BONAPARTE.

Au camp devant Acre, le 2 floréal an 7 (21 avril 1799).

_Au général Kléber._

J'ai reçu, citoyen général, vos lettres des 29 germinal et 1er floréal.

Nos mineurs sont depuis vingt-quatre heures sous la tour; demain ils

commencent le travail pour les fourneaux: ils espèrent le 4 faire sauter

la tour.

Nos pièces de 24 sont en chemin: nous les attendons le 4.

Une seconde flottille, que j'avais fait préparer à Alexandrie, et qui

était en station au lac Bourlos, vient d'arriver.

Une troisième flottille, que j'avais fait préparer à Alexandrie, et qui

était en station à Damiette depuis un mois, vient de partir, chargée de

grosses pièces et de mortiers. Tous ces moyens ne sont pas nécessaires

pour prendre Acre: la réussite d'un seul suffit. Si nous n'étions même à

regarder à vingt-quatre heures près, les moyens que nous avons au parc

seraient suffisans.

Le citoyen Perrée, qui, avec ses trois frégates, voltige à vingt et

trente lieues d'Acre, a déjà fait des prises, et il est probable que

cette flottille s'enrichira et fera beaucoup de mal aux ennemis. M.

Smith n'en sait encore rien; car il tire des boulets fort et ferme.

Faites faire par votre officier du génie un croquis du cours du Jourdain

depuis le pont d'Iacoub jusqu'à quatre lieues plus bas que celui de

Medjamé, avec la nature du terrain à une lieue sur l'une et l'autre

rive.

Ordonnez des reconnaissances à quatre lieues en avant de chaque pont,

afin de bien reconnaître la nature du terrain.

Faites-moi faire une note par vos officiers de génie et d'artillerie sur

le degré de défense dont seraient susceptibles les ponts d'Iacoub et de

Medjamé, les forts de Safit et de Tabariéh.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 28 / 342 题