MONSIEUR,

Nous avons l'honneur de vous faire savoir que nous sommes en

possession de votre lettre que nous avons vivement acclamée et

reçue avec grand plaisir.

Quant à votre observation, on voit clairement que la

discontinuation de liaisons entre nous ne vous plaît pas, mais

est-ce à nous, Dieïdiba, qu'il faut donner le tort? Nous n'avons

fait que rester dans nos parages. A l'arrivée des Français, tout

le monde était parti en dissidence parce qu'on les croyait plus

méchants qu'ils ne le sont. Nous autres, nous n'avions été nulle

part. Nous gardons toujours notre pays de peur qu'en notre absence,

on ne le confiât à un chef étranger, c'est-à-dire qui n'appartient

ni à nous ni à notre famille.

Maintenant la tranquillité est partout. Les Français donnent à tout

le monde la liberté d'appliquer ses anciennes coutumes. D'ailleurs

les chefs Arabes ont aujourd'hui le sort qu'ils n'ont jamais eu

autrefois; on leur obéit à souhait et ils ont encore le droit de

recevoir exactement tout ce que leurs administrés donnaient dans le

temps.

Toutes les autres régions, telles que Trarza et Oulad Bieri, n'ont

qu'un seul chef à la tête de chacune. Il n'y a que Brakna qui est

occupé par plusieurs chefs, et cela ne tient qu'à ce que vous n'y

êtes. A notre avis, il faut revenir pour contenter votre peuple en

le dirigeant au lieu d'autres. C'est assez abandonné. D'abord les

Européens sont devenus maîtres partout; c'est inutile de résister

contre eux. Aussi il vaut mieux se soumettre avant d'être pris par

force.

Dans le cas que vous voudrez vous rendre, n'ayez qu'à nous le dire

à nous-mêmes, pour faire la négociation avec les Européens.

Devant cette réponse qu'il n'attendait pas, Ahmeddou finit par lâcher

le parti Makhzen et se rapprocher d'Al-Hiba. Celui-ci, dans l'espérance

de l'utiliser quelque jour, le traîne à sa suite quand il en a besoin,

et l'entretient tant bien que mal. En 1919, Ahmeddou était campé

dans l'Oued Noun et vivait avec ses gens des libéralités des chefs

tekna: Mohammed Yahia ould Hiba, chef des Azouafid, et Mokhtar ould

Nojem, chef des Aït Lahsen. Ahmeddou est aujourd'hui un vieillard de

soixante-quinze ans. Il paraît, vu la situation du Brakna, absolument

inoffensif. Il relève déjà de l'histoire. Sa femme Moumina ment

Mohammed ould Heïba, mère d'Ould Assas est décédée, en 1917, à Tizouit,

dans le Chamama chez les Oulad Siyed.

Il a laissé comme postérité connue dans le Brakna: 1º son petit-fils

Ould Assas (Sidi Eli) _junior_, fils posthume d'Ould Assas ould

Ahmeddou, le chef des rezzous du début. Ce jeune homme, né vers

1907, vit son grand-oncle Hobeïb chef de la tribu; 2º et 3º ses fils

M'hammed, né vers 1899, et Sidi, vers 1900, tous deux avec leur père

dans leur Sud marocain; 4º Bakar, né vers 1900, qui campe tantôt chez

son oncle Hobeïb, tantôt chez Cheikh Fal; 5º une fille Garmi, campée

avec sa mère chez les Chratit de l'Assaba. Elle vient de temps à autre

chez les Oulad Siyed.

Parmi les frères d'Ahmeddou fils de Sidi Eli, il faut citer: 1º

Mokhtar, vu plus haut, et tué en 1884 par les Ahel Soueïd Ahmed; sans

postérité; 2º Mohammed Krara, le meurtrier de Brahim ould Mokhtar ould

Ahmeïada, le Normachi. Il est mort en 1904 à son retour de Saint-Louis.

Il a laissé deux fils: Mokhtar, né vers 1899, qui campe chez son oncle

Hobeïb, et Sidi Eli qui campe chez les Ahel Bou Bakkar (Oulad Ahmed);

et deux filles, dont l'une est mariée chez les Tabouit et l'autre chez

les Oulad Ahmed; 3º Mohammed, tué par Bakkar en 1900. Il a laissé un

fils, actuellement en dissidence et une fille, Garmi, jadis mariée avec

un Dâmâni, aujourd'hui divorcée; 4º Bakkar, décédé vers notre arrivée,

et dont le fils Mokhtar, né vers 1885, partit en dissidence avec son

oncle l'émir Ahmeddou, est revenu avec l'aman, le 23 décembre 1918. 5º

_Hobeïb_, chef actuel des Oulad Siyed et qu'on verra plus loin; 6º Sidi

Mohammed, né vers 1879, et tué en 1905 par les Oulad Dâmân; il a laissé

un fils: Sidi Mohammed, né vers 1905, et emmené en dissidence par son

oncle l'émir Ahmeddou, chez qui il se trouve toujours, et une fille

Mahjouba. Leur mère Moïnetou ment Toumoni, hartanïa, est avec eux dans

l'oued Noun; 7º Fatma, veuve de l'ex-émir du Trarza, Ahmed Saloum II,

et qui a deux enfants: Sidi Eli et Cheikh Saad Bouh; 8º Mouminin, veuve

d'un Id ag Fari.

Dans la branche collatérale, descendance de Sidi Mohammed ould Mokhtar

ould Aghrich, et qui a fourni deux émirs siyed, il faut citer; 1º

Mohammed Al-Habib ould Mokhtar Sidi, qui, père et fils, ont été vus

plus haut. Mohammed al-Habib, qui s'était retiré chez les Oulad Dâmân,

rentra par la suite au Brakna et y finit tranquillement ses jours vers

1900, dans le campement d'Ahmeddou. Il a laissé une fille et deux fils:

Othman, né vers 1870, qui est en dissidence avec son parent dans le Sud

marocain, et Mohammed, né vers 1880, qui campa chez les Oulad Siyed; 2º

Hachem ould Mohammed ould M'hammed Sidi († 1858); ex-chef de la tribu

pendant trois ans, et relevé de ses fonctions. Né vers 1888, c'est un

homme apathique, sans autorité et sans prestige. Ses frères et sœurs

sont décédés depuis longtemps.

3º Hamoud, fils de l'ex-émir Mohammed Râjel (1842-1851) et qui n'a pas

de postérité; 4º Boya, sœur dudit Hamoud, qui a épousé un Dâmâni, du

nom d'Amar et en a plusieurs enfants, actuellement chez les Oulad Dâmân.

Une branche collatérale plus éloignée, celle de M'khetir (frère

d'Aghrich) ould Seddoum ould Siyed subsiste encore de nos jours. Le

chef en est Sidi ould Ahmeddou ould Sidi ould Othman ould Brahim

M'khaïtir; et les principaux notables: Baouba ould Otham, Brahim ould

Terraza et Amar ould Bakar.

Restent enfin trois branches collatérales, plus éloignées encore, et

se rattachent à Sidi Ahmed, Amar Lobat et Eli, tous trois frères de

Seddoum et fils de Siyed.

Leur descendance subsiste à l'heure actuelle et se trouve au bas des

tableaux généalogiques:

_Tableau nº 1._

Sidi Ahmed.

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Brahim.

|

Bou Bakkar.

|

Kheddouch.

|

Bou Bakkar.

______________|_______________

| |

Othman. Mohammed.

_______|________________ |

| | | |

Mohammed. Sidi Eli. Brahim Bou Bakar.

dit Bouya.

_Tableau nº 2._

Amar Lobbat.

______|_______________________

| |

Benioug. Barani.

______________|___________ |

| | |

Lamin Fal. Hamouna. Benioug.

| | |

| Boustan. Lamin.

| | |

Mohammed Fal. Sidi. Mokhtar.

| | |

Brahim. Mokhtar. Sidi Ahmed.

| | |

Mohammed Fal. Sidi. Mokhtar.

_______|__________ | |

| | | |

Brahim. Ahmed Fal. Mohammed. Sidi Ahmed.

_Tableau nº 3._

Eli.

|

Soueïd Ahmed.

|

Mohammed.

|

Sidi Ahmed.

|

Mohammed.

|

Mohammed.

|

Mokhtar, élève de la médersa.

Études sur l'Islam et les tribus Maures: Les Brakna · 第 33 / 245 题