[Footnote 15: Les consuls avaient ordonné que pour donner plus de
solennité à la fête du 1er vendémiaire, anniversaire de la fondation de
la république, chaque département enverrait à Paris une députation de
fonctionnaires chargés d'y assister.]
[Footnote 16: Préliminaires de la paix de Lunéville entre l'empereur et
la république.]
Paris, le 7 vendémiaire an 9 (29 septembre 1890).
_Au ministre de la marine._
Bonaparte, premier consul de la république, ordonne qu'A-Sam, chinois,
originaire de Nankin, soit embarqué sur l'une des corvettes commandées
par le capitaine de vaisseau Baudin, pour être conduit, aux frais de la
république, à l'Ile-de-France, et de là dans sa patrie.
Il est expressément recommandé au capitaine Baudin et aux chefs
militaires et d'administration de la marine, d'avoir pour A-Sam les
égards qu'il mérite par sa qualité d'étranger, et par la bonne conduite
qu'il a tenue pendant son séjour sur le territoire de la république.
_Le premier consul_, BONAPARTE.
Paris, le 24 vendémiaire an 9 (16 octobre 1800).
_Réponse du premier consul à une députation du tribunat._
Je remercie le tribunal de cette marque d'affection. Je n'ai point
réellement couru de danger[17]. Ces sept ou huit malheureux, pour avoir
la volonté, n'avaient pas le pouvoir de commettre les crimes qu'ils
méditaient. Indépendamment de l'assistance de tous les citoyens qui
étaient au spectacle, j'avais avec moi un piquet de cette brave garde,
la terreur des méchans. Les misérables n'auraient pu supporter ses
regards. La police avait pris des mesures plus efficaces encore.
J'entre dans tous ces détails parce qu'il est peut-être nécessaire que
la France sache que son premier magistrat n'est exposé dans aucune
circonstance. Tant qu'il sera investi de la confiance de la nation, il
saura remplir la tâche qui lui a été imposée.
Si jamais il était dans sa destinée de perdre cette confiance, il ne
mettrait plus de prix à une vie qui n'inspirerait plus d'intérêt aux
Français.