Nous recevons d'un de nos abonnés, M. de Richemond, archiviste
départemental de la Charente-Inférieure, des renseignements concernant
les ascendants de M. William Bouguereau, qui complètent d'intéressante
façon la biographie de l'artiste et que personne, que nous sachions, n'a
publiés encore.
La famille Bouguereau est connue à la Rochelle depuis 1523, époque à
laquelle vivait Jehan Bouguereau, marchand et bourgeois. Un Jean-Massé
Bouguereau, marchand orfèvre, eut une fille, Marie, qui épousa, en 1624,
Jehan de Layzement, aussi orfèvre, dont un fils, pasteur à la Rochelle,
suivit ses collègues dans l'exil en 1685, et un fils, Jean-Massé
Bouguereau, né en 1603, orfèvre et officier de la Monnaie.
Les descendants ou les alliés de la famille Bouguereau embrassent
généralement cette même profession d'orfèvres ou appartiennent au clergé
protestant.
En 1676 naît un Jehan Bouguereau, qui, plus tard, orfèvre et essayeur de
la Monnaie, épousera Marie-Madelaine Seignette. Elle lui donna un fils,
Jean-Elie, maître monnayeur, qui, de son mariage avec Suzanne-Louise Le
Page, eut dix enfants, dont huit filles. Des deux fils de ceux-ci l'un,
l'aîné de toute la famille, Samuel-Elie, abjura le protestantisme et fut
professeur d'anglais au collège de la Rochelle.
Il eut à son tour huit enfants, dont l'aîné, Elie-Sulpice-Théodore, fut
père du peintre. Un autre des fils de Samuel-Elie, Jean-Baptiste-Eugène,
né le 25 août 1811 et décédé le 28 mars 1893, entra dans les ordres et
fut successivement vicaire, puis curé à Rochefort (1846) et se distingua
pendant une épidémie de choléra. Il fut nommé chanoine honoraire en
1860. Ce fut lui, comme on sait, qui éleva M. William Bouguereau. Mais
la mère de l'artiste, née Marie-Marguerite Bonnin, qui mourut à Paris en
1896, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, était protestante.
Comme toutes les bonnes vieilles familles bourgeoises, les Bouguereau
ont des armoiries; ils portent: _d'azur à une croix d'or chargée de cinq
roses de gueules_. Ce blason figure au Cabinet des titres, 399.
Bibliothèque nationale, Charles d'Hozier, manuscrit 56, pages 277-278.
[Illustration: UNE CURIEUSE COUTUME ANGLAISE.--Deux couples bien unis à
qui a été décernée la «flèche de lard».]
[Illustration: Plaquette qui fut offerte, le 26 octobre 1901, à M.
Ernest Cronier, «à l'apogée de sa carrière industrielle», par la Société
Say et le personnel des raffineries et sucreries.]