Les obsèques du duc de Leuchtenberg ont été célébrées en grande pompe;
les honneurs dus aux membres des familles impériales lui ont été rendus
par deux compagnies du 4e régiment de ligne, deux batteries à cheval du
31e d'artillerie et trois escadrons de cavalerie; ces troupes étaient
commandées par le général de division Ladvocat et le général de brigade
Moulin. M. Carnot, président de la République, s'était fait représenter
à ses obsèques par les officiers de sa maison militaire; tous les
ministres présents à Paris, un grand nombre de députés, de sénateurs, et
le corps diplomatique y assistaient.
Notre gravure représente le service funèbre célébré à l'église russe de
la rue Daru, trop petite pour contenir tous ceux qui avaient suivi le
convoi. Au pied du cercueil, recouvert d'un drap d'or, insigne funéraire
de la famille impériale, placé simplement sur le parquet de l'église,
entouré d'arbustes verts et de camélias blancs, l'archiprêtre Wassilief
lit les saints évangiles dans la bible que le père Arsène tient ouverte
devant lui; à la tête, et de chaque côté, deux officiers de l'armée
russe, en grande tenue, immobiles, à droite le lieutenant Schipof, à
gauche le lieutenant prince Orlof, portent sur des coussins de velours
grenat les nombreuses décorations du défunt. Au premier rang, à gauche,
sont placés le général Bruyère et le colonel Litchenstein, représentant
le président de la République; un peu plus loin, et sur le même rang, la
duchesse d'Oldenbourg, portant en sautoir le grand cordon de
Sainte-Catherine. Au premier rang, à droite, et tournant le dos, se
trouve le duc Eugène de Leuchtenberg, revêtu du costume de général
russe, frère du défunt. Suivant les usages de l'église orthodoxe, tous
les assistants portent dans la main droite un petit cierge qu'ils
tiennent pendant la plus grande partie de la cérémonie.