. s.), se joignant au souvenir de

la conduite factieuse des Parisiens sous le règne précédent[218],

déterminèrent ce prince à priver la ville de son échevinage, dont il

transporta les attributions au prévôt de Paris[219], et à dissoudre

les corporations d’arts et métiers; il remplaça les _maîtres_

électifs des métiers par des _visiteurs_ à la nomination du prévôt,

supprima la juridiction professionnelle exercée par plusieurs de ces

corporations[220], et défendit d’une façon générale, et notamment aux

confréries, de se réunir ailleurs qu’à l’église sans son autorisation

ou celle du prévôt, et en l’absence de cet officier ou de son délégué.

Cette défense était sanctionnée par la confiscation et la peine

capitale[221]. Les biens des corporations passèrent entre les mains

du roi; telle dut être au moins la conséquence de leur dissolution,

et nous avons la preuve qu’en exécution de son ordonnance, Charles VI

confisqua la Grande-Boucherie. Du reste, elle lui rapporta si peu, et

le défaut d’entretien y nécessita des réparations si urgentes et si

considérables qu’il s’en dessaisit en 1388 (n. s.), pour la restituer

aux bouchers[222]. On ne saurait fixer l’époque précise à laquelle les

autres communautés se reformèrent, mais cela ne tarda pas.

Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle · 第 18 / 199 题