Au camp devant Saint-Jean d'Acre, le 27 floréal an 7 (16 mai 1799).
_Au général Dugua._
Vous devez avoir reçu, citoyen général, le bataillon de la quatrième
légère, que j'ai fait partir, il y a quinze jours, et qui, à cette
heure, doit être arrivé au Caire.
Sous trois jours je partirai avec toute l'armée pour me rendre au Caire:
ce qui me retarde, c'est l'évacuation des blessés, j'en ai six à sept
cents.
Je me suis emparé des principaux points de l'enceinte d'Acre: nous
n'avons pas jugé à propos de nous obstiner à assiéger la deuxième
enceinte, il eût fallu perdre trop de temps et trop de monde.
Djezzar a reçu, il y a deux jours, une flotte de trente gros bâtimens
grecs et cinq à six mille hommes de renfort: cette expédition était
destinée pour Alexandrie.
Perrée a pris deux de ces bâtimens, dans lesquels étaient les
canonniers, les bombardiers et mineurs, ainsi que plusieurs pièces de
canon.
Prenez des mesures pour que la navigation de Damiette au Caire soit sûre
et que les blessés puissent filer rapidement dans les hôpitaux du Caire.
Si le citoyen Cretin est au Caire, et que vous ayez une escorte
suffisante à lui donner, faites-lui connaître que je désire qu'il vienne
à ma rencontre à El-Arich, afin que nous puissions arrêter ensemble les
travaux à faire au fort, à Catieh et à Salahieh.
Consultez-vous avec Rouvière pour faire filer deux pièces de 12 et de
18, pour réarmer _l'Etoile_ et _le Sans-Quartier_, dont les pièces
ont été envoyées au siège et sont cassées. Vous sentez combien il est
essentiel que la bouche de Damiette soit bien gardée.
Dans les quinze premiers jours du mois prochain, je compte être bien
près du Caire.
Bon est blessé; Lannes ne l'est que légèrement: mon aide-camp Duroc, qui
avait été blessé, est guéri.
Venture est mort de maladie.
Je vous amènerai beaucoup de prisonniers et de drapeaux.