Cod. Th. l. 1, tit. 7, leg. 6.]

Libanius n'osait plus employer son éloquence en faveur de l'idolâtrie.

Il en fit un meilleur usage: il demanda au prince la réforme de

plusieurs abus préjudiciables au bonheur des peuples. L'exercice

de la justice se corrompait de plus en plus: les juges employant

la matinée aux affaires, passaient le reste du jour à recevoir des

visites, qui n'étaient pour l'ordinaire qu'un manége de corruption. Les

sollicitations étaient devenues un trafic. Les coupables achetaient le

crédit des hommes puissants, qui vendaient leur conscience et celle des

juges. Les philosophes, les gens de lettres, les médecins se prêtaient

à ce commerce. Les professeurs publics négligeaient leurs écoles, et

passaient le temps chez les magistrats; il arrivait de là que les

moins habiles, toujours plus propres à ces intrigues, avaient le plus

grand nombre de disciples; les pères cherchant la protection du maître

plutôt que l'avancement de leurs enfants; ce qui, selon la remarque

de Libanius, préjudiciait à l'éducation publique, première source de

la prospérité ou du malheur des États. Ces solliciteurs mercenaires,

après avoir prévenu les juges en particulier, les accompagnoient aux

audiences; ils assiégeaient le tribunal; souvent ils interrompaient

les causes par leurs cris, ils allaient quelquefois jusqu'à menacer

les juges. Ce désordre subsistait depuis long-temps. Pour y remédier,

Gratien avait défendu aux magistrats de recevoir après midi aucune

visite. Cynégius, préfet d'Orient, avait rendu sur ce point une

nouvelle ordonnance. Toutes ces précautions étaient sans effet. C'était

un commerce établi, et il se trouvait trop avantageux aux plaideurs de

mauvaise foi et aux solliciteurs, pour ne pas se maintenir, à moins

qu'on ne l'arrêtât par la punition. Libanius demanda une loi sévère

à ce sujet: il conseillait à Théodose de défendre même aux juges de

donner des repas, ni d'en aller prendre chez les autres, la bonne chère

étant un appât de séduction. Il avance dans ce discours, qu'autrefois

les juges n'avaient pas la liberté de manger ailleurs que chez eux, si

ce n'était à la table de l'empereur. Il paraît par un autre ouvrage du

même orateur, que Théodose profita de cet avis, quoique la loi qu'il

fit alors ne soit pas venue jusqu'à nous.

[Note latérale: XXVIII.

Il se plaint des protections que les officiers de guerre accordent aux

paysans.

Liban. de patrocin. p. 4-25.

Cod. Th. l. 1, tit. 11, leg. 4.

Cod. Just. l. 11, tit. 53.

Justiniani novel. 17, c. 13.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 345 / 388 题