Théodose partit de Rome le premier de septembre[761], et après avoir
fait quelque séjour en diverses villes d'Italie, il se rendit à Milan,
où il était le 26 de novembre. Valentinien avait pris le chemin de
la Gaule. Arbogaste était demeuré dans cette province, après y avoir
étouffé, par la mort de Victor, les dernières étincelles de la guerre
civile. Carietton et Syrus avaient été substitués à Nanniénus et à
Quintinus pour commander les troupes du Rhin et s'opposer aux Francs,
qui menaçaient d'une nouvelle irruption[762]. Arbogaste engagea le
jeune empereur à se mettre à la tête de son armée pour aller châtier
ces barbares, ou les forcer à restituer ce qu'ils avaient enlevé
l'année précédente après la défaite des troupes de Quintinus, et
à livrer les auteurs de la guerre. Pendant qu'il était en marche,
Marcomir et Sunnon envoyèrent demander une conférence: elle leur fut
accordée[763]. Ils se rendirent au camp de l'empereur. On ignore les
conditions du traité; on sait seulement qu'ils donnèrent des ôtages.
Valentinien alla passer l'hiver à Trèves[764].
[Note 761: C'est la Chronique du comte Marcellin, qui nous apprend
que Théodose quitta Rome, le premier septembre. Il était le 3 du même
mois à _Valentia_, lieu dont la position est fort incertaine. Le 6,
il était à _Forum Flaminii_, non loin de Foligno, dans le duché de
Spolette.--S.-M.]
[Note 762: _Eo tempore Carietto et Syrus in locum Nanneni
subrogati, in Germania cum exercitu opposito Francis diversabantur._
Sulp. Alex. l. 4, _apud_ Greg. Turon. l. 2, c. 9.--S.-M.]
[Note 763: Tous ces faits ont été tirés par Grégoire de Tours (l.
2, c. 9) de l'historien Sulpitius Alexandre, dont j'ai déja parlé
ci-devant, liv. XXIII, p. 378, not. 1. Cet auteur donne aux deux
princes Francs le titre de _Regalis_; mais ailleurs il les appelle
_Subreguli_. _Post dies pauculos, Marcomere et Sunnone, Francorum
regalibus_, dit-il, _transacto cursim conloquio, impetratisque ex more
obsidibus, ad hiemandum Treveris concessit_. Nous n'avons pas d'autres
renseignements sur ces premières époques de l'histoire des Francs,
antérieures à la fondation de notre monarchie, que les passages que
Grégoire de Tours a copiés dans Sulpitius Alexandre et dans Rénatus
Profuturus Frigeridus.--S.-M.]
[Note 764: On voit, par une loi que Valentinien rendit vers cette
époque, que ce prince se trouvait à Trèves le 8 novembre 389.--S.-M.]
[Note latérale: XXX.
Météores.
Marc. chr.
Philost. l. 10, c. 9 et 11.