NOTES:

[2] Les Francs avec lesquels Clovis conquit la Gaule jusqu’à la

Seine étaient peu nombreux; les terres du domaine public et les

terres sans maître leur suffirent et ils ne dépouillèrent pas

les Gallo-Romains d’une partie de leurs propriétés, comme le

firent les Burgondes et les Visigoths. Voyez Waitz, _Deutsche

Verfassungsgeschichte_, II, 54-55.

[3] Guérard, _Prolégomènes du Polyptique d’Irminon_, § 236. Pour

donner une idée de la condition du travail avant le XIIe siècle,

nous avons dû étendre les renseignements fournis par de trop

rares documents à une époque antérieure à celle où ces documents

ont été rédigés.

[4] _Ibid._ Voyez aussi l’organisation du personnel attaché au

service des évêques de Worms au commencement du XIe siècle.

Arnold, _Verfassungsgeschichte der Deutschen Freistædte_, I,

66-69.

[5] «Si mariscalcus qui super duodecim caballos est, occiditur...

Si coquus qui juniorem habet occiditur, quadraginta sol.

componatur. Si pistor, similiter. Faber aurifex aut spatharius

qui publice probati sunt, si occidantur, quadraginta sol.

componantur. _Lex Alamannorum_, tit. 79. Si quis servum natione

barbarum occiderit lectum ministerialem... Qui aurificem

lectum... Qui fabrum argentarium... Qui fabrum ferrarium... Qui

carpentarium bonum occiderit...» _Lex Burgundionum_, tit. X.

Voyez aussi le capitulaire _de Villis_, cap. 45.

[6] Cap. _de Villis_, cap. 43 et 49 et Guérard, _Prolégomènes du

Polyptique d’Irminon_, § 336 et 337.

[7] «Quicunque vero servum suum aurificem, argentarium,

ferrarium, fabrum ærarium, sartorem vel sutorem, in publico

attributum artificium exercere permiserit, et id quod ad facienda

opera a quocunque suscepit, fortasse everterit, dominus ejus aut

pro eodem satisfaciat, aut servi ipsius, si maluerit, faciat

cessionem.» _Lex Burgund._ tit. XXI, § 2. La responsabilité du

maître prouve qu’il profitait en partie de l’argent gagné par

l’esclave, mais le mot _permiserit_ suppose que celui-ci était

intéressé à travailler pour le public et qu’il gardait une partie

du salaire.

[8] Voyez les textes note 5 ci-dessus. Gfrörer tire de ces

textes des conséquences bien exagérées. Cette distinction entre

les ouvriers ordinaires et les ouvriers d’élite, _approuvés_

suppose, selon lui, qu’il existait des corporations libres devant

lesquelles ces derniers avaient fait preuve de capacité. _Zur

Geschichte Deutscher Volksrechte im Mittelalter_, II, 143. Nous

croyons que la supériorité de ces ouvriers était suffisamment

établie par l’empressement avec lequel leurs services étaient

recherchés.

[9] «Et si in ecclesia vel infra curtem ducis vel in fabrica vel

in molino aliquid furaverit... quia istas quatuor domus casæ

publicæ sunt et semper patentes.» _Lex Bajuv._ IX, 2.

[10] «Puer Parisiacus, cujus artis erat vestimenta componere...

erat enim ingenuus genere.» Gregor. Tur. _Mir. S. Martini_, II,

58.

[11] Voy. le § 2, tit. XXI de la _Lex Burgund._ cité plus haut.

[12] Voyez Leroy, _Dissertation sur l’origine de l’Hôtel de

Ville_ en tête de l’_Hist. de Paris_ de Félibien.

[13] _Tractatus de laudibus Parisius_, chap. 3 et 4 de la IIe

partie dans _Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles_,

par MM. Le Roux de Lincy et Tisserand.

[14] _Description de Paris au XVe siècle_, par Guillebert de

Metz, même ouvrage, p. 198.

[15] Des statuts de 1397 nomment 24 aiguilletiers et 2

aiguilletières. Arch. nat. _Livre rouge vieil du Chât._ Y II, fº

143 vº.

[16] A la fin du XIIIe siècle, 124 faiseuses d’aumônières

sarrasinoises, tant maîtresses qu’ouvrières, firent enregistrer

leurs statuts au Châtelet. _Ord. relat. aux mét._, à la

suite du _Livre des métiers_, p. 382. C’est une preuve entre

plusieurs autres que les rôles de tailles ne contiennent pas le

dénombrement complet de la population ouvrière de Paris.

[17] En 1325, il y en avait 18. Bibl. nat. Ms. fr. 24069, fol.

128.

[18] En 1404 (n. s.), on comptait environ 23 bourreliers (_Reg.

des bann._ Y 2, fº 215 vº); nous en relevons 26 dans un accord

passé entre eux et les selliers-lormiers le 16 avril 1405. (n.

s.) _Ibid._ fº 224.

[19] En 1321 (n. s.) nous constatons l’existence de 14 boursiers

et boursières de bourses en lièvre et en chevrotin. La plupart

sont d’origine anglaise. Dans le nombre se trouve un mercier,

dont le commerce comprenait bien d’autres objets que les bourses.

Ms. fr. 24069, fº 44 vº. Remarquons que ces 14 personnes

paraissent s’être occupées seulement de la vente des bourses.

[20] Par lettres-patentes du 26 septembre 1369, Charles V accorda

le monopole de la fabrication de la bière à Paris à 21 brasseurs.

Le roi réserva seulement aux quatre Hôtels-Dieu le droit de

brasser de la cervoise pour la consommation des pauvres et des

gens de la maison. (_Ord. des rois de Fr._ V, 222.)

[21] A la fin du XIIIe siècle, Paris comptait 80 brodeuses et

13 brodeurs. (_Ord. relat. aux mét._ p. 379.) Dans un règlement

de 1303 figurent 25 brodeuses (ordené de tout le commun...

especialment de Jehanne, etc.). Arch. nat. KK 1336, fº 113. En

1316, le nombre des ouvriers et ouvrières en broderie s’élevait à

179. Fr. 24069, fº 179. Dans ce dernier chiffre sont probablement

compris les simples ouvriers et ouvrières.

[22] Le commerce des chandelles de cire, autrement dit des

bougies, était dans la dépendance du chambellan de France. Cet

officier avait inféodé à un particulier la maîtrise des 26

chandeliers de cire, qui avaient le monopole de la fabrication

des bougies. Le maître et les chandeliers vendaient, moyennant un

prix dont le maximum fut fixé par le Parlement à 5 s. tourn. par

an, le droit de faire le commerce des chandelles de cire. C’était

presque exclusivement des femmes qui se livraient à ce commerce

(_Livre du Chât. rouge troisième_, fº 99 et Félibien IV, 525):

«Les venderesses de chandelles de cire par la ville de Paris

doyvent avoir congé des maistres des XXVI mestiers de cire.»

Enquête du Parlem. de la Toussaint 1279. L. Delisle, _Restitution

d’un vol. des Olim_, nº 388. En 1320, les pauvres femmes qui

colportaient les bougies étaient en procès devant le prévôt de

Paris avec le propriétaire des 26 maîtrises de chandeliers et les

26 maîtres chandeliers. (_Registre des bannières_, Y 3, fº 99.)

Les bougies étaient faites aussi par les épiciers. _Ordonnance

prévôtale sur les épiciers_, 30 juillet 1311. Ms. fr. 24069, fº

84 vº.

[23] Le _Livre des métiers_ nous fait connaître trois autres

corporations qui travaillaient pour la coiffure et qui ne

paraissent pas avoir été représentées dans les registres de 1292

et de 1300: les chapeliers de fleurs, les chapeliers de paon et

les chapelières d’orfroi.

[24] Les maîtres chauciers qui prêtèrent serment d’observer les

statuts rédigés au temps d’Ét. Boileau étaient au nombre de 45.

Les mêmes statuts font connaître le nom de 33 ouvriers; mais, en

ce qui touche les ouvriers, l’énumération des statuts est loin

d’être complète. _Livre des mét._ p. 140-141.

[25] En 1327, il y avait à Paris 46 chaudronniers et

chaudronnières. Ms. fr. 24069, fº 32 vº.

[26] Plus d’un siècle après la levée de nos deux tailles,

en 1418, l’épidémie enlevait à Paris, en deux mois, 1800

cordonniers, tant patrons qu’ouvriers. (_Journal parisien sous

les règnes de Charles VI et de Charles VII._)

[27] En 1369 (n. s.), la fabrication des lames de couteaux

occupait environ 23 couteliers. (Arch. nat. KK 1336, fº 25.)

[28] En 1347, 37 coutiers et coutières firent ajouter par le

prévôt de Paris plusieurs articles à leurs statuts. Ms. fr. 24069

entre le fº 83 et le fº 84, et _Ord. des rois de Fr._ V, 548, où

ces articles sont datés mal à propos de 1341.

[29] En 1404 (n. s.), la corporation fut représentée devant le

prévôt de Paris par 27 maîtres ou maîtresses. (_Reg. des bann._ Y

2, fº 210.)

[30] A la fin du XIVe siècle, les écriniers dépassaient le nombre

de 24. (_Reg. du Parl._ X{ia} 43, fº 266.)

[31] Nous trouvons 40 émailleurs d’orfévrerie à la fin du XIIIe

siècle. Ms. fr. 24069, fº 78.

[32] On ne trouve guère plus d’une vingtaine de noms d’épiciers

dans l’ordonnance rendue par le prévôt le 30 juillet 1311. Ms.

fr. 24069, fº 84 vº.

[33] A la fin du XIIIe siècle, les forcetiers parisiens étaient

au nombre de 13. (_Ord. relat. aux métiers_, p. 358.)

[34] Plus de 300 foulons allèrent au-devant de Philippe le Hardi

lorsqu’il rapporta d’outre-mer les ossements de saint Louis.

(_Hist. de Fr._ XX, 181, D.)

[35] Les statuts de 1290 nomment 40 patrons et 65 ouvriers

fourbisseurs. (_Ord. relat. aux mét._, p. 367-368.) Huit ans

après, le nombre des patrons était réduit à 29. (_Ibid._ p. 369.)

[36] Dans ce nombre sont comprises les huilières.

[37] Nous constatons l’existence de 64 lormiers en 1304, de 50 en

1310, de 47 en 1320. Ms. fr. 24069, fº 96-98.

[38] En 1324 (n. s.), je compte 35 patrons mégissiers. Ms. fr.

24069, fº 197. En 1395, les mégissiers établis ne dépassaient

guère le nombre de 15. (_Reg. d’aud. du Chât._ Y 5220, à la

date du 24 septembre.) Dans des statuts de 1407, on trouve

l’énumération «de la plus grant et saine partie des mégissiers de

nostre bonne ville». Cette énumération comprend 17 mégissiers.

(_Ord. des rois de France_, IX, 210.) Nous connaissons le nombre

des simples ouvriers mégissiers en 1399 (n. s.), il ne s’élevait

guère au-delà de 32. (_Reg. d’aud. du Chât._ Y 5221, fº 82.)

[39] En 1397, «la plus grant et saine partie» du métier se

composait de 29 oubliers. _Ord. des rois de Fr._ VIII, 150.

[40] Au temps d’Ét. Boileau, la fabrication des chapelets

de corail et de coquilles occupait 14 patenôtriers et une

patenôtrière. (_Livre des mét._ p. 70.)

[41] Une ordonnance de 1305 (n. s.) nous fait connaître les noms

de 13 patrons peautriers (Ms. fr. 24069, fol. 31 vº). Quelque

temps après que cette ordonnance eut été rendue, 9 personnes

y adhérèrent successivement, parmi lesquelles un potier qui

travaillait aussi le peautre au martel. (_Ibid._)

[42] En 1340 Paris possédait 14 pierriers de verre. Ms fr. 24069,

fol. 268.

[43] En 1304 (n. s.), la corporation des potiers d’étain ne

comptait guère plus de 19 patrons. Ms. fr. 24069, fº 29 vº.

[44] On sera frappé de l’absence des pourpointiers ou doubletiers

dans cette nomenclature. Ils ne firent rédiger leurs statuts

qu’en 1323 (voy. _Append._ nº 45) parce qu’ils commençaient alors

à se multiplier et avaient déjà 14 ateliers. Ce n’est donc que

vers cette époque que la mode des pourpoints se répandit, elle

était encore inconnue au commencement du XIVe siècle. Ce sont ces

statuts dont M. Quicherat veut parler, p. 206, et auxquels il

donne par distraction la date de 1296.

[45] En 1392 le nombre des serruriers ne dépassait guère 59.

(_Reg. des bannières_, Y 2, fº 116 vº.)

[46] En 1302, 10 tapissiers de haute lice et 6 tapissiers

sarrasinois représentent la corporation devant le prévôt de

Paris. Ms. fr. 24069, fº 241.

[47] Dont 350 tisserands et 10 tisserandes.

[48] Bourquelot, _Études sur les foires de Champ._ p. 134 et

suiv.

[49] _Proverbes et dictons populaires_, éd. Crapelet cités par le

même auteur, p. 231.

[50] Barbazan et Méon, _Fabliaux et contes_, II, 301.

[51] Bourquelot, _op. laud._ I, 144.

[52] Voy. dans notre nomenclature, vº _foulons_.

[53]

Et reviennent de toz païs

Les bons marcheans à Paris

Por la mercerie achater...

Le _Dit des marchéans_ à la suite des _Proverbes et dictons

populaires_ publiés par Crapelet.

[54] Voy. le même dit et le _Dit des merciers_ dans le même

recueil, ainsi qu’à l’append. la pièce nº 51.

[55] Voy. les _Études sur les foires de Champ._ p. 114, 306, 307.

[56] _Cartul. de Notre-Dame_, III, 360.

[57] _Liv. de la taille de 1313_, p. 113 et 114.

[58] _Liv. de la taille de 1313_, p. 99 et le plan de Géraud.

[59] Jaillot, _Rech. sur Paris_, V, _quart. Saint-André_, p. 44,

et Sauval, _Antiq. de Paris_, I, 119. Rôle de 1292, ed. Géraud,

p. 156-157 et rôle de 1300, fol. 291 vº.

[60] Le _Dit des marchéans_, loc. cit.

[61] _Histor. de Fr._ XX, 299, A. et rôle de 1300.

[62] Voy. son _Dictionnaire_, nº XVIII, à la suite de _Paris sous

Philippe le Bel_.

[63] _Liv. de la taille de 1313_, p. 51.

[64] _Liv. des mét._ p. 64.

[65] Jaillot, IV, _quart. de la place Maubert_, p. 104.

[66] «... Duximus ordinandum, quod cambium Parisius erit et

tenebitur supra nostrum magnum pontem solummodo a parte Gravie

inter ecclesiam Sancti Leofredi et majorem archam sive deffectum

ipsius pontis, prout hactenus ante corruptionem pontis ejusdem

quondam lapidei extitit consuetum; item quod nulli omnino liceat

alibi quam in loco illo cambiare...» _Ordonn. des rois de Fr._ I,

426.

[67] A Rouen, le change ne pouvait se faire que dans la rue

de _Corvoiserie_. Ce qui prouve qu’en fixant l’endroit où les

changeurs devaient avoir leurs boutiques, l’autorité avait pour

but de faciliter la surveillance, ce sont les fraudes commises

par plusieurs changeurs rouennais qui s’étaient établis dans des

lieux obscurs et retirés. _Ibid._ I, 789.

[68] Arch. de la Préf. de Pol. _Cop. du liv. vert vieil premier_,

fº 7 rº.

[69] _Reg. d’aud. du Chât._ Y 5220 à la date du 6 novembre 1395.

[70] «... Car l’en faisoit et les boucheries et les cimentières

tout hors des cités pour les punaisies et pour les corrupcions

eschiever.» _Descript. de Paris sous Charles V_ faisant partie

du commentaire de Raoul de Presles sur la _Cité de Dieu. Paris

et ses historiens_, p. 110. Cf. Lebeuf, _Mém. sur l’hist.

d’Auxerre_, III, 203.

[71] Géraud, _ouv. cité_, p. 375-76, et le plan.

[72] Sauval, I, 633. C’est ainsi que le siége de la juridiction

épiscopale était appelé le For-l’Évêque, _forum episcopi_.

[73] _Livre du Châtelet rouge 3º_, fº 96 rº.

[74] _Hist. de Saint-Germ. des Prés_, p. 137.

[75] T. V, _quart. du Luxembourg_, p. 7.

[76] Géraud, _ouv. cité_, p. 343, et le plan.

[77] _Ordon. des rois de Fr._ VI, 73.

[78]... «Dicebant se et predecessores suos esse et fuisse in

possessione... faciendi et constituendi carnifices ad scindendum

et vendendum carnes pro tota villa, videlicet filios carnificum,

auctoritate et assensu nostro...» _Ibid._ III, 260.

[79] «... Quoscumque et qualescumque et de quocumque genere

voluerint eligere...» _Ibid._

[80] _Ordonn. des rois de Fr._ III, 260.

[81] _Voy. Append._, nº 1.

[82] Félibien, _Hist. de Paris_, I, 382, et preuves, III, 253.

C’est sans doute cet étal qui constituait la boucherie du Parvis

mentionnée par l’auteur du _Ménagier de Paris_, II, 80, dans son

énumération des boucheries de cette ville.

[83] L. Delisle, _Restit. d’un vol. des Olim_, nº 736.

Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle · 第 13 / 199 题