Gyll. topog. Constant. l. 2, c. 11.]

Pendant le séjour de Théodose en Italie, Arcadius, qu'il avait laissé

à Constantinople, ne pouvant apparemment s'accorder avec l'impératrice

Galla, sa belle-mère, l'obligea de sortir du palais. On ne sait ni

la cause ni les suites de ce traitement injurieux. En mémoire de la

victoire remportée sur Maxime, Proculus[782], préfet de Constantinople,

fit dresser dans le cirque un obélisque, qu'on voit encore dans

l'ancien Hippodrome[783]. C'est une seule pièce de granit d'Égypte,

de vingt-quatre coudées de haut et dont chaque face a six pieds de

large vers la base. Il est chargé d'hiéroglyphes[784], et soutenu sur

quatre dés de bronze. La base est ornée de bas-reliefs, et porte deux

inscriptions[785]. On y apprend que cette pierre, après avoir été

long-temps négligée et couchée par terre, fut dressée en trente-deux

jours. Les Grecs racontent que cet obélisque fut ensuite abattu par un

tremblement de terre, et que plusieurs siècles après, sous les derniers

empereurs grecs, un architecte l'éleva au moyen d'une infinité de

cables et de poulies, mais qu'il s'en fallait un travers de doigt qu'il

ne fût à la hauteur des dés sur lesquels il devait poser. Que tout le

peuple, témoin de cette mécanique étonnante, crut alors toutes les

peines et les dépenses perdues; mais que l'entrepreneur, sans perdre

courage, ayant fait apporter une grande quantité d'eau, passa plusieurs

heures à imbiber les cables qui soutenaient cette masse énorme, et qui

se raccourcirent assez pour l'élever au-dessus des dés et la poser en

sa place. Arcadius fit aussi ériger une statue à son père, sur une

colonne dans l'Augustéon, près de l'église de Sainte-Sophie. Cette

statue était d'argent et pesait sept mille quatre cents livres, qui

font onze mille cent de nos marcs. On rapporte que cette année on vit

en l'air pendant trente jours une colonne de feu.

[Note 782: Ce Proculus est nommé Proclus dans les inscriptions

grecques et latines qui ont été placées sur la base de l'obélisque

qu'il fit ériger. Il était fils de Tatianus, qui fut consul l'année

suivante.--S.-M.]

[Note 783: Voyez tom. 2, pag. 407, l. XII, § 13.--S.-M.]

[Note 784: On trouve une représentation grossière de cet obélisque

dans l'_Œdipus Ægyptiacus_ de Kircher, t. 3, p. 305. Quoique les

hiéroglyphes y soient fort mal figurés, on y reconnaît cependant

fort bien le cartouche destiné à contenir le nom du roi d'Égypte qui

érigea ce monument. C'était Thethmosis II, roi de la 18e dynastie des

souverains de l'Égypte, dont le règne commença en l'an 1676 avant J.

C.--S.-M.]

[Note 785: La première de ces inscriptions est composée de quatre

vers grecs, qui correspondent à peu près, pour le sens, à cinq vers

latins placés sur un autre côté. Voici ces deux inscriptions.

Κίονα τετράπλευρον, ἀεὶ χθονὶ κείμενον ἄχθος,

Μοῦνος ἀναστῆσαι Θευδόσιος βασιλεὺς,

Τολμήσας, Πρόκλῳ ἐπεκέκλετο· καὶ τόσος ἔστη

Κίων, ἠελίοις ἐν τριακόντα δύο.

L'inscription latine était du côté de l'orient.

Difficilis quondam dominis parere serenis

Jussus, et extinctis palmam portare tyrannis,

Omnia Theodosio cedant: subolique perenni:

Terdenis sic victus, ego duobusque diebus

Judice sub Proclo sublime elatus ad auras.

--S.-M.]

[Note latérale: AN 391.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 362 / 388 题