Le saint évêque permit aussitôt à l'empereur l'entrée de l'église.
Alors Théodose prosterné, baignant la terre de ses pleurs et se
frappant la poitrine, prononça à haute voix ces paroles de David: _Mon
ame est demeurée attachée contre la terre; rendez-moi la vie, Seigneur,
selon votre promesse_. Tout le peuple l'accompagnait de ses prières et
de ses larmes; et cette majesté souveraine, dont l'impétueuse colère
avait fait trembler tout l'empire, n'inspirait plus alors que des
sentiments de compassion et de douleur. Saint Ambroise régla le temps
de sa pénitence; l'empereur l'accomplit avec soumission et fidélité:
il s'abstint pendant cet intervalle de porter les ornements impériaux.
C'est ainsi qu'Ambroise sut réparer le crime de Théodose: exemple à
jamais mémorable, mais unique dans tous les siècles. Il ne pouvait
naître que d'un heureux concours de circonstances. Pour le donner au
monde, il était besoin de la rencontre d'un prélat et d'un prince
également extraordinaires: il fallait un évêque digne de représenter
la majesté divine par l'éminente sainteté de sa vie, par la sublimité
de son génie, par une fermeté prudente et éclairée, par la force d'une
éloquence invincible, autant que par l'autorité de son caractère: il
fallait aussi un empereur vraiment pieux, humble dans la grandeur,
mais assez relevé par ses qualités personnelles, pour s'abaisser sans
s'avilir. De plus, les bornes des deux puissances, spirituelle et
temporelle, posées par Jésus-Christ même et affermies sous le long
règne du paganisme, étaient encore si solidement établies, qu'un prince
publiquement suspendu de la communion, ne courait alors aucun risque de
rien perdre du respect et de l'obéissance de ses sujets.
[Note latérale: XLI.
Loi sur les diaconesses.
Paulus ad. Timoth. c. 5.
Cod. Th. l. 16, tit. 2, leg. 27, 28 et ibi God.
Marcian. nov. 1 et 5, de testam. Cleric.
Soz. l. 7, c. 16.
Fleschier, vie de Théod. l. 4, art. 17.