Théodose donna cette année deux exemples également illustres: l'un des
terribles excès auxquels la colère peut emporter les meilleurs princes,
lorsqu'ils ne prennent conseil que de leurs adulateurs; l'autre du
généreux repentir que peut exciter dans leur ame un zèle salutaire.
Thessalonique, capitale de l'Illyrie, était devenue une ville des plus
grandes et des plus peuplées de l'empire. La licence s'y était accrue
dans la même proportion que l'opulence et le nombre des habitants.
Le peuple était passionné pour les spectacles; il chérissait, il
estimait même ces vils ministres des divertissements publics, qui sont
la peste des mœurs, parce qu'ils ne peuvent se faire des partisans,
sans diminuer l'horreur des vices dont ils sont infectés. Bothéric
commandait les troupes en Illyrie. Son échanson se plaignit à lui des
poursuites criminelles d'un cocher du cirque, embrasé d'une passion
brutale. Bothéric fit mettre en prison cet infame séducteur. Comme le
jour des courses du cirque approchait, le peuple, qui croyait ce cocher
nécessaire à ses plaisirs, vint demander son élargissement. Sur le
refus du commandant, il se mutina. La sédition fut violente; plusieurs
magistrats y perdirent la vie, et Bothéric fut assommé à coups de
pierre.
[Note latérale: XXXIV.
Rufin excite Théodose à la vengeance.
Theod. l. 5, c. 17.
Soz. l. 7, c. 25.
Paulin. vit. Ambros. § 24.
Aug. de civ. l. 5, c. 26, t. 7, p. 142.
Ambr. ep. 51, 52, t. 2, p. 997 et 1001.
Claud. in Ruf. l. 1.
Philost. l. 11, c. 3.
Symm. l. 3, ep. 81 et seq.
Zos. l. 4, c. 51.
Suid. Ρουφῖνος.
Hier. ep. 60, t. 1, p. 342.
Till. vie de S. Ambr. art. 57.
Idem. Theod. art. 23 et not. 43.