L'année suivante, Tatianus et Symmaque étant consuls, Théodose crut
qu'il était temps de retourner en Orient[786]. Mais pour ne laisser
en Occident aucun des désordres qu'il s'était proposé d'y réformer,
il publia encore plusieurs lois. La misère inséparable des guerres
civiles avait réduit plusieurs pères à la triste nécessité de vendre
leurs enfants. Il remit en liberté ces malheureuses victimes de
l'indigence, sans les obliger de rien payer à leurs maîtres[787]. Les
soldats de Maxime et ceux que Théodose avoit licenciés après la défaite
du tyran, infestaient les campagnes, pillaient de nuit les métairies,
faisaient des vols et des massacres sur les grands chemins. Le port
des armes était défendu aux particuliers: Théodose leur permit de les
prendre et de pourvoir à leur propre sûreté[788].
[Note 786: Les lois du Code Théodosien font voir que l'empereur
resta à Milan au moins jusqu'au 22 mars 391. Il était à Concordia le 9
mai, à Vicence le 27 du même mois. On le trouve à Aquilée depuis le 16
juin jusqu'au 14 juillet.--S.-M.]
[Note 787: Cette loi fut donnée à Milan, le 11 mars 391.--S.-M.]
[Note 788: Par une loi donnée à Aquilée, le premier juillet
391.--S.-M.]
[Note latérale: XLV.
Ravages des Barbares en Macédoine.
Socr. l. 5, c. 18.
Marc. chr.