Théodose découvre leur retraite.]

Après deux ou trois jours de courses continuelles, il arriva sur le

soir à une méchante cabane, habitée par une vieille femme, à laquelle

il demanda le couvert et quelque chose à manger. Elle lui servit ce

qu'elle avait. Dès qu'il fut couché, il aperçut, à la lueur d'une

lampe, un homme qui se glissait avec précaution dans un coin de la

chaumière, et qui semblait craindre d'être vu. Ayant aussitôt appelé

l'hôtesse, il lui demande en secret ce que c'est que cet homme. Elle

lui répond qu'elle n'a aucune connaissance ni de ce qu'il est, ni de

ce qu'il fait; que tout ce qu'elle en peut dire, c'est que, depuis

l'arrivée de l'empereur, cet inconnu vient toutes les nuits fort

fatigué prendre son repas et coucher chez elle, et que le matin, après

avoir payé sa dépense, il sort et va passer la journée où bon lui

semble. L'empereur espérant en tirer quelque lumière, se lève, le fait

saisir par ses gens, l'interroge. Comme on ne pouvait lui arracher une

parole, il le fit fouetter avec violence: ce traitement ne surmontant

pas encore son obstination à garder le silence, il ordonne à ses

cavaliers de lui déchiqueter le corps avec la pointe de leurs épées,

et lui déclare en même temps qu'il est l'empereur. Alors ce misérable,

saisi d'effroi, avoue qu'il est l'espion des Barbares, qu'il a soin de

les avertir de la marche du prince, et de la route qu'ils doivent tenir

pour faire leurs pillages avec sûreté. Théodose, après s'être instruit

de la position des ennemis, lui fait couper la tête et retourne à son

camp, dont il n'était pas éloigné.

[Note latérale: XLVII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 366 / 388 题