Cette cruelle tragédie répandit par tout l'empire, l'étonnement et
la consternation. Ambroise et les évêques assemblés à Milan furent
pénétrés de la plus vive douleur. Le saint prélat, aussi affligé
de la faute de Théodose qu'il aimait tendrement, que du malheur des
Thessaloniciens, ne différa pas d'écrire au prince pour le rappeler
à lui-même. _Non_, lui disait-il, _je n'aurai pas la hardiesse
d'offrir le saint sacrifice, si vous avez celle d'y assister: il ne
me serait pas permis de célébrer ces augustes mystères en la présence
du meurtrier d'un seul innocent; et comment le pourrais-je devant
les yeux d'un prince qui vient d'immoler tant d'innocentes victimes.
Pour participer au corps de Jésus-Christ, attendez que vous vous
soyez mis en état de rendre votre hostie agréable à Dieu; jusque-là
contentez-vous du sacrifice de vos larmes et de vos prières._
Nous avons encore cette lettre; on y sent respirer une tendresse
respectueuse jointe à la fermeté épiscopale.
[Note latérale: XXXVII.
S. Ambroise refuse à Théodose l'entrée de l'église.
Theod. l. 5, c. 17.
Soz. l. 7, c. 25.
Ruf. l. 12, c. 18.
Aug. de civ. l. 5, c. 26, t. 7, p. 142.
Ambr. orat. in fun. Theod. t. 2. p. 1207.