Paris, le 20 fructidor an 10 (7 septembre 1803).
Réponse du premier consul à une députation de la ville de Marseille
[47].
Je suis sensible au témoignage des sentimens de la ville de Marseille,
et je vois avec plaisir sa députation. Le gouvernement a sans cesse
les yeux ouverts sur cette grande cité, et prend un vif intérêt a
sa splendeur. Par le traité de paix qui vient d'être conclu avec le
grand-seigneur, la république a obtenu la libre navigation de la mer
Noire. Les relations commerciales de la Méditerranée s'accroissent ainsi
et vont être plus avantageuses que jamais. Je désire que le commerce de
Marseille ne néglige point une autre source de prospérité. Les bouches
du Pô lui sont ouvertes; les bâtimens peuvent remonter jusqu'à Ferrare,
pénétrer au sein de la 27ª division militaire, et de là fournir des
savons et des autres produits de l'industrie de Marseille, à la Suisse
et à une partie de l'Allemagne.