Zos. l. 4, c. 48 et 49.]

Après qu'il eut ainsi rétabli la paix et le bon ordre en Italie et

dans les contrées voisines, il prit le chemin de Constantinople avec

son fils Honorius. Étant arrivé à Thessalonique, il trouva la province

désolée. Les Barbares qui s'étaient détachés de son armée pour se

retirer dans des marais et dans des bois inaccessibles, lorsqu'il se

disposait à les conduire contre Maxime, ne l'avaient pas plutôt vu

éloigné que, pressés par la disette et entraînés par leur férocité

naturelle, ils traitèrent le pays comme ennemi, et remplirent de

meurtres et de ravages la Macédoine et la Thessalie, qui étaient

dépourvues de troupes. A ces déserteurs s'étaient joints un grand

nombre d'autres Barbares, les uns échappés des défaites précédentes et

dispersés dans la Thrace, les autres attirés des pays situés au-delà du

Danube par le désir du pillage; en sorte que cette troupe formait une

armée nombreuse. Dès qu'ils apprirent que Théodose revenait victorieux,

ils abandonnèrent le plat pays. Cachés dans les forêts et dans les

montagnes, ils n'osaient plus en sortir que pendant la nuit; et, dès

que le jour paraissait, ils regagnaient leurs retraites, emportant avec

eux leur butin. Il était plus difficile de découvrir les repaires de

ces brigands, que de les vaincre. Théodose qui, dès sa jeunesse s'était

familiarisé avec les plus grands dangers, ne voulut s'en rapporter

qu'à lui-même. Sans communiquer son dessein à personne qu'à Promotus,

de crainte que les Barbares de son armée n'en donnassent avis à leurs

compatriotes, il prit avec lui cinq cavaliers, qui menaient chacun

en main trois ou quatre chevaux, pour s'en servir à mesure que leur

monture serait fatiguée. S'étant déguisé en simple cavalier, il alla

lui-même à la découverte, côtoyant les bois et les marais, traversant

les campagnes, logeant et mangeant chez les paysans, dont il n'était

pas reconnu.

[Note latérale: XLVI.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 365 / 388 题