Ils sont taillés en pièces.]

Dès le point du jour, s'étant mis à la tête d'un détachement, et ayant

laissé dans le camp le général Promotus avec le gros de l'armée, il va

chercher les Barbares. On les surprend dans leurs forts; on les égorge

la plupart dans les marais où ils s'étaient enfoncés pour éviter la

mort. Théodose fit dans cette journée admirer sa bravoure personnelle;

mais il manqua de prudence. Le carnage avait déja duré long-temps,

lorsque, par le conseil de Timasius, il fit sonner la retraite pour

laisser rafraîchir et reposer ses soldats, qui étaient encore à jeun

et épuisés de chaleur et de fatigue. La joie de la victoire les ayant

invités à boire sans modération, ceux des Barbares qui avaient échappé

par la fuite, informés de ce désordre, se rallièrent, revinrent charger

les vainqueurs dispersés et plongés presque tous dans le vin et dans le

sommeil; ils en massacrèrent un grand nombre. Théodose, qui se reposait

sous une tente, aurait lui-même péri dans cette surprise, s'il n'eût

été averti assez à temps pour prendre la fuite avec quelques-uns de ses

officiers. Le général Promotus, qu'il avait mandé sur-le-champ avec

le reste de l'armée, étant accouru au-devant de lui, le pria de mettre

sa personne en sûreté, et lui promit de lui rendre bon compte de ces

déserteurs rebelles. Promotus double le pas, trouve les ennemis encore

acharnés au carnage, fond sur eux avec tant de furie, qu'il n'en laisse

échapper qu'un très-petit nombre.

[Note latérale: XLVIII.

Mort de Promotus.

Zos. l. 4, c. 50 et 51.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 367 / 388 题