Au camp devant Acre, le 27 floréal an 7 (16 mai 1799).
_Au divan du-Caire._
Enfin, j'ai à vous annoncer mon départ de la Syrie pour le Caire, où
il me tarde d'arriver promptement. Je partirai dans trois jours, et
j'arriverai dans quinze; j'amènerai avec moi beaucoup de prisonniers et
de drapeaux.
J'ai rasé le palais de Djezzar, les remparts d'Acre, et bombardé la
ville, de manière qu'il ne reste pas pierre sur pierre. Tous les
habitans ont évacué la ville par mer. Djezzar est blessé et retiré avec
ses gens dans un des forts du côté de la mer; il est grièvement blessé.
De trente bâtimens chargés de troupes, qui sont venus à son secours,
trois ont été pris avec l'artillerie qu'ils portaient, par mes frégates;
le reste est dans le plus mauvais état, et entièrement détruit. Je suis
d'autant plus impatient de vous voir et d'arriver au Caire, que je sais
que, malgré votre zèle, un grand nombre de méchans cherchent à troubler
la tranquillité publique. Tout cela disparaîtra à mon arrivée, comme les
nuages aux premiers rayons du soleil.
Venture est mort de maladie: sa perte m'a été très-sensible.