Maundrell, Voyage d'Alep à Jérusalem, p. 240.]

Dieu couronna par d'heureux succès le zèle de ce religieux prince.

La lumière de l'Évangile pénétra dans des pays où elle était encore

inconnue: elle devint plus brillante chez les peuples qu'elle avait

déja éclairés. Saint Jérôme dit qu'on voyait tous les jours arriver

à Jérusalem des troupes de moines qui venaient de l'Éthiopie, de

l'Arménie, de la Perse et des Indes. Les Goths, dont une partie

était encore idolâtre, les Huns, qui semblaient n'avoir aucune idée

de religion, et les autres barbares du septentrion, embrassaient le

christianisme[759]. Théodose établissait des monastères dans les

lieux les plus infectés de superstition. Le mont Liban avait été de

tout temps habité par des peuples presque sauvages, séduits par les

plus grossières illusions du paganisme; l'empereur y fonda un célèbre

monastère, dont on voit encore aujourd'hui les ruines dans la vallée

de Canobine. Cette vallée est formée par une grande ouverture, qui se

prolonge plus de sept lieues dans le flanc du mont Liban. Elle est

escarpée des deux côtés, et arrosée de quantité de fontaines qui,

tombant de rochers en rochers, forment d'agréables cascades. Toutes ces

sources se réunissent au fond du vallon et forment un torrent rapide.

Ce lieu si propre à la retraite et à la dévotion, se peupla d'ermitages

et de cellules. Le monastère était bâti dans l'endroit le plus escarpé

de la montagne, vers le milieu de la pente. On y voit aujourd'hui un

couvent de Maronites; c'est le siége de leur patriarche. Tels furent

les efforts de Théodose pour éteindre l'idolâtrie; cependant il ne

l'étouffa pas entièrement. Les temples furent presque tous abattus;

mais les particuliers, malgré la défense des lois, continuèrent encore

long-temps à faire des sacrifices dans leurs maisons et à consacrer

des monuments à leurs dieux. On toléra même encore quelques solennités

païennes, des festins, des fêtes, des jeux; et il resta aux successeurs

de Théodose plusieurs superstitions à déraciner.

[Note 759: _De India, Perside, Æthiopia monachorum quotidie turbas

suscipimus. Deposuit pharetras Armenius, Hunni discunt psalterium,

Scythiæ frigora fervent calore fidei: Getarum rutilus et flavus

exercitus, ecclesiarum circumfert tentoria._ Hieron. ep. 107, _ad

Lætam_, t. 1, p. 673.--S.-M.]

[Note latérale: XXVII.

Libanius demande une loi contre les sollicitations faites aux juges.

Liban. or. cont. ingred. ad judic. 75-103.

Idem, or. cont. assidentes magistr. p. 108-126.

Idem, or. 23, ad Eustath. t. 2, p. 526.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 344 / 388 题