BONAPARTE.

[Footnote 47: Envoyée pont présenter à Bonaparte une médaille que la

ville de Marseille venait de faire frapper en son honneur.]

Paris, le 28 fructidor an 10 (15 septembre 1802).

Au sénat conservateur.

Sénateurs,

En vertu de l'article 63 du sénatus-consulte organique du 16 thermidor,

le premier consul nomme au sénat les citoyens Abrial, ministre de la

justice; Dubelloy, archevêque de Paris; Aboville, général de division,

et premier inspecteur d'artillerie; Fouché, ministre de la police

générale; et Roederer, président de la section de l'intérieur du

conseil-d'état. Le citoyen Abrial, long-temps chargé du ministère public

au tribunal de cassation, y a déployé des talens et une probité qui le

portèrent au ministère delà justice. Il a, dans cette place importante,

rendu des services que le premier consul croit devoir récompenser, en le

faisant asseoir parmi Vous.

Le citoyen Dubelloy a été pendant cinquante ans le modèle de l'église

gallicane. Placé à la tête du premier diocèse de France, il y donne

l'exemple de toutes les vertus apostoliques et civiques.

Le général Aboville, connu dans toute l'Europe par les talens qu'il a

déployés dans la guerre de l'indépendance de l'Amérique septentrionale,

est à la tête de cette arme qui a tant d'influence sur la destinée des

états.

Le citoyen Fouché, ministre de la police dans des circonstances

difficiles, a répondu par des talens, par son activité, par son

attachement au gouvernement, à tout ce que les circonstances exigeaient

de lui. Placé dans le sein du sénat, si d'autres circonstances

redemandaient encore un ministre de la police, le gouvernement n'en

trouverait point qui fût plus digne de sa confiance.

Le citoyen Roederer, déjà désigné au sénat dès sa formation, s'est

constamment distingué au conseil-d'état. Ses talens et son attachement à

la patrie, seront encore plus éminemment utiles dans le premier corps

de la république. Le sénat verra dans ces nominations le désir qu'a le

premier consul d'ajouter toujours à son lustre et a sa considération.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 269 / 342 题