Ceux qui avaient renoncé au commerce des hommes, pour servir Dieu
dans la retraite, commençaient à s'écarter de leur institut. Ils
fréquentaient les villes, ils y portaient cette âpreté de caractère
qui s'acquiert aisément dans la solitude, ils se mêlaient des affaires
civiles et ecclésiastiques, ils troublaient même quelquefois l'ordre
de la justice, en employant la violence pour sauver les accusés.
Quelques-uns échauffaient les esprits par des disputes publiques
sur les points de foi; leur zèle contre l'idolâtrie n'était pas
toujours réglé par la charité et par la prudence. L'empereur, sur les
représentations des magistrats, leur défendit l'entrée des villes, et
leur enjoignit de se tenir dans leurs retraites[780]. Mais deux ans
après, il céda sans doute à d'autres sollicitations, et leur rendit
leur première liberté[781].
[Note 780: Ce fut par une loi donnée à Milan, le 3 septembre
390.--S.-M.]
[Note 781: Cette nouvelle loi est du 17 avril 392.--S.-M.]
[Note latérale: XLIII.
Obélisque et statue de Théodose à Constantinople.
Marcel. chr.
Prosp. chron.
Grut. inscr. 185, nº 6, 7.
Anthol. l. 4, c. 16.
Busbeq ep. 1.
Spon, voyage t. 1, p. 137.
Ducange, Constantinople, l. 1, p. 71, l. 2, p. 105.
Banduri, Imp. Orient. t. 1, p. 11, t. 2, p. 612.