An camp devant Acre, le 8 floréal an 7 (27 avril 1799).
_Au même._
La mine, citoyen général, a joué le 5; elle n'a point fait l'effet que
les mineurs en attendaient: une partie de la muraille de terre s'est
cependant écroulée avec tous les décombres, ainsi que la plus grande
partie des trois voûtes; le fossé, à dix toises de chaque côté, a
absolument disparu. Nous n'avons pu nous emparer d'une petite voûte
supérieure, qui nous aurait mis à même de nous emparer de toutes
les maisons de gauche, et nous aurait donné l'entrée dans la place.
Plusieurs barils de poudre enflammés que l'ennemi a jetés dans la
brèche, ont beaucoup effrayé les trente grenadiers qui étaient déjà
parvenus a se loger. Nous avons canonné toute la journée du 6. Nous
avons eu dans le centre de la tour, pendant toute la journée du 6 au 7,
vingt hommes de logés; ils n'ont pas pu parvenir à se loger à l'endroit
convenable, et nous avons dû abandonner le logement qu'ils s'étaient
fait, avant le jour. Hier et aujourd'hui nous canonnons. Nos boyaux vont
jusqu'au pied de la brèche, de sorte que l'on arrive à couvert jusque
dans l'intérieur de la tour.
Nos pièces de 18 et de 24 arrivent demain ou après demain. Les munitions
qui nous sont arrivées hier de Damiette, nous mettent à même de
continuer notre feu. L'ennemi ne tire plus que des bombes, hormis M.
Smith, qui ne nous laisse pas de repos, même la nuit, et ne produit
d'autre mal que de ruiner notre caisse.
Ou dit que le corps des Dilettis s'est porté à huit lieues en avant de
Damas, en forme d'avant-garde, et que leur peur commence à passer.
Faites votre possible pour approvisionner et améliorer nos têtes de
ponts.
Les Naplousins paraissent vouloir bien se conduire. Ghérar a répondu à
la lettre que je lui avais écrite.
Le général Damas est arrivé à Damiette.
L'Egypte est parfaitement tranquille.
Le général Caffarelli est mort.