[Footnote 17: Il s'agit de la tentative d'assassinat effectuée sur la
personne de Bonaparte dans la soirée du 17 vendémiaire, à l'Opéra, par
Aréns, Cernechi et autres conjurés.]
Paris, le 25 vendémiaire an 9 (17 octobre 1800).
_Réponse du premier consul à une députation du département de la
Seine[18]._
Le gouvernement mérite l'affection du peuple de Paris. Il est vrai de
dire que votre cité est responsable à la France entière de la sûreté du
premier magistrat de la république..... Je dois déclarer que dans
aucun temps, cette immense commune n'a montré plus d'attachement à son
gouvernement; jamais il n'y eut besoin de moins de troupes de ligne,
même pour y maintenir la police.
Ma confiance particulière dans toutes les classes du peuple de la
capitale, n'a point de bornes; si j'étais absent, que j'éprouvasse
le besoin d'un asile, c'est au milieu de Paris que je viendrais le
chercher.
Je me suis fait remettre sous les yeux tout ce que l'on a pu trouver sur
les événemens les plus désastreux qui ont eu lieu dans la ville de Paris
dans ces dix dernières années: je dois déclarer, pour la décharge du
peuple de Paris, aux yeux des nations et des siècles à venir, que le
nombre des méchans citoyens a toujours été extrêmement petit; sur quatre
cents, je me suis assuré que plus des deux tiers étaient étrangers à
la ville de Paris. Soixante ou quatre-vingts ont seuls survécu à la
révolution.
Vos fonctions vous appellent à communiquer tous les jours avec un grand
nombre de citoyens; dites-leur que gouverner la France après dix années
d'événemens aussi extraordinaires, est une tâche difficile.
La pensée de travailler pour le meilleur et le plus puissant peuple de
la terre, a besoin elle-même d'être associée au tableau du bonheur des
familles, de l'amélioration de la morale publique et des progrès
de l'industrie; je dirais même au témoignage de l'affection et du
contentement de la nation.