Mme de Staël voyait, pendant ce temps, son bel ouvrage sur
_l'Allemagne_ saisi et mis au pilon par la police. Sismondi se
désolait et écrivait bêtement à Mme d'Albany qu'il espérait qu'elle
passerait à Coppet et qu'elle s'y arrêterait pour consoler son
hôtesse. Elle s'en garda bien, rentra à Florence, et de là à Naples.
Un pamphlétaire français d'un grand esprit, mais d'un caractère
versatile comme militaire, _Paul-Louis Courier_, la cultiva.
L'esprit de parti a voulu en faire un héros d'un seul bloc; voici ce
que je tiens moi-même du plus honnête des hommes, le général de
l'artillerie française à Wagram, Pernetty: «Je l'avais placé sur le
bord du Danube, la nuit qui précéda la bataille de Wagram. Je ne le
retrouvai plus à son poste le lendemain, et j'appris qu'il était parti
pour l'Italie, sans congé et sans avis! C'était la deuxième ou
troisième fois qu'il manquait ainsi par caprice et par indiscipline à
ma confiance.--Je le remplaçai le matin de la bataille, et je ne
pensai plus à un tel homme.»
Paul-Louis Courier note dans ses oeuvres une conversation
très-brillante qu'il soutint contre la comtesse d'Albany et Fabre dans
cette occasion.